Conseil de Métropole : le lourd silence d'Aubagne

conseil communeautaire aubagne

Pas de projets de dimension métropolitaine, austérité à tous les étages et tout le pouvoir au Maire de Marseille. Silence approbateur des élus de la droite aubagnaise et de Sylvia Barthélémy.

Reconnaissons un mérite au Conseil de Métropole réuni lundi soir à Aubagne sous le présidence de Jean-Claude Gaudin : il aura tristement confirmé ce que Méfi! constatait, mercredi dernier1 : le Conseil de territoire du Pays d'Aubagne et de l'Etoile, censé remplacer L'Agglo, ne dispose d'aucun pouvoir réel et sa présidente, Sylvia Barthélémy, ne sert strictement à rien, sauf à donner le change.

« Il n'y a qu'une seule personnalité juridique et financière. Et toutes les décisions sont prises ici », a clairement rappelé aux conseillers métropolitains le Maire de Marseille auquel le ralliement mémorable de l'élue aubagnaise2, voici bientôt un an, a permis d'intégrer Aubagne, Aix et Martigues aux ressources si longtemps convoitées.

De quoi financer les investissements d'intérêt général donc ? Pas du tout  et le débat d'orientations budgétaires qui a occupé lundi plus de la moitié de la séance ne laisse pas place au doute : l'heure est à l'austérité.

Si la Métropole ne peut rien faire, c'est la faute à la dette (1,7 milliard d'euros) et à « l'Etat socialiste ». Ce qui n'est pas complètement faux en regard des dotations gouvernementales en baisse, mais il faudra que Gaudin et ses amis trouvent autre chose en cas de changement de majorité. Car droite et gouvernement partagent une même vision de la gestion publique et proposent le même remède partout, depuis plus de trente ans : l'austérité.

Ainsi, les dépenses de fonctionnement, notamment celles liées au personnel, sont dans le collimateur du Maire de Marseille qui a jugé utile de rappeler que « les dotations métropolitaines aux communes représentent 54% du budget de fonctionnement ». Voilà les agents prévenus, c'est là qu'on va réduire...

C'est pas mieux côté investissement : moins 170 M€ sur le budget 2016. On se contente de reprendre les projets des ex-EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) jugés raisonnables, ce qui est loin d'être le cas pour tous. Ainsi Roland Blum, le vice-président (LR) aux finances, a cru pouvoir dénoncer « une sur-programmation des investissements ». Un trop plein de projets selon lui, que Jean Montagnac, son collègue vice-président (LR) en charge du budget, a prévu de réduire. Certains EPCI ont « chargé la mule » dira Gaudin et pour Jean Montagnac, « il faudra tamiser, planifier et même renoncer à certains projets ». 

Valtram : la question ne sera pas posée

Seule voix discordante dans ce concert austéritaire, celle de Marc Poggiale pour les élu(e)s du Front de Gauche qui a posé la question qui fâche : et si on augmentait les recettes en s'intéressant notamment « aux 15 M€ de bénéfice net de la Société des Eaux de Marseille, contre les 4,8 M€ initialement prévus » ou en augmentant le Versement Transport des entreprises, taxe qui avait permis à la municipalité Fontaine le financement de la gratuité à Aubagne ?

Jean Montagnac n'a pas rejeté la proposition au nom « des spécificités locales à préserver ». Mais bizarrement, elle n'a pas reçu le soutien des Aubagnais et de Sylvia Barthélémy, tout aussi silencieuse lorsque le vice-président (LR) des transports, Jean-Pierre Serrus, évoquera « les nombreux équipements en projets », sans en citer un seul. Le Valtram ? Personne n'a pris le risque de demander une précision.

On aurait aimé également connaître le point de vue des élus de la droite aubagnaise et de la Présidente (UDI) du Conseil de territoire, comme celui des autres maires de l'ex-Agglo, lorsque le Maire d'Aix, Maryse Joissains, s'est inquiétée du transfert à la Métropole de la compétence « voirie » au premier janvier 2018. « Celle d'Aix va devenir catastrophique ! » a-t-elle souligné. Celle d'Aubagne, non ?

Une telle apathie devant l'évidente centralisation des décisions semble en tout cas donner raison à Marc Poggiale soulignant le malaise « de plus en plus de conseillers (qui) ont le sentiment qu'on veut concrètement faire la démonstration avant 2020 (où prendra fin leur mandat communautaire) qu'il faut clore l'expérience des conseils de territoire ». 

Exagération ? Lors de la délibération relative au lancement du projet métropolitain, on a eu droit à un monologue de Jean-Claude Gaudin.

Sylvia Barthélémy a applaudi.

Dominique Palmi

 

1 - Lire Conseil de territoire : plus personne n'y croit

2 - Lire Habemus Gaudin !

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