La Bête Immonde soigne sa com


Ce vendredi 30 septembre 2016, je me rendais à la Villa Méditerranée, enthousiaste à l'idée d'obtenir mon diplôme de Master Etudes européennes. La journée devait se dérouler ainsi : les élèves de la promotion soutenaient leur mémoire devant leur jury respectif le matin même et l'après-midi devait avoir lieu une conférence divisée en deux panels sur le thème des Migrations.

Avant de poursuivre ce récit, je tiens à préciser que deux députées européennes de notre circonscription, Marie-Christine Vergiat du Front de Gauche et Sylvie Guillaume du Parti socialiste, toutes deux membres de la Commission Libertés civiles, justice et affaires intérieures au Parlement européen, étaient présentes dans la seconde partie de cette conférence. Les échanges étaient très fructueux entre les intervenants et un public averti et tout se présentait sous les meilleures auspices. Un bel exemple de débat démocratique en perspective...

Au milieu de la conférence, un curieux personnage vient se rajouter à l'assemblée. Le temps des questions arrive et ce dernier commence à trépigner sur sa chaise, visiblement impatient de poser sa question. On lui tend le micro et quel ne fût pas l'étonnement du public d'entendre un homme hurler et vociférer un discours que l'on ne connaît que trop. Les almagames prennent alors le pas : les migrants seraient alors des "clandestins" venus pour des raisons économiques et  seraient donc des terroristes en puissance. Il ne s'est d'ailleurs pas fait prier pour contester l'existence même de la conférence.

Inutile de préciser qu'à ce jour, nous attendons toujours sa question. Le mystère qui entoure ce vil personnage se dissipe à la lumière de l'éclair. Un des membres du public le reconnaît instantanément et l'identifie : il s'agit d'un militant du Front National et le nom du tristement célèbre Monsieur Ravier émerge. Je reconnais bien là la nature de ses agissements tellement la pratique est bien rodée : je n'en démords pas, il s'agit d'un "troll" venu polluer le débat et créer le "buzz". Ne vous méprenez pas sur ses agissements : ce Monsieur n'avait aucune intention d'échanger avec les intervenants qui pourtant n'auraient pas manqué d'arguments.

Preuve en est, il n'attend même pas leurs réponses et quitte la salle pour passer des coups de fil. La scène suivante vient alors confirmer ma première intuition. Un deuxième homme dont la mission avait été de prendre en photo une bonne partie de la salle (on peut s'interroger sur de telles pratiques...) interrompt la députée socialiste et hurle un discours des plus répugnants. On surprend les militants du Front National à s'emouvoir du sort des femmes allemandes pendant les tristes évenements de Cologne où 12 000 viols auraient eu lieu et perpetrés par des migrants clandestins. Les responsables de ces évenements ? Les députées européennes, bien évidemment.

Outre les mensonges éhontés et la soudaine préoccupation du Front National - plutôt risible tant la récupération politique est évidente - à l'égard des droits des femmes, l'attitude violente et agressive de cet homme venu polluer le débat est symptomatique des agissements de ce parti et de son caractère non démocratique. Des hommes se lèvent pour le faire sortir de la salle et c'est à ce moment-là que tout devient clair. Un troisième homme, muni d'un sourire satisfait voire goguenard, lui succède et filme avec son smartphone toute la scène.

C'est finalement sur twitter qu'on aura le fin clou du spectable : le premier homme n'est autre que Frank Allision (ex-militant des Républicains), conseiller régional de la région PACA auprès de Madame Marion Maréchal Le Pen, qui s'est empressé de "twitter" l'évenement. Monsieur Ravier, maire du 7ème secteur de Marseille et sénateur FN, l'a par ailleurs relayé dans la foulée. 

On retiendra donc le discours nauséabond et bien rodé des militants du Front National mais surtout leur volonté manifeste de parasiter un moment clé de notre vie démocratique pour un simple tweet. Ces pratiques sont inacceptables dans une démocratie vivante et participative et nous rappelle, à Aubagne et ailleurs, que la lutte contre l'extrème droite est permanente et cruciale pour l'avenir de l'Europe.

Licia  Danchesi 

 

 

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