Archives de la MJC : tous les patrimoines ne se valent pas


Vingt mètres cubes de documents administratifs et de communication, affiches, programmes, photos... stockés dans un container. Du matériel technique, du mobilier… déposés dans un hangar. Sur un terrain protégé, au milieu de nulle part, dans une zone d'activité de la commune de Vitrolles. Autant de biens qui devaient, dans le meilleur des cas, connaître une deuxième vie par le biais d'une vente aux enchères, ou, dans le pire, finir dans une déchetterie ; c'est le sort définitif qui était réservé aux archives et au matériel de la MJC, témoignages de 40 années d'histoire.

Le maire ne préempte pas

Quand on sait que le maire d'Aubagne pouvait faire valoir son droit de préemption et ainsi conserver et entretenir, au moins les archives !

Quand on sait qu'il a refusé de faire ce choix en informant le liquidateur judiciaire (La Mjc étant en liquidation judiciaire depuis l'an dernier) qu'il renonçait à ce droit, on ne peut qu'être conforté, une fois encore, dans l'idée que son intention était non seulement de faire disparaître un équipement et un projet culturel, mais aussi la mémoire de ces derniers.

Du passé faisons table rase.

Il y a Patrimoine et … Patrimoine !

Cela trahit deux manières de considérer le « Patrimoine » si cher à notre municipalité.

L'une, qui valorise (à juste titre) l'histoire de notre ville (on mettra de côté « l'énigme » au sujet de la destruction du kiosque à musique et du petit monde de Marcel Pagnol) au travers de la céramique, du santon, du folklore provençal… mais qui, comme l'Image d' Epinal, fait dans le cliché, le lieu commun, la vision stéréotypée, embellie. Un patrimoine figé dans son exposition, neutralisé et sans perspective.

L'autre, celle d'un patrimoine récent, celui de l'histoire d'une structure culturelle, de l'éducation populaire, d'un ancrage dans des valeurs de progrès, dans des aventures humaines qui ont marqué toute une période. Un patrimoine d'expériences et d'audaces, de faits marquants, d'étapes dans le cheminement culturel de la ville, d'évènements, d'avancées démocratiques et d'idées nouvelles aussi ; mais, un patrimoine turbulent, stimulant, source de projections dans l'avenir.

Un patrimoine vivant et donc bien trop suspect au goût du maire. Cela confirme que cette ville et ceux qui la dirigent tiennent à effacer, à faire disparaître, tout ce qui ne ressemble pas à l'idée qu'ils se font de l'activité associative et de la culture : bourse du travail, fête de la paix, MJC…

Désormais, jusque dans les témoignages et les objets du souvenir.

L'autre patrimoine

Mais il y a un autre patrimoine dans cette ville. Celui d'une culture de la résistance. On en a eu un exemple récent avec l'appel du 7 avril samedi dernier au Cercle de l'Harmonie.

C'est ce qui a motivé aussi quelques individus et associations qui se sont organisés pour récupérer une bonne partie des biens égarés afin qu'ils ne sombrent pas dans l'oubli et restent sur le territoire aubagnais.

Ce patrimoine là sera plus difficile à contrôler.

Robin des Aires