Jacqueline Sauvage : je suis en colère !


J'ai entendu, comme vous toutes et tous, la décision de justice qui décide, vendredi 12 août 2016, de maintenir Jacqueline Sauvage en prison. Son mari l'avait battue pendant 47 ans, il avait violé ses filles. Au bout de cet enfer conjugal, elle avait décidé de le tuer.

Devant une mobilisation citoyenne exceptionnelle, cette femme de 68 ans obtenait, en janvier dernier, une grâce présidentielle partielle. Cela ouvrait la porte à une demande de libération conditionnelle. C'est cette demande que le tribunal d'application des peines de Melun vient de rejeter.

Le fondement de la décision est basée sur le fait qu'elle n'accepte pas d'être une coupable et qu'elle pense être (trop ?) une victime. Les juges considèrent qu'elle est "encouragée à se cantonner dans un positionnement de victime, sans remettre en cause son fonctionnement psychique personnel".

Mais bien sûr qu'elle est victime ! Ne pas le crier, c'est accepter une justice digne du Moyen Âge. Aucune lecture du Code de Procédure Pénale ou de la Constitution ne pourra me convaincre du contraire. Aucune explication rationnelle ne fera baisser ma colère. C'est, tout simplement inacceptable. Et je ne l'accepte pas.

J'ai entendu et lu : "Heureusement que la justice n'est pas perméable à l'opinion". J'ai entendu et lu : "C'est la parole présidentielle qui est bafouée". J'ai entendu ou lu : "C'est un réflexe de défense corporatiste des magistrats".

Mais je m'en fous de tout ça ! Quel message envoyons-nous à toutes les femmes victimes de violences conjugales, déjà terrorisées à l'idée de dénoncer ce qu'elles subissent ?

Je vais signer la pétition sur "Change.org" et participer à toutes les initiatives qui vont pouvoir faire exprimer ma colère.

Claude Bernardi

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