Chroniques ciné

Le client

Film iranien de Asghar Farhadi, prix du scénario et d’interprétation à Cannes. 

Le Client bat des records d’entrée en Iran peut être parce que comme l’affirme le réalisateur, qui a su contourner la censure, il est le reflet de ce qu’est, aujourd’hui, la société iranienne.Société qui se fracture, à l’image de l’immeuble dans lequel habite ce couple d’intellectuels, personnages principaux du film ; place en Iran de la femme humiliée qui n’ose pas porter plainte ou place de la femme qui a le courage et la grandeur de pardonner ; place dominante de l’homme dont la parole suffit à porter la violence.

Asghar Farhadi propose, à nous spectateurs européens, une lecture ouverte sur les mœurs de l’Iran du 21eme siècle.De remarquables acteurs, un scénario passionnant valorisent, de bout en bout, un film qui pose, en lui, des questions universelles.

Antoine Cesano

 

Docteur Strange

Une fois n'est pas coutume. Notre mardi cinéma sera consacré à un blockbuster venu tout droit de la galaxie Marvel.

Docteur Strange est un super héros un peu à part : il tient ses pouvoirs des sciences occultes. Après un accident de la route qui lui fait perdre ses mains (dommage pour un neurochirurgien), il part pour le Népal dans l'espoir de retrouver son intégrité physique. Ce qu'il y trouve le plonge dans un univers fantastique : le multivers.

Assez fidèle à la BD, le Stephen Stange du film gagne en humour. L'interprétation de Benedict Cumberbatch est impeccable. Les studios Marvel ont d'ailleurs attendu qu'il soit libre pour lancer la production du film. Ils ont bien fait.

Les effets spéciaux sont à couper le souffle, même si le genre a beaucoup donné de ce côté là. Côté scénario, c'est un peu moins vrai. L'histoire est coupée en deux. La première partie est consacrée à l'initiation du Docteur. Dans la seconde commence la bataille avec le super méchant Dormammu exilé dans la dimension noire et qui ne rêve que d'en sortir.

Le blockbuster de Scott Derrickson (Délivre‑nous du mal, Sinister) est superbement servi par la musique de Michael Giacchino (La haut, Vice Versa, Star Trek...). C'est une réussite du genre.

Benoit Jancet

 

 

Moi, Daniel Blake

Moi, Daniel Blake, Palme d’or 2016 à Cannes. Ken Loach et son scénariste Paul Laverty à nouveau couronnés. Il ne pouvait pas y avoir plus juste récompense !

Moi, Daniel Blake, c’est l’histoire simple de deux êtres humains écrasés par la société anglaise. Histoire banale de deux exclus dont on aurait pu jamais entendre parler. Ken Loach est sorti d’une retraite annoncée pour les magnifier. Daniel, ébéniste, malade, inapte au travail…est obligé d’en trouver, Katie mère de deux enfants est aspirée par la misère. Leurs routes vont se croiser et ensemble ils vont s’épauler, faire face. Magnifiques, émouvants, fraternels, ils vont affronter les rouages d’une administration toujours thatchérienne. Les plus humbles, les plus conscients vont les aider : la solidarité a, ici, un sens.

Ken Loach, l’insoumis, est aidé dans son entreprise par son scénariste, Paul Laverty, une complicité de trente ans. Ils avaient ensemble triomphé à Cannes avec le remarquable Le vent se lève. Ils réalisent, ici, un chef d’œuvre exceptionnel ! A voir absolument et à recommander aux vrais amis .

Antoine Cesano

 

Ma vie de Courgette

Courgette, c’est le « petit nom » que sa maman lui a donné… Lorsque Courgette est amené dans un orphelinat après le décès de sa maman qui aimait un peu trop l’alcool, il exige que chacun des enfants le prénomme ainsi…

Ce film d’animation nous plonge dans la vie de gamins abîmés par des adultes malveillants avec humour,  délicatesse et poésie. On retiendra de ce bijou l’espoir que nous offrent ces gamins qui ont compris que l’amour et la solidarité pouvaient permettre de mieux vivre ensemble et d’être heureux.

La vie de courgette fait partie de ces films qui vous hantent  et que vous avez envie de faire découvrir au plus grand nombre.

Frida Lacot

 

 

Miss Pérégrine et les enfants particuliers

Un conte fantastique de Tim Burton qui annonce, ici, son retour.

Jacob découvre,  à la mort de son grand père, un monde mystérieux qui le conduit dans un lieu magique : la maison  de Miss Pérégrine et les Enfants Particuliers.

Et nous voilà embarqués, pendant plus de deux heures, dans une aventure hors du commun où Miss Pérégrine et les Enfants, par leur pouvoir magique, ne cessent de nous émerveiller. Jacob le « terrien » va découvrir sa propre particularité et nous montrer combien les différences sont porteuses d’espoirs.

Beaucoup d’humour, de beaux effets spéciaux (la mise à flots du bateau fantôme !), de splendides décors, de somptueux costumes et des personnages attachants aident à accepter un scénario un peu trop alambiqué.

Un divertissement familial, peut être, plus accessible aux adultes qu’aux enfants.

Antoine Cesano

 

Juste la fin du monde

Un long métrage de Xavier Dolan, Grand Prix du festival de Cannes, d’après la pièce de Jules Lagarce.

Après douze ans d’absence, Louis retourne dans son village natal.

Il va y retrouver sa mère, son frère et sa femme, sa sœur. Il souhaite leur annoncer sa mort prochaine mais amour, jalousie, incompréhension, frustration, vont, pour lui si différent des autres, rendre difficile cette annonce.

Un thème complexe à traiter, Dolan s’y hasarde, suscitant passion ou ennui. Une pléiade d’artistes, Gaston Ulliel, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, tentent de tirer leur épingle du jeu avec plus ou moins de bonheur, dans un huis-clos familial où on a souvent l’impression d’être l’étranger.

On est loin du remarquable Mommy.

Antoine Cesano

 

 

Fuocoammare

Fuocoammare,la chanson la plus populaire sur l’ile de Lampedusa, territoire italien de 20 kilomètres carrés, à 200 km de la Sicile.

Lampedusa a accueilli 400 000 migrants en 20 ans, 15 000 sont morts noyés au large de ses côtes. Gianfranco Rosi, dans Fuocoamare a voulu témoigner.

Camera au poing, il a, pendant un an, parcouru les rues de l’ile, rencontré ses habitants dans leur vie quotidienne, côtoyé pendants plusieurs semaines, les sauveteurs de la marine nationale italienne. Ici pas d’acteurs mais des enfants, femmes, hommes, naufragés, sauveteurs filmés dans leur environnement, dans leurs rencontres dramatiques. Ici pas d’effets de style, d’images superficielles : la camera interpelle l’indifférence, appelle à la prise de confiance, s’insurge, sans le dire, contre l’intolérable.

On comprend que Fuocoamare ait obtenu l’Ours d’or à Berlin et que l’Italie veuille en faire son porte-drapeau lors de la future cérémonie des Oscars !

Antoine Cesano

 

NB : une occasion de fréqueuter le cinéma l’Alhambra et d’y apprécier son accueil chaleureux.

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