Zéro de Conduite de Michel Onfray


 
 
Michel Onfray n'est pas connu pour dire les choses avec tact. Son ton monocorde fait presque tout passer à l'oral mais à l'écrit, ses mots sont acides. Dans ce livre, qui est le troisième dernier numéro d'une série regroupée sous le nom de Carnets de Campagne, Michel Onfray s'essaie au pamphlet. Tout le monde en prend pour son grade, parfois avec une bonne dose de mauvaise foi mais qui fait mouche. La pertinence et l'éloquence des propos excusent la méchanceté et l'acidité de l'ouvrage.
 
Malgré tout, je dirais que le livre se répète un peu. Michel Onfray n'aime personne hormis celui ou celle qui incarne la victime du système libéral au moment où elle est effectivement victime. Si bien qu'un Philippe Poutou qu'il loue lors du débat d'entre-deux-tours ne trouve plus guère grâce à ses yeux lorsqu'il s'agit de commenter une autre de ses actions.
 
Jean-Luc Mélenchon est très virulemment attaqué et principalement là où ça fait mal : sur sa sincérité à être l'alternative au système. Michel Onfray se permet même d'accuser ledit Mélenchon d'être protégé par les institutions à propos de ses comptes de campagne parce que lâcher la France Insoumise qu'il se plaît à incarner médiatiquement serait néfaste pour ledit système, à l'instar d'une Lepen que l'on ressort du chapeau tous les cinq ans pour garantir une élection du candidat libéral dès le premier tour.
 
Michel Onfray est à lire ne serait-ce que pour l'exercice de style très voltairien. On se plaît à suivre son raisonnement de pensée, à deviner où il souhaite en venir dans les premières lignes d'un chapitre avant de vite comprendre que la pensée de Michel Onfray est tellement libre qu'elle est imprévisible. Pour le meilleur et pour le pire, enfin, ça dépend pour qui !
 
Camille Alexandre
 
 

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