Chroniques ciné

Trois visages

trois visages 

Jafar Panahi en est le symbole, le combat pour la liberté en Iran passe aussi par la caméra à l’épaule. Après Taxi Téhéran, Jafar Panahi, toujours assigné en résidence dans son pays, nous entraine avec Trois Visages dans un excellent road movie parcourant les archaïques régions turcophones de son pays.

Réalisateur, acteur, dans son propre rôle, il accompagne une célèbre actrice de télévision, iranienne, partie à la recherche d’une de ses élèves victime du conservatisme de ses parents.

Trois Visages est l’histoire de trois générations de comédiennes dans l’Iran d’aujourd’hui, proscrites quand elles ont échoué, adulées lorsqu’elles ont réussi, persécutées quand elles veulent s’émanciper.

Intelligente et sensible dans les descriptions d’une société au patriarcat liberticide et dans le combat quotidien des femmes, Trois Visages est une œuvre courageuse servie magistralement par des acteurs professionnels et amateurs.

Une œuvre primée à Cannes, à saluer par le Grand Public.

Antoine Cesano

En Guerre

en guerre

Perrin Industrie, 1100 ouvriers qui ont cru à la parole du patron et se sont engagés à fond pendant deux ans pour sauver la boite, l’entreprise a relevé la tête mais la loi du marché décide, l’entreprise va fermer et dans une région sinistrée, les travailleurs se trouveront à la rue.

Film documentaire, film de fiction, Stéphane Brizé va immerger le spectateur dans la lutte que vont mener les travailleurs pour sauver leur usine. Colère, combat, désespoir, espérance, pleurs, rires, union, désunion, caméra au poing, plans séquences percutants, le réalisateur nous fait vivre avec intensité et émotion le combat de ceux qui En Guerre ne veulent rien céder au grand patronat glaçant dans la vision qu’il a du monde.

Les acteurs sont impressionnants de vérité, Vincent Lindon, bien sûr, mais aussi et surtout Mélanie Rover et tous ces ouvriers et ouvrières, acteurs d’un jour jouant le rôle de leur vraie vie.

Film vérité sûrement, film dérangeant peut être, il serait regrettable qu’En Guerre ne remporte pas le succès qu’il mérite.

Antoine Cesano

Everybody Knows

everybody knows

Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin : les acteurs, Asghar Farhadi : le réalisateur, de très belles personnes rassemblées pour l’ouverture du Festival de Cannes.

L’action se passe dans l’Espagne rurale, la famille est réunie à l’occasion d’un mariage et l’image de cette belle réunion familiale va voler en éclats, l’arbre cachait la forêt ! Asghar Farhadi, que l’on a vu plus à l’aise dans son Iran natal (la Séparation, le Client), va par une direction magistrale de merveilleux acteurs (Javier Bardem est remarquable), nous tenir en haleine pendant toute la projection.

Un peu académique par son scénario, Everybody knows est un thriller intimiste et oppressant qui nous laisse espérer un excellent Cannes 2018. Bien sur, à voir impérativement en Version Originale.

Antoine Cesano

Place publique

place publique

Castro (J.P. Bacri), star télé sur le déclin, est convié à une soirée chic par sa productrice Nathalie (Léa Drucker). Il y rencontre Hélène son ex femme et collaboratrice (Agnès Jaoui). Sont invités à la fête de jeunes réalisateurs, turbulents , au sommet de leurs gloires. N’est pas invité mais s’invite, furieux, le voisin agriculteur.

Et on pense au Sens de la Fête, unité de temps, unité de lieu, l’humour, à coup sur, au rendez vous ! Mais là, l’aigre et le doux se côtoient et rapidement, l’aigre l’emporte. Il y a les jeunes et les vieux, les intellos de gauche et de droite, les gens de la ville et de la campagne. Et tout ce beau monde, naturellement, s’affronte, las, les uns les autres, de leurs existences. Et la lassitude s’empare du spectateur.

Jaoui, la réalisatrice ne sait quoi faire d’un scénario bas de gamme dans lequel les intermèdes musicaux ont du lui être imposés. Bacri semble accablé par son âge.

Ce n’est, vraiment pas, la folle ambiance mais, à coup sûr, Jaoui et Bacri vont savoir à nouveau nous ravir.

Antoine Cesano

Tout le monde debout

tout le monde debout

Tout le monde debout, pour la première fois, Franck Dubosc réalisateur, une comédie réussie !

On pouvait craindre le pire, Jocelyn, la cinquantaine, dragueur, homme d’affaires (il vend des chaussures de sport) se fait passer, involontairement, pour un handicapé sur fauteuil, afin de séduire une jeune femme.

Et le pire n’est plus à craindre dès les premières images : la comédie est bien cadencée, soutenue, les dialogues sont percutants et si le rire est le maitre mot de cette pétillante comédie, le bon ton, la délicatesse, l’émotion, le regard juste sur le handicap, l’accompagnent dans une belle harmonie.

Agréable spectacle ou Franc Dubosc, l’acteur, et la remarquable, dans tous les sens du terme, Alexandra Lamy nous entrainent dans 1h47mn de franche gaieté. Vivement à conseiller par ces temps de morosité !

Antoine Césano

Ready Player One

ready player one

Nous sommes en 2045 dans une société apocalyptique. Les humains vont s’affronter, masque de réalité virtuelle sur les yeux, dans un jeu vidéo en ligne, l’Oasis.

Wade, adolescent idéaliste, va-t-il l’emporter sur une multinationale des médias, l’ultralibéralisme va-t-il, une fois de plus, être vainqueur ?

On connaissait Spielberg et ses valeurs humanistes de E.T en 1982 à Pentagon Papers en 2018, on est émerveillé par la créativité de Papy Spielby qui du haut de ses 71 ans nous offre un excellent blockbuster truffé de références à la culture pop et à de vieux souvenirs cinématographiques (les personnages de Shining transformés en avatars numériques !).

«  La réalité est la seule chose qui soit réelle », phrase conclusion du film, discutez en avec vos ados, en sortant de la projection, le débat risque d’être palpitant.

Antoine Césano

3 Billboards, les panneaux de la vengeance

3billboards

Un film à vous couper le souffle ! Et pourtant le sujet est sombre : une mère exaspérée, sa fille a été violée et assassinée et l’enquête piétine, décide de dénoncer l’incapacité du chef de la police sur trois panneaux publicitaires de la ville.

Et nous sommes entrainés dans la triste vie d’une petite ville du fin fond des Etats Unis. La violence, le racisme, l’homophobie, l’alcool, la misère y règnent en maitre et pourtant, la tendresse, l’humanité et la non-désespérance sont, là, enfouies dans chacun.

Remarquable scénario qui tient en haleine le spectateur, atmosphère étouffante portée par des personnages insupportables et tendres à la fois dont le fil de la vie se déroule durant les deux heures de projection. L’Oscar de la meilleure actrice , attribué à Frances Mc Dormand (Mildred Hayes dans le film), est à partager entre tous ceux qui ont œuvré à cette audacieuse réalisation.

Antoine Ceasno

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • Aubagne : encore de nouvelles constructions ! +

    Sur les terrains « des Lignières » de l'ex-Direction Départementale de l'Equipement du 13, promenade Pierre Blancard, de nouvelles constructions seraient envisagées. L'Etat et le Conseil Départemental, en accord avec la mairie d'Aubagne, souhaiteraient vendre leurs terrains pour laisser la place à un ensemble immobilier. Lire la suite
  • Le panache du RCA ! +

    En Ligue 1, le QSG continue de trottiner avec une nouvelle victoire (5 à 0) sur Amiens. Lille reste à la deuxième place après sa victoire à Dijon (1 à 2). Lyon se retrouve avec une nouvelle victoire contre Nîmes (2 à 0). Avec beaucoup de difficultés l'OM bat Nice Lire la suite
  • La culture de la défaite +

    Chaque jour je lis sur facebook les publications des uns et des autres concernant la politique nationale et locale. Je déplore hélas que les exemples de plusieurs pays européens ou de villes françaises ne fassent pas réfléchir certains qui donnent des leçons en permanence, se prenant pour de fins stratèges Lire la suite
  • Voie de Valdonne : une réunion bien décevante +

    L'association « Se déplacer en liberté » (ASDEL) a participé le 17 octobre à une réunion sur la voie de Valdonne à l'invitation de Sylvia Barthélémy. La présidente de l'ex-agglo y avait convié les CIQ, le Conseil de développement et les différentes associations concernées par le devenir de cette voie. L'ASDEL nous a fait Lire la suite
  • Mairie de Cuges : des certitudes qui se fissurent +

    Conseil municipal à Cuges les Pins ce mardi 16 octobre. Peu de délibérations à l’ordre du jour, mais un conseil où l’on a pu constater la fébrilité du maire et de sa première adjointe dès lors que des questions gênantes étaient abordées sur les finances communales. Lire la suite
  • Mèfi crée de l'emploi +

    Il y a quelques semaines nous avions retrouvé "LA" motocrotte d'Aubagne remisée au fond d'un garage après avoir coûté 15 000€ aux contribuables. On vous informe aujourd'hui qu'elle est de nouveau en circulation. Lire la suite
  • Impôts locaux : l'arnaque ! +

    Les uns après les autres, les foyers aubagnais qui croyaient voir leurs impôts locaux diminuer se retrouvent, le plus souvent, avec une augmentation. Double mensonge. Lire la suite
  • 1