A l'Assemblée Nationale et ailleurs : une opposition qui s'affirme ?


Le débat à l'Assemblée Nationale sur le code du travail a été l'occasion de voir émerger une opposition capable de combattre, de proposer et de se faire entendre bien au-delà de l'hémicycle.

Personne en France n'a pu passer au travers des voix fortes des députés de La France Insoumise (17 élu-e-s), mais aussi, dans une moindre mesure des députés du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR / 11 communistes et 5 alliés ultramarins).

Pour les Insoumis, Clémentine Autain nous affirme "nous apparaissons clairement comme le groupe d'opposition à l'offensive. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons porté. Pour l'instant le bilan est bon".

Elle rajoute que "le combat des députés à l'intérieur a su trouver un prolongement à l'extérieur". En effet, contrairement à ce qu'a pu en dire la plupart des médias, les rassemblements du 12 juillet, en tenant compte de la date et de la rapidité de la mobilisation, ont été des succès, à Paris, Lille, Toulouse ou Marseille.

Tous les députés de la France Insoumise, malgré les débats qui se poursuivaient à l'Assemblée, avaient organisé un tour de rôle pour être présents place de la République et assurer leur vigilance au palais Bourbon. On a même noté la présence d'au moins une députée communiste, Elsa Faucillon.

Avec beaucoup de "pédagogie" et un sens aigu de l'utilité de la politique, Clémentine Autain, Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon, mais aussi d'autres comme les syndicalistes CGT de PSA ou du commerce, ont expliqué les dangers du "projet Macron, ..., de l'inversion de la hiérarchie des normes, ..., de la fusion des CHSCT, des CE et des délégués du personnel, ...".

L'opposition est bien plus large que le nombre de députés qui l'expriment. Clémentine Autain en est convaincue "nous sommes adossés à des millions d'électeurs".

Adrien Quatennens qui a défendu brillamment la motion de rejet préalable, a pu faire connaître son visage à la France entière. Il a impressionné autant par ses qualités oratoires que par la solidité de son argumentation.

Mais le groupe Gauche Démocrate et Républicaine a su marquer sa place dans une vraie opposition à la tentative de liquider le code du travail.

Cela n'a pas été sans conséquence dans les rapprochements, au fil des débats, au sein des diverses commissions et en assemblée, entre les diverses interventions des groupes FI et GDR. 

La complémentarité des prises de position démontrait une "évidente convergence de fond", comme nous le faisait noter une députée de La France Insoumise.

Adrien Quatennens ne cachait pas, d'ailleurs, les discussions permanentes entre les élus des deux groupes au cours de l'examen du texte de loi.

Pierre Dharréville, député communiste des Bouches du Rhône, pouvait s'exclamer, avec visiblement une réelle satisfaction "c'est bien que nous puissions travailler ensemble, cela aide tout le monde". Il semble, d'ailleurs, que dans les faits, Pierre Dharréville s'impose comme le véritable leader des députés communistes, plus rassembleur qu'André Chassaigne et avec une vision renouvelée de la gauche.

Marie-Georges Buffet sur sa page facebook écrivait le 11 juillet : "Les député-e-s GDR et FI mènent avec la même détermination le combat contre la loi d'habilitation permettant au gouvernement de casser le code du travail. C'est la seule opposition déterminée aux libéraux d'en marche arrière.

Cette action commune est essentielle, c'est pourquoi je suis heureuse d'avoir participé à un déjeuner de travail entre des député-e-s communistes et de France Insoumise pour avancer vers une plus grande coopération permettant de décupler nos forces".

Elle a fait savoir qu'une nouvelle rencontre était prévue. Un comité de liaison entre les deux groupes a été mis en place.

On peut penser qu'à partir des forces de La France Insoumise et de son programme une opposition cohérente, déterminée et pourtant diverse est en train de prendre sa place dans le débat politique pour une vraie alternative au système libéral.

Claude Bernardi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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