Chroniques ciné

1917

 1917 le film

Film à grand spectacle et gros budget. Sam Mendès ( Spectre, Skyfall ) est un habitué du genre. Pendant deux heures, nous allons suivre l’épopée hors du commun de deux jeunes soldats chargés d’aller informer le commandant d’un régiment anglais du risque d’anéantissement de son unité, s’il part à l’attaque. Les deux soldats doivent accomplir leur mission impossible dans un temps record.

Film spectaculaire à la fois documentaire historique (la traversée de champs de bataille, les dédales des tranchées) et thriller haletant. Sam Mendès, à travers l’utilisation de plans séquences, immerge le spectateur dans l’horreur de la guerre. Le suspense est au rendez vous, l’émotion l’est moins et à vouloir trop en faire, le réalisateur affecte la crédibilité de son récit.

1917 une remarquable bande dessinée soutenue par une impressionnante prouesse technique.

Antoine Césano

 

 

Les Misérables

les miserables

Ladj Ly, le réalisateur est un enfant de Montfermeil, cité des Bosquets. C’est là qu’il situe la totalité de l’action de son film. On va accompagner trois policiers de la B.A.C, deux d’entre eux sont des « vieux de la vieille », le troisième découvre. Dans la cité, tout le monde se côtoie, se connait, les enfants, les trafiquants, les barbus, le caïd de la cité qui se fait appeler « le Maire », les flics. La cohabitation est difficile jusqu’au jour où une balle de flash ball blesse à l’œil un gamin. Un drone filme la scène et tout s’enflamme….

Film choc, implacable, les liens se délient, tout le monde est débordé, dépassé, la violence, fruit de la misère, l’emporte. La dernière demie heure de projection est terrible et combien angoissante pour l’avenir de notre société.

Scénario implacable, mise en scène sans fard, acteurs professionnels et amateurs (les enfants de la cité) émouvants.

S’affiche, in fine, sur l’écran la phrase de Victor Hugo : « Il n’y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes, il n’y a que de mauvais cultivateurs ».Le Président de la République qui s’est dit « bouleversé » à la projection du film, s’est-il senti concerné par cette pensée ?

Antoine Cesano

 

Sorry, we missed you

sorry we missed you

Il y a trois ans, Ken Loach affirmait que Moi, Daniel Blake serait son dernier film. Mais comment ce réalisateur militant pouvait il rester silencieux devant les ravages causés par un libéralisme débridé ? Avec Sorry, we missed you, c’est l’ubérisation de la société qui est mise en cause.

Ricky, le père d’une famille soudée, va s’endetter pour acquérir un camion lui permettant de devenir livreur à son compte ; son patron le convainc qu’en travaillant dur, l’argent va couler à flot, il va pouvoir devenir propriétaire de son logement ! Abby , sa femme, aide à domicile, va devoir pour cela, vendre sa voiture, outil de travail et leurs enfants vont subir de plein fouet, une lente descente aux enfers.

Cette petite famille, digne, bouleversante, est au cœur du film. On partage son combat, sa souffrance, sa volonté émouvante de tenter, unie, de faire face…. Pas sûr qu’à la sortie de Sorry, we missed you, on ait encore envie, de commander par internet et de se faire livrer à domicile !

Antoine Cesano

 

 

Joker

 

Dès les premières minutes, le spectateur, scotché sur son fauteuil, est englouti dans l’univers sombre, terrifiant, inhumain de la ville de Gotham (New York) des années 70-80. Arthur Fleck, homme sandwich-clown essaie d’y survivre mais cette société qui méprise et maltraite les pauvres va l’engloutir.

La folie et la lucidité du personnage et ses éclats de rire incontrôlables et angoissants composent un mélange détonant dont le spectateur ne sort pas indemne et la fin de la projection apocalyptique a des résonances tellement actuelles !

Une mise en scène exceptionnelle, un scénario où poésie et terreur se côtoient, un acteur, Joaquim Phoenix (Joker) à l’interprétation hors du commun font de JOKER un film inqualifiable.

Antoine Cesano

 

 

Fête de famille

fete de famille

Andréa ( Catherine Deneuve) veut fêter joyeusement son anniversaire. Ce n’est pas la pluie qui gâchera ce rassemblement familial mais l’arrivée tumultueuse de la fille ainée (Emmanuelle Bercot) et l’apparente sérénité du repas vole en éclats.

Chacun y va de son histoire, les psychiatres ont des clients potentiels ! Romain ( Vincent Macaigne), le fils cadet, est un de ceux qui tient la corde.

Film d’un grand classicisme qui se veut « cocasse, comique et tragique » selon Cédric Kahn ( réalisateur et acteur). Les trente dernières minutes nous permettront , peut être, de nous souvenir de Fête de famille dans quelques semaines.

Antoine Cesano

 

 

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