Chroniques ciné

Le monde est à toi

le monde est à toi un film de Romain Gavras

C’est l’histoire de François, petit dealer sans envergure aux prétentions élevées. Il n’a pas de chance : sa mère dépense ses économies, son ex-beau père vit dans un autre monde et sa copine lui donne du fil à retordre.

Romain Gavras a lui aussi des prétentions élevées : à partir d’un tel scénario, réaliser une comédie française où humour noir, dynamisme, innovation seraient les éléments moteurs. Mais rapidement on s’ennuie, les rires, voire les sourires ne sont pas au rendez-vous et ce n’est pas le casting haut de gamme réquisitionné qui va sauver l’entreprise. Isabelle Adjani en fait des tonnes, Vincent Cassel, souvent inaudible, est sous utilisé et François Damien et Phillipe Katerine arrivent bien tard.

Le monde est à toi, une déception donc, mais comme les salles de projection sont climatisées et qu’il fait chaud dehors…

Antoine Cesano

Trois visages

trois visages 

Jafar Panahi en est le symbole, le combat pour la liberté en Iran passe aussi par la caméra à l’épaule. Après Taxi Téhéran, Jafar Panahi, toujours assigné en résidence dans son pays, nous entraine avec Trois Visages dans un excellent road movie parcourant les archaïques régions turcophones de son pays.

Réalisateur, acteur, dans son propre rôle, il accompagne une célèbre actrice de télévision, iranienne, partie à la recherche d’une de ses élèves victime du conservatisme de ses parents.

Trois Visages est l’histoire de trois générations de comédiennes dans l’Iran d’aujourd’hui, proscrites quand elles ont échoué, adulées lorsqu’elles ont réussi, persécutées quand elles veulent s’émanciper.

Intelligente et sensible dans les descriptions d’une société au patriarcat liberticide et dans le combat quotidien des femmes, Trois Visages est une œuvre courageuse servie magistralement par des acteurs professionnels et amateurs.

Une œuvre primée à Cannes, à saluer par le Grand Public.

Antoine Cesano

En Guerre

en guerre

Perrin Industrie, 1100 ouvriers qui ont cru à la parole du patron et se sont engagés à fond pendant deux ans pour sauver la boite, l’entreprise a relevé la tête mais la loi du marché décide, l’entreprise va fermer et dans une région sinistrée, les travailleurs se trouveront à la rue.

Film documentaire, film de fiction, Stéphane Brizé va immerger le spectateur dans la lutte que vont mener les travailleurs pour sauver leur usine. Colère, combat, désespoir, espérance, pleurs, rires, union, désunion, caméra au poing, plans séquences percutants, le réalisateur nous fait vivre avec intensité et émotion le combat de ceux qui En Guerre ne veulent rien céder au grand patronat glaçant dans la vision qu’il a du monde.

Les acteurs sont impressionnants de vérité, Vincent Lindon, bien sûr, mais aussi et surtout Mélanie Rover et tous ces ouvriers et ouvrières, acteurs d’un jour jouant le rôle de leur vraie vie.

Film vérité sûrement, film dérangeant peut être, il serait regrettable qu’En Guerre ne remporte pas le succès qu’il mérite.

Antoine Cesano

Everybody Knows

everybody knows

Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin : les acteurs, Asghar Farhadi : le réalisateur, de très belles personnes rassemblées pour l’ouverture du Festival de Cannes.

L’action se passe dans l’Espagne rurale, la famille est réunie à l’occasion d’un mariage et l’image de cette belle réunion familiale va voler en éclats, l’arbre cachait la forêt ! Asghar Farhadi, que l’on a vu plus à l’aise dans son Iran natal (la Séparation, le Client), va par une direction magistrale de merveilleux acteurs (Javier Bardem est remarquable), nous tenir en haleine pendant toute la projection.

Un peu académique par son scénario, Everybody knows est un thriller intimiste et oppressant qui nous laisse espérer un excellent Cannes 2018. Bien sur, à voir impérativement en Version Originale.

Antoine Cesano

Place publique

place publique

Castro (J.P. Bacri), star télé sur le déclin, est convié à une soirée chic par sa productrice Nathalie (Léa Drucker). Il y rencontre Hélène son ex femme et collaboratrice (Agnès Jaoui). Sont invités à la fête de jeunes réalisateurs, turbulents , au sommet de leurs gloires. N’est pas invité mais s’invite, furieux, le voisin agriculteur.

Et on pense au Sens de la Fête, unité de temps, unité de lieu, l’humour, à coup sur, au rendez vous ! Mais là, l’aigre et le doux se côtoient et rapidement, l’aigre l’emporte. Il y a les jeunes et les vieux, les intellos de gauche et de droite, les gens de la ville et de la campagne. Et tout ce beau monde, naturellement, s’affronte, las, les uns les autres, de leurs existences. Et la lassitude s’empare du spectateur.

Jaoui, la réalisatrice ne sait quoi faire d’un scénario bas de gamme dans lequel les intermèdes musicaux ont du lui être imposés. Bacri semble accablé par son âge.

Ce n’est, vraiment pas, la folle ambiance mais, à coup sûr, Jaoui et Bacri vont savoir à nouveau nous ravir.

Antoine Cesano

Tout le monde debout

tout le monde debout

Tout le monde debout, pour la première fois, Franck Dubosc réalisateur, une comédie réussie !

On pouvait craindre le pire, Jocelyn, la cinquantaine, dragueur, homme d’affaires (il vend des chaussures de sport) se fait passer, involontairement, pour un handicapé sur fauteuil, afin de séduire une jeune femme.

Et le pire n’est plus à craindre dès les premières images : la comédie est bien cadencée, soutenue, les dialogues sont percutants et si le rire est le maitre mot de cette pétillante comédie, le bon ton, la délicatesse, l’émotion, le regard juste sur le handicap, l’accompagnent dans une belle harmonie.

Agréable spectacle ou Franc Dubosc, l’acteur, et la remarquable, dans tous les sens du terme, Alexandra Lamy nous entrainent dans 1h47mn de franche gaieté. Vivement à conseiller par ces temps de morosité !

Antoine Césano

Ready Player One

ready player one

Nous sommes en 2045 dans une société apocalyptique. Les humains vont s’affronter, masque de réalité virtuelle sur les yeux, dans un jeu vidéo en ligne, l’Oasis.

Wade, adolescent idéaliste, va-t-il l’emporter sur une multinationale des médias, l’ultralibéralisme va-t-il, une fois de plus, être vainqueur ?

On connaissait Spielberg et ses valeurs humanistes de E.T en 1982 à Pentagon Papers en 2018, on est émerveillé par la créativité de Papy Spielby qui du haut de ses 71 ans nous offre un excellent blockbuster truffé de références à la culture pop et à de vieux souvenirs cinématographiques (les personnages de Shining transformés en avatars numériques !).

«  La réalité est la seule chose qui soit réelle », phrase conclusion du film, discutez en avec vos ados, en sortant de la projection, le débat risque d’être palpitant.

Antoine Césano

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • Music&Cinema : un 20e anniversaire flamboyant +

    Une édition magistrale qui s'est clôturée en ciné-concert ce samedi après une remise des prix pleine d'émotion et d'humour. Retour sur une semaine riche de rencontres et d'émotions... en attendant avec impatience 2020 ! Lire la suite
  • Ce n'est pas encore le printemps pour Aubagne Garlaban Basket, Julian Alaphilippe s'adjuge le 1er "monument" de la saison cycliste +

    En cyclisme, le français Julian Alaphilippe (Deceuninck) a remporté la 110ème édition de Milan-San Remo, le premier "monument" de la saison cycliste. Alaphilippe a reglé au sprint un petit groupe où figuraient tous les grands noms du cyclisme actuel. Il a signé sa 7ème victoire de la saison, mais la Lire la suite
  • Les finances au menu du 1er mardi thématique d'Aubagne La Commune +

    Mardi dernier, au Cercle de l’Harmonie, se tenait le premier atelier thématique d’Aubagne La Commune sur le thème des finances locales : un sujet introductif bien choisi puisqu’on peut imaginer qu’il tiendra une place importante (trop importante ?) dans la campagne municipale de 2020. Lire la suite
  • Terres rouges : mensonges par omission ? +

    Dans La Provence du 11 mars, Alain Rousset, 1er adjoint de Gazay, affirmait que concernant le parking des Terres rouges, il n'était au courant de rien (voir article précédent ici) après avoir rejeté la responsabilité sur l'équipe Fontaine. Pourtant des faits prouvent le contraire. Lire la suite
  • GastronomaniaK, épicerie fine et restaurant +

    GastronomaniaK, c'est LE restaurant d'Aubagne. Raffinement, saveurs exquises et exceptionnelles, préparation de grande qualité, accueil professionnel et convivial, tout est parfait pour vous recevoir. Lire la suite
  • Rebelles +

    La vie les a rassemblées à travailler dans une conserverie de poissons, dans le nord de la France. L’une d’elles, ex Miss Nord Pas de Calais, est agressée sexuellement par son chef dont la fin tragico-comique est le premier éclat de rire d’une longue série. Nos trois héroïnes vont être Lire la suite
  • Le RCA s'envole, l'OM battu par le QSG +

    En Formule 1, Valtteri Bottas a remporté le premier Grand Prix de la saison, dimanche à Melbourne. Mercedes signe un doublé avec la deuxième place de Lewis Hamilton. Max Verstappen (Red Bull) complète le podium. En rugby, tournoi des 6 nations, la France a péniblement battu l'Italie (14 à 25). Lire la suite
  • 1