Désengagements pris, désengagements tenus : le contre-édito




Le 30 mars 2014, les Aubagno-provençaux exprimaient leur volonté de changer le destin d'une ville qu'ils ne reconnaissaient plus. Misère, grand banditisme, bûchers en place publique, et le maire qui ne disait pas toujours "bonjour" quand on le croisait dans la rue... Insupportable, il fallait que ça change !

Qu'était devenue la cinquième puissance départementale dont le patrimoine traditionnel et historique (qui ne demandait qu'à être vendu), les marchés, le commerce, l'artisanat, l'industrie de l'argile (qui ne demandait qu'à être sabordée), l’œuvre glorieuse et millénaire de Sa Grandeur Marcel de Pagnol (qui n'a pas attendu Aubagne pour prospérer) et la présence de la mythique Légion étrangère, avaient fait la réputation et forçaient le respect et l'admiration ?

Où allait notre ville, qui après des décennies d'un socialo-communisme prospère, foisonnant et prometteur, grâce à l'inspiré et inspirant Edmond Garcin, à l'enthousiaste Jean Tardito, était en train de s'asphyxier sous le poids de l'implacable système financier qui impose la dette et engendre toutes les insécurités ? 

Comment allait-elle aborder avec sérénité les nécessaires transitions environnementales, numériques et économiques ? 

En maintenant une cuisine centrale loin des impératifs de rentabilité ?
En réduisant les impôts ?
En promouvant des manifestations tournées vers l'avenir et non vers le culte de l'Antan ?

Non, non, malheureux !

Quelle était son ambition pour les nouvelles générations ?
Équiper convenablement les écoles ?
Donner au personnel encadrant des enfants les moyens de leurs missions ?
Promouvoir la paix chaque année en y associant les jeunes de la ville ?

Non, non, malheureux !

Transférer une partie de la dette au Département et augmenter de façon détournée les impôts furent les premiers enjeux de notre mandature. Désengagement tenu.

La baisse des dotations de l'Etat aux communes, décidée en 2012 (et non 2014), et dont j'avais connaissance avant même le début de la campagne électorale des municipales, aurait pu mettre à mal notre projet, bâti donc en dépit des réalités économiques, sans une vigilance de tous les instants (préférer les bistronomiques aux gastronomiques, préférer les Mercure aux Hilton...), sans une réorganisation de nos services (développement du turn-over, mise en place du plan "marche ou crève") et sans la maîtrise rigoureuse de nos dépenses de fonctionnement (remplacement systématique des feuilles A4 par du A5, triplement des effectifs de police...), car il était hors de question de faire supporter le coût de cette situation désastreuse aux foyers aubagno-provençaux par une hausse visible, transparente et assumée de la fiscalité locale. Désengagement tenu.

En parallèle, nos efforts se sont immédiatement portés sur la sécurité avec le doublement en trois ans des effectifs de la brigade du Tigre municipale et le déploiement attendu avec émoi d'un réseau de caméras de vidéo protection avec la petite option pour 1 euro de plus par mois de vidéo-verbalisation. Désengagement tenu.

Nous avons pu ensuite travailler avec énergie à l'élaboration du nouveau Plan Local de Bétonisation du Garlaban (PLBG) et au Plan de Mise en Vente des Terrains des Copains (PMVTC) puis à son adaptation aux contraintes en matière de risques incendies et inondations imposées par ces salauds de Jacobins parisiano-bobo-écologistes. Désengagement tenu.

Une ville mieux gérée (seulement 2 millions de plus de dette), plus sûre (la délinquance est le seul fait de la police municipale désormais) et dotée de PUPMR (plans d'urbanisme pour ma réélection), telles étaient les premières conditions de la mise en œuvre d'une nouvelle ambition en termes d'urbanismes et de transports, d'économie, d'emploi, de logement, d'éducation, d'accompagnement de l'enfance et de la jeunesse, de solidarité intergénérationnelle, de proximité et de toutes ces choses que mon conseiller en communication m'a demandé de mettre dans cet édito.

Près de 118% de nos désengagements pris en 2014 sont tenus à mi-mandat.

Si certains désengagements ne pourront être totalement réalisés, beaucoup d'autres nouvelles initiatives ont été mises en œuvre quand elles se sont avérées nécessaires. Comme le petit terre-plein en haut de l'avenue Roger Salengro juste avant l'Echangeur, les plots en plastique pour empêcher les gens de se garer, l'abattage de ces arbres stalino-trotskistes cours Maréchal Foch.

Le document de bilan à mi-mandat que nous avons élaboré et diffusé à l'ensemble des foyers aubagnais (sauf à Camille Alexandre parce qu'il commence à me courir) retrace la majeure partie des actions créées et initiées depuis 2014.

Le désengagement de l'Etat nous encourage à rester optimistes et déterminés à poursuivre nos efforts aux côtés de nos partenaires publics et du monde associatif, porteur de valeurs de solidarité et de partage (sans la MJC que j'ai contribué à enterrer) et du monde économique dont je prends soin parce que je me ménage une porte de sortie si en 2020/21, je dois me reconvertir, vous le comprendrez.

Fort du soutien parfois bancal de nos partenaires (à l'instar de Sylvia Barthélémy à propos du service de réanimation de l'hôpital d'Aubagne), nous sommes fiers d'affirmer sans rougir aux Aubagno-provençaux que nous pouvons désormais porter ensemble notre ambition pour Aubagne-en-Provence. Allez, on remet tout à zéro, les 3 premières années, c'était pour de faux, balle au centre. Nous avons l'ambition gargantuesque, le désir fou, la lubie pathologique et l'objectif faramineux de redevenir la... (roulement de tambour) cinquième ville du département. En attendant d'atteindre ce Graal dans le classement de l'INSEE, pour 2018 il faudra faire avec 2 millions de dette supplémentaire par rapport à 2014 et une chtite augmentation des impôts locaux.

Camille Alexandre

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