Aubagne Insoumise : l'appel de 50 Aubagnais

melenchon huma

Les partisans de la candidature Mélenchon s'organisent en groupes d'appui sur Aubagne, La Penne sur Huveaune, La Ciotat et Roquefort la Bédoule.

Le « Sarkhollandisme ». Dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon, l'expression qui renvoie dos à dos l'ancien et l'actuel président de la République et tire un trait d'égalité entre les gouvernements de gauche et de droite depuis 2007, aurait fait hurler. 

Mais cette fois, la formule qui résume si cruellement l'expérience de la décennie, n'est pas de Jean-Luc Mélenchon. On la doit à Arnaud Montebourg.

Hier son auteur s'en serait lui-même offusqué. Aujourd'hui, il l'assume et elle ne choque ni Benoît Hamon ni Cécile Duflot, les deux autres ministres désormais adversaires déclarés, eux-aussi, du monarque élyséen. 

Tant mieux si, l'échéance présidentielle approchant, la réalité de ce pouvoir tout entier dévoué à la finance qu'il prétendait combattre, leur est devenue à tous insupportable.

Elle l'est en tout cas depuis 2012, pour toutes celles et tous ceux qui s'apprêtent à descendre à nouveau dans la rue, le 15 septembre, contre l'une des décisions les plus condamnables du quinquennat : la loi El Khomri et la casse du code du travail. Au même titre que la remise en cause, heureusement avortée, du code de la nationalité, scandaleuse concession au FN que François Hollande ne nous fera pas oublier en se posant en défenseur de la République.

La loi El Khomri connaîtra-t-elle le même sort ? Quelle que soit l'issue du bras de fer avec le mouvement syndical, la volonté est forte dans le pays de lui donner un prolongement politique. Le temps semble venu d'une vraie rupture avec cette gauche du reniement, avec cette 5ème république moralement épuisée, avec cette dictature de l'argent dont le banquier Macron et le fraudeur Cahuzac sont les plus répugnants  symboles.

Sortir du Sarkhollandisme donc, mais comment et avec qui ? Certainement pas avec les partisans d'une primaire de toutes les gauches, où l'emporterait « le plus rassembleur », autrement dit le candidat le plus susceptible de rallier les électeurs de droite et de gauche face au FN... pour poursuivre le service du MEDEF.

Mélenchon, 18,67% à Aubagne en 2012

Rien ne serait pire que ce pourrissement et la désespérance qui s'en suivrait. Rien ne serait plus dangereux que de conforter la supercherie de Marine Le Pen « candidate anti-système » !

Aux yeux de tous, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme le candidat de la rupture. Un excellent candidat, quelle que soit l'opinion que l'on porte sur la personne - « je ne vous demande pas de vous marier avec moi » précise-t-il avec humour - et quelle que soit notre opinion sur telle ou telle prise de position.

Le succès de son lancement de campagne, fin août à Toulouse,  sa prestation brillante à la Fête de l'Humanité, comme la multiplication dans tous le pays des groupes d'appui à sa candidature, confirment les sondages qui le créditent, selon les instituts, de 11% à 14%.

125 000 personnes ont déjà rejoint les groupes d'appui. Une convention nationale les réunira à Lille les 15 et 16 octobre prochains, préparée par des rencontres départementales. Ce sera le 8 octobre (de 14h à 18h30) salle Massabielle à La Penne sur Huveaune, pour la centaine de groupes d'appui qui se sont constitués dans les Bouches du Rhône. 

Aubagne ne pouvait rester à l'écart de ce mouvement. Mardi dernier, un appel « Aubagne Insoumise! » pour rejoindre les deux groupes d'appui déjà ouverts sur la commune, ou pour en créer d'autres comme à La Penne sur Huveaune, La Ciotat et Roquefort la Bédoule, a été présenté à la presse locale par ses 50 premiers signataires.

En leur nom, Maurice Dutot, Bernadette Saivet et Sylvain Fayette ont tour à tour rappelé le sens de leur engagement au sein de « La France Insoumise » qui ne se veut surtout pas un énième parti, fut-ce le parti de Mélenchon, mais qui entend au contraire utiliser sa candidature pour, comme le candidat les y invite lui-même, associer le peuple français, au travers d'une Assemblée Constituante, à l'avènement d'une 6ème république. 

« Avec la caravane des insoumis, nous avons commencé cet été à rendre la parole à ceux qui, écœurés par la politique ou enfermés dans leurs difficultés  sociales, ne sont même plus inscrits sur les listes électorales. »

Ceux-là - 3 millions de nos concitoyens - mais aussi tous les autres, auxquels les signataires de L'Appel d'Aubagne Insoumise entendent également s'adresser dans les prochaines semaines, bien conscients que, à Aubagne comme ailleurs, « La France Insoumise » ne représente qu'une partie des forces nécessaires à la candidature Mélenchon. 

Si l'on garde en mémoire que, dans notre ville, le candidat du Front de Gauche avait obtenu 18,67% des suffrages exprimés à l'élection présidentielle de 2012, contre 11% au plan national, on mesure l'urgence de rassembler largement. La barre est haute !

D'ores et déjà, les communistes et les membres du mouvement Ensemble ! de Clémentine Autain, qui plaidaient depuis des mois pour cette candidature, au sein de leurs organisations respectives, peuvent se réjouir d'avoir fait bouger les choses. Un appel national vient d'être rendu public en ce sens.

Sous le titre « En 2017 faisons Front commun ! » ses signataires, dont plusieurs maires communistes, proposent la constitution au plan national d' « un lieu d'échange et de coordination (de la candidature Mélenchon) qui rendra compte de notre diversité politique. » Ils invitent «  à la convergence des forces sociales et écologistes dans les villes, les départements et les 577 circonscriptions législatives, avec les organisations locales du Pcf, du PG et de « La France Insoumise », d'Ensemble!, d'EELV et des socialistes critiques, ceux de l'Appel des cent, les assemblées citoyennes créées dans le cadre du Front de Gauche ainsi que les citoyennes et citoyens, celles et ceux qui se sont mobilisés depuis des mois contre la politique du gouvernement ».

Tout n'est pas réglé bien sûr, et il ne saurait être question d'accords locaux en contradiction avec le refus national de remettre en selle le PS déconsidéré.

Mais on est très loin de la primaire marche-pied à Hollande ou à un candidat socialiste de substitution pour laquelle Mèfi avait clairement indiqué son opposition dès que la proposition en avait été faite, en janvier dernier.

Dominique Palmi