Conseil municipal d’Aubagne : le mauvais film du tournant libéral

cm juillet2016

Pour ce dernier Conseil municipal avant les vacances d’été, tous les ingrédients étaient réunis pour assister à une formidable pièce de théâtre. En acte central, la délibération n°4 prenait acte du choix du prestataire en charge de la restauration collective sur Aubagne. Tous les acteurs de la majorité avaient décidé d’adopter, au moins en apparence, un soutien sans faille à Gérard Gazay. Aubagne et sa population vit un tournant.

Le Maire de tous les Aubagnais avait décidé d’arborer une tenue toute en décontraction, d’un bleu ciel très harmonieux avec le rouge colère de son visage lorsque l’opposition prenait la parole. Il n’a pourtant pas crié comme à son habitude mais n’a tout de même pas pu réfréner sa misogynie naturelle.

Autour, ses plus fidèles serviteurs, les protagonistes principaux étaient fidèles à eux-mêmes. Giovanni Schipani toujours en chef incontesté du paquet de bonbons, Bruno Foti grimé en Austin Powel quand arrivent les beaux jours, Vincent Rusconi finissant sa nuit et commençant sa journée, Alain Rousset imitant l’aboiement du Pitbull dès que possible, Philippe Amy toujours une intervention sous le chapeau alors que la culture porte ici le deuil depuis 2014.

Pour tous les autres, avec ou sans prise de parole, ils n’étaient que de simples figurants.

Ces petites décisions qui marquent un tournant

Nous retiendrons de cette insipide comédie un goût amer malgré tout. A cela bien des raisons, ces petites délibérations mais qui insidieusement se traduiront par de grandes conséquences : les 2 délibérations administratives liées à la mise en place de la métropole ; les malheureux subsides distribués aux quelques associations œuvrant dans le champ des traditions pagnolesques ; la rengaine déjà usée de la gestion désastreuse de la Ville, la disparition du CLAM (Culture Loisirs Aubagne Municipaux) au profit du COS Méditerranée qui se définit lui-même comme un Comité d’entreprise externalisé ; l’autorisation donnée par la clinique de la Casamance et l’hôpital Edmond Garcin d’installer des relais nécessaires au développement de la vidéo-protection.

Nous savions que le Front national avait, parmi ses répliques fétiches, les attaques contre la Politique de la Ville. Le vote du financement 2016 du Contrat de Ville fut l’occasion pour le jeune frontiste Nicolas Robine de s’exprimer une nouvelle fois sur le sujet. Mais nous avons découvert à quel point Sylvia Barthelemy tenait ce dispositif en grande estime, appuyée par le chevaleresque Gérard Gazay, élu de terrain très largement engagé sur ces questions. Fort heureusement, tout ceci n’est que du cinéma, pas même une réalité fiction, tant les élus se font rares dans ce qu’il appelle désormais la résidence du Charrel ! Grâce à la majorité en place, il n’y a désormais plus de « cité » à Aubagne. Par contre, les pauvres y sont plus mal lotis qu’avant !

Un 49-3 à la sauce provençale

Mais le ton tragi-comique de la pièce a été donné par la fameuse délibération n°4 qui clôt huit mois d’enfumage politique et entérine la surdité de cette équipe municipale. Magali Giovannangeli au nom du groupe d’opposition avait pourtant demandé son retrait, les instances paritaires de la ville n’ayant pas statué sur ce point ô combien conflictuel. Mais Monsieur le Maire et son équipe n’ont eu que faire du dialogue social, et on donc utilisé la méthode d’un « 49-3 provençal », leitmotiv du gouvernent socialiste qu’ils dénoncent pourtant.

La SOGEREST, filiale de SODEXO, était (comme prévu) le mieux-disant pour assurer la restauration collective dans les foyers et écoles d’Aubagne. Ainsi, ce sont près de 10 % d’économie qui sont attendue. Mais Denis Grandjean rappellera que les dépenses inhérentes au contrôle du prestataire entraineront des frais bien supérieurs. En cas de non respect des règles fixées par le marché public, la SOGEREST devra s’acquitter d’une pénalité de 500 € pour un contrat passé avec la ville à hauteur de 5 millions d’euros. Soit une amende de 0,01 % ! Le ridicule n’a eu d’égal que l’intervention de Bruno Foti, hautain comme à son habitude, demandant que l’on fasse taire la salle pendant son intervention. Nous ne pouvons que nous satisfaire qu’il ait découvert l’existence d’une population locale que l’on nomme les citoyens. A croire qu’il est le fameux « tartuffle » dont on nous parle tant depuis le dernier Conseil municipal.

Depuis des mois, l’affaire de la cuisine centrale a atteint un tel niveau de caricature que Jean-Marie Orihuel pour le groupe « socialistes, démocrates et apparentés » n’a pu retenir son indignation toute "modemrée". Il s’est aventuré dans l’analyse des offres des différents candidats, étonné que le lauréat puisse tout faire mieux mais en y consacrant moins de moyens humains et financiers. La réponse d’un Gérard Gazay autocratique et condescendant ne s’est pas faite attendre : l’étude des différentes offres est un exercice complexe. Hormis les « sachants » au pouvoir, les autres élus municipaux ne sont pas en mesure de tout comprendre.

Comble du cynisme, le choix de ce même prestataire par les villes de Cassis, Gemenos, Carnoux, La Ciotat a été présenté par monsieur le maire comme un gage de sérieux… ou pas si l’on considère que tous ces territoires sont entre les mains des Républicains dans la circonscription du député Bernard Deflesselles. Faut-il encore rappeler que ce dernier fut l’invité de la SODEXO dans ses loges VIP au tournoi de tennis de l’Open 13… il y a des coïncidences qui n’en sont pas et des élus tout acquis à la cause de certaines multinationales.

Près de 50 minutes après le début du Conseil municipal, le dossier de la cuisine centrale était bouclé.

L’oraison funèbre du service public

En réalité, cette funeste mascarade a signé la fin du service public tel que la Ville d’Aubage l’avait mis en place depuis Edmond Garcin. La DSP en est la plus parfaite illustration. Le vote « contre » de l’ensemble des groupes hors majorité municipale n’y changera rien. Au-delà de la cuisine centrale, l’externalisation des œuvres sociales des agents municipaux contribue à ce même mouvement de délégation aux acteurs privés.

La baisse des tarifs de l’eau par la Société Publique Locale « L’eau des collines » figure parmi les meilleures nouvelles de la soirée. Mais après une intervention d’André Levisse du groupe UDI, digne des meilleurs stands up du Djamel Comedy Club, Gérard Gazay n’a pu s’empêcher une attaque en règle contre la SPL. Au point de revenir sur ses mauvaises gestions lors d’incidents techniques, et d’encenser a contrario la Société des Eaux de Marseille. Que la plus-value économique et sociale soit démontrée ou pas, plus aucun secteur public n’est à l’abri d’un démantèlement dans les règles. Qu’on se le dise.

Quant à la délibération portant acte du recrutement de 126 emplois saisonniers, Alain Rousset s’est félicité de la baisse constante du nombre de recrues, rappelant qu’elles étaient au nombre de 190 en 2013. Mais le malheureux a oublié que le Maire, qu’il sert fidèlement mais maladroitement, est aussi vice-président du Conseil départemental en charge de l’économie et de l’emploi. Monsieur le Maire est donc incapable de maintenir l’emploi sur son propre territoire, fusse-t-il temporaire, et son Premier adjoint s’en enorgueillit ! Le même qui considère que les changements de poste forcés pour les personnels de la cuisine centrale sont à voir comme des opportunités de carrière.

Triste spectacle. Mauvais acteurs. Pauvre Aubagne !

 

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