« La femme aux mains jointes » : un polar bien d'ici


« La femme aux mains jointes », c’est le nom du premier roman de Laurette Autouard paru aux Éditions Privat. Le club lecture de l'association Spect'acteurs nous invite à le découvrir lors d’une séance de ventes-dédicaces prévue le mardi 20 novembre à 17h30 au Cercle de l’Harmonie à Aubagne.

« La femme aux mains jointes », c’est aussi le nom d’une céramique de Pablo Picasso qu’on avait pu admirer aux Pénitents noirs à Aubagne lors de l’exposition « Picasso céramiste et la Méditerranée » dans le cadre de « Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture » (MP2013).

Ce n’est pas un hasard si Laurette Autouard a choisi pour cadre de son premier roman l’exposition Picasso et le monde de l’art et de la culture. En effet, elle a travaillé de nombreuses années dans ce domaine jusqu’à occuper le poste de directrice générale adjointe de la Culture et de l’Évènementiel à Aubagne et a notamment participé à l’organisation de MP2013 sur notre territoire.

Aujourd’hui, elle est à la retraite et dispose enfin du temps nécessaire pour se consacrer à l’activité qu’elle dit aimer le plus : l’écriture. Si, initialement, son rapport aux livres est celui d’une lectrice régulière et éclectique, c’est la participation à des ateliers d’écriture qui l’a fait basculer de l’autre côté du miroir : du côté de celles et ceux qui écrivent. Histoire de ne pas rester les mains jointes, peut-être ?

Ce n’est pas un hasard non plus si cette native d’Aubagne (« j’ai grandi à Aubagne et Aubagne m’a fait grandir »  aime-t-elle à dire) a choisi comme forme pour ce premier livre celle du polar marseillais auquel Jean-Claude Izzo, qu’elle cite volontiers, a donné ses lettres de noblesse avec sa trilogie : « Total Khéops », « Chourmo », « Solea ». Pas un hasard non plus, si elle a choisi pour cadre de ce roman notre ville mais aussi sa grande voisine et en particulier l’Estaque, quartier symbole de ce Marseille populaire et lumineux qui irrigue les films de Guédiguian et qu’elle décrit avec justesse.

Dans la bouche des personnages de ce premier roman, notamment dans celle de Loule, l’attachant guetteur à la retraite, on retrouve aussi le parler marseillais que les lectrices et les lecteurs d’ici ou d’ailleurs entendront avec un égal plaisir, même si celles et ceux d’ailleurs auront besoin du glossaire fourni à la fin du volume pour en saisir toutes les subtilités ! On pourra juste regretter que dans celui-ci manque un mot pourtant incontournable : Mèfi ! A rajouter impérativement lors d’une prochaine réédition ou dans le tome 2 !

Si l’intrigue de « La femme aux mains jointes » porte le lecteur d’une page à la suivante comme le veut la loi du genre, ce premier livre n’est pas seulement un polar. Ce n’est pas non plus seulement un roman régionaliste. Il y a de l’universel dans ce que l’auteure nous dit de la vie des hommes et des femmes, ces vies avec leurs « quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins » comme dirait Pagnol, ces vies que Laurette Autouard nous conte avec sensibilité et émotion, ouvrant une piste qu’on l’imagine bien creuser dans un deuxième roman.

Mais en attendant, ne manquez pas de lire celui-là ! D’autant que le Cercle de l’Harmonie et l’association Spect’acteurs vous donnent l’occasion de vous en procurer un exemplaire et de le faire dédicacer par l’auteure : il suffit de venir au Cercle le mardi 20 novembre à partir de 17h30.

 

Redha Romani