Bruxelles Brexit


« Cruel duel celui qui oppose Paris névrose et Bruxelles abruti qui se dit que bientôt
Ce sera fini
L'ennui de l'ennui
Tu vas me revoir Mademoiselle Bruxelles
Mais je ne serai plus tel que tu m'as connu
Je serai abattu courbatu combattu
Mais je serai venu. »

Au lendemain du « Brexit » (Britain exit), la petite musique européenne a changé de ton pour accompagner l’un des tournants politiques de l’Union européenne. Jamais aucun pays n’avait fait acte d’un départ volontaire. Le vieux continent s’est soudain souvenu que l’Europe des peuples existe, y compris pour lui dire non.

Et ce n’est pas n’importe quel pays : l’Angleterre, pays membre fondateur, habitué aux âpres négociations, n’ayant jamais voulu de l’euro, pourvoyeur d’accord sur mesure, faisant fi des principes de solidarité. Ironie du sort qu’elle vient de jeter, par ce vote, le Royaume uni se disloque lui aussi !

Les conséquences immédiates de ce référendum n’ont pas tardé à se manifester : les entreprises britanniques cotées en bourse ont vu leur valeur chuter, tout comme le cours de la Livre Sterling. La première place boursière européenne vient de perdre son statut. L’anglais pourrait tout autant perdre celui de langue de travail officielle de l’Union européenne.

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres et la bourse de Paris a fait savoir qu’elle accueillerait avec plaisir les entreprises internationales, notamment britanniques. Pour François Hollande, l’Angleterre reste un partenaire économique et commercial privilégié. Et quelques économistes nous promettent une crise bien plus grave que celle de 2008. L’Angleterre endosse le rôle de parfait bouc émissaire d’une prédiction qui est en fait antérieure aux résultats du référendum britannique.

Que reste-t-il aux citoyens de cette Europe qui n’a d’union que le nom ? Un grand cynisme marqué par les propos du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker[1] qui est lui-même au centre d’un scandale fiscal impliquant 340 multinationales. Ou encore les aveux de Nigel Farage, leader du parti pour l’indépendance du Royaume Uni (UKIP), quant à sa capacité à honorer l’une de ses promesses de campagne. Les fonds versés à l’Union européenne ne pourront donc pas servir à l’amélioration du système de santé. Et la possibilité d’un référendum organisé en France prend des relents nauséabonds lorsqu’il devient un argument de campagne pour Marine Le Pen. Elle assimile patriotisme et liberté, tout comme elle amalgame démocratie et repli sur soi.

La victoire de la Vox Populi ouvre sans doute un espoir à d’autres rêves… Mais le système politico-financier a peut-être plus d’un tour de passe-passe dans son sac pour ne rien changer, bien au contraire.

« C’est la fête des anciens combattants d’une guerre
Qui est toujours à faire ».

Bruxelles, paroles et musique de Dick Annegarn (1974)

José Da Silva

 

[1] « nous n’avons pas besoin de plus ou moins d’Europe, mais d’une meilleure Europe ».

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