"L'eau des collines" se privatise

La Société Publique Locale (S.P.L.) "L'eau des collines" a été créée sous la mandature précédente avec la volonté de reprendre la gestion de l'eau et de l'asssainissement aux grands groupes privés, et en particulier à la Société des Eaux de Marseille (S.E.M.) appartenant à la multinationale Véolia.

Mais, depuis 2014, cet objectif est largement détourné. Elle a servi de promotion à l'ex-présidente de l'ex-agglo, à mettre en évidence la haine de Gazay vis à vis de Barthélémy, de tentative de construction d'une majorité élus front de gauche de La Penne et UDI, sans jamais jouer son rôle d'outil public au service du territoire. Aucun débat public, aucune transparence sur la gestion, mise à l'écart des associations citoyennes auprès du conseil d'administration (lire : "Gazay tente d'empêcher la baisse", "Eau des collines : ne mentez pas", "Le prix de l'eau baissera moins que prévu").

Un nouveau pas vient d'être franchi. Les fonctionnaires du territoire, chargés d'accompagner le fonctionnement et les interventions de la S.P.L., viennent d'être renvoyés vers la Métropole par la directrice de cette société. Ils ne pourront plus exercer leur rôle de contrôle public sur la gestion de l'eau. Tous les salariés dont les compétences et l'intégrité ne sont pas en cause, sont du domaine privé. "L'eau des collines" n'a plus que le nom de public.

Sans doute, pour le plus grand bonheur de l'ultralibéral Gazay, cela prépare l'absorption par Véolia, le temps que la Métropole prenne ses marques et exerce toutes ses compétences.

Profitons de cet article pour vous donner des nouvelles de l'ex-agglo. Le Directeur Général des Services, Michel Gacon, a toujours le titre mais n'exerce plus la fonction. C'est le DGS d'Auriol qui va la prendre. On fait dire à M. Gacon que l'importance de ses fonctions à la Métropole ne lui permet pas de cumuler (il a la charge de la forêt et de l'agriculture !). En fait, il se contente d'approuver les décisions de la direction administrative marseillaise. A n'en pas douter, c'est l'excuse qu'a dû trouver l'actuel futur directeur de cabinet pour le mettre sur la touche. On se souvient qu'il disait de lui aux cadres : "Comment avez vous fait pour travailler avec de telles méthodes ?".

Tous les services sont interpellés en direct par l'administration-Gaudin. Les cadres du territoire sont "court-circuités", DGS, DGA, mais aussi les élus et la présidente. Dernier exemple en date, chaque service doit faire parvenir son projet de budget et ses choix stratégiques directement aux responsables administratifs métropolitains. Cela évite une réponse globale, cohérente et partagée du Pays d'Aubagne et de l'Etoile.

De la S.P.L. au futur budget 2017, Gaudin et l'administration marseillaise, avec leurs pratiques et leurs objectifs, décident. Et il ne s'agit que des premiers mois du mandat. En 2020, il ne restera plus rien de ce qui a été construit par ce territoire pendant plusieurs décennies pour et par les gens d'ici.

Antoine Monticellu