Aubagne : mise à l'écart d'une candidate France Insoumise

fi ecart

Après l'élection présidentielle, les élections législatives vont avoir lieu les 11 et 18 juin prochains. Toutes les forces politiques s'y préparent. Mais être candidate pour France Insoumise et travailler pour une société d'économie mixte installée sur les terres de Gazay n'est pas supportable pour le 1er magistrat aubagnais.

Lire la suite : Aubagne : mise à l'écart d'une candidate France Insoumise

Garlaban : bétonisation pour les riches

Après le début des travaux sur le « terrain Carnoli » fin avril, voilà la continuité de l’urbanisation galopante du quartier de La Louve avec le projet de nouvelles habitations au dessous du lotissement existant, représentant plus de 11000m2, sur les parcelles AY 105,107,108,166 et certainement la parcelle AY 315 qui permet un débouché sur le chemin de La Louve.

Lire la suite : Garlaban : bétonisation pour les riches

Touche pas à mon hôpital !

touchepas hopital

Quand on donne la vie, c’est la maternité de l’hôpital d’Aubagne qui a la préférence ; quand on a besoin d’un secours immédiat, rapide, efficace, c’est vers les urgences de l’hôpital que l’on souhaite être orienté ; quand les années passent et que l’on souhaite « se rapprocher », l’hôpital d’Aubagne est un élément déterminant dans le choix du nouveau domicile.

Lire la suite : Touche pas à mon hôpital !

Service réanimation de l'hôpital : le personnel, les syndicats et la population ne veulent rien lâcher

Beaucoup de monde dans le hall de l'hôpital ce jeudi 4 mai à l'occasion de la conférence de presse donnée par les organisations syndicales, Sud, CFDT, CGT, UNSA, FO déterminées et unies.

D'entrée le ton était donné par une syndicaliste de Sud qui s'exprimait au nom de l'intersyndicale :"Nous refusons de nos soumettre, nous ne lâcherons rien, nous allons nous battre, ensemble, pour gagner".

L'ARS (Agence Régionale de Santé), qui est l'organisme de tutelle qui fait appliquer les orientations gouvernementales, a, en effet, annoncé il y a quelques semaines que le service de réanimation de l'hôpital devait être transféré à la clinique privée de la Casamance.

Ce service est neuf, il en a coûté 4 millions d'euros aux contribuables sur des fonds uniquement publics. En décembre 2016, l'ARS a renouvelé l'autorisation de continuer pour 5 ans. Le taux d'occupation est de 100%. La directrice de l'hôpital nous le confirmera plus tard, le personnel a reçu une formation de très haut niveau. On ne peut pas trouver mieux en matière de compétence. Une syndicaliste de la CFDT insiste "s'il y avait un classement, nous serions dans le tiercé de tête".

D'où la conclusion unanime de l'intersyndicale : "il s'agit d'un choix politique".

Le service public de santé en grand danger

On entendra :"On va transformer les patients en clients ... sous prétexte de création d'un pôle public/privé, on veut donner de la valeur ajoutée à la Casamance : pourquoi faire ? On vous laisse deviner ... on va faire passer de l'argent public dans les poches du privé ... dans le public, l'essentiel, c'est le patient ... pendant longtemps la Casamance a refusé le rapprochement avec l'hôpital, aujourd'hui, il y a des difficultés, et on vient nous chercher ... ici, le patient, c'est notre mission ... à l'hôpital, tout le monde est reçu, riche ou pauvre ..."

Le médecin responsable du service, monsieur Heisel, confirme que son unité "c'est le bon élève" et qu'il travaille avec l'administration de l'hôpital pour faire mesurer les graves conséquences sur l'ensemble des activités hospitalières qu'aurait ce transfert.

En effet, la suppression de la réanimation, c'est moins d'accueil aux urgences, c'est une diminution importante des activités dans tous les autres services hospitaliers. En conséquence, un membre du personnel, dans le public, dira : "les aides exceptionnelles de l'ARS vont être annulées. On veut nous mettre le pied sur la tête".

D'autant plus que le budget du service public de santé est maintenant soumis à "la tarification à l'acte". Moins d'activité, moins de moyens. Les critères financiers, dans ce domaine aussi, ont pris le dessus sur les critères humains.

A ce sujet, un syndicaliste de la CFDT fera observer que la tarification à l'acte est, en fait, une arnaque. Il cite l'exemple des examens IRM où l'état paie l'acte de moins en moins cher en fonction du nombre : "Plus vous en faites, moins l'acte est rétribué".

La volonté unanime de ne rien céder

Une déléguée syndicale CGT résume en affirmant que les conditions de travail se dégradent, que la précarité des contrats se développe, que dans tous les services on travaille plus pour gagner moins, et qu'avec la disparition de la réanimation c'est tout le service public de santé qui est en cause.

Un autre de la CFDT ajoutera : "Il s'agit de coûts et de coups. Des coûts supplémentaires pour l'hôpital et un coup social immense".

Tous ont insisté sur le fait "qu'ils n'étaient pas anti-privé, mais déterminés à défendre le service public". L'intersyndicale dénonçait un audit qui a permis de lancer la procédure, particulièrement insuffisant puisque, par exemple, seul le service de réanimation de la Casamance a été visité, pas celui de l'hôpital. Cela ressemble à l'audit organisé par le maire d'Aubagne pour privatiser la restauration scolaire.

C'est la première fois en France, et cela se passe à Aubagne, qu'un pôle public/privé est envisagé en transférant un service de réanimation. Douze médecins et 48 personnes, infirmiers-ères et aides soignant-e-s sont concernés, mais il semble que tout le personnel hospitalier est bien décidé à ne pas laisser faire.

Un groupe de travail est en place pour faire des propositions à l'ARS et pour faire mesurer l'impact pour toute l'activité de l'institution hospitalière.

Au delà, chacun et chacune à leur tour, l'intersyndicale, les organisations syndicales départementales, le personnel présent, le maire honoraire d'Aubagne ont crié leur volonté de ne rien céder, comme pour l'IRM hier.

Des manifestations avec la population sont prévues, une demande de rencontre est demandée au Directeur Général de l'ARS, tous les candidats aux législatives vont être interrogés. Sachant que, pour l'instant, du côté du maire et de son adjoint à la santé, c'est silence radio.

Avant de se quitter, tous les présents ont repris en coeur : "Avec la population, on ne lâchera rien".

Claude Bernardi

 

Rencontre avec la directrice de l'hôpital d'Aubagne

Après la conférence de presse donnée par l'intersyndicale de l'hôpital, la directrice de l'hôpital, madame Florence Arnoux, a fait savoir qu'elle souhaitait rencontrer les médias présents.

Les journalistes de Mèfi.tv, de La Provence et de La Marseillaise, se sont retrouvés dans son bureau pour écouter le point de vue de la direction de l'hôpital ou plus exactement celui de l'ARS (Agence Régionale de Santé).

De ce point de vue donc, la décision se justifie pour au mois trois raisons principales :

- la "fuite" des patients du territoire vers les structures médicales marseillaises par manque d'un "plateau" médical suffisamment performant ici. Plus de la moitié des malades concernés, adultes et enfants, vont se faire soigner dans la capitale régionale.

- la nécessité de renforcer de façon très sérieuse la qualité et la sécurité des soins.

- un regroupement nécessaire des deux services face à une démographie médicale trop faible dans ce domaine.

Nécessité de renforcer la qualité et la sécurité des soins

La directrice y rajoute que l'activité de l'hôpital Edmond Garcin ne cesse de se dégrader et qu'il faut travailler à associer le public et le privé pour tenter de réduire les déficits chroniques. Nous lui faisons observer que les organisations syndicales et le personnel nous ont affirmé exactement le contraire : "Dites bien que l'hôpital va très bien, que l'activité ne cesse de croître".

Elle n'a pas d'explication à cette appréciation aussi différente : "A toutes les réunions depuis trois semaines, j'ai expliqué dans quel état se trouve l'outil hospitalier".

Elle précise que le projet de pôle public / privé est en phase de finalisation depuis un an. Que c'est une condition pour améliorer toutes les filières médicales. Que c'est une orientation nationale depuis 2012 et que c'est toujours gagnant-gagnant pour le public et pour le privé (quand on lui demande de nous donner des exemples, elle nous renvoie vers les services de l'ARS).

Le pôle public /privé, c'est une orientation nationale depuis 2012

Elle rajoute qu'ici, le rapatriement du pôle maternité vers l'hôpital est en bonne voie et que pour le service réanimation, il faudra avoir les réponses au mois de juillet.

Elle affirme : "Il y a la nécessité de recomposer l'hôpital et il faut avoir une vision positive d'un partenariat public / privé qui peut fonctionner".

Elle souligne que "le maire de la ville (l'actuel, précise-t-elle, pas celui qui a parlé tout à l'heure) est très clairement à fond pour un site unique public / privé". La directrice nous conseille d'ailleurs d'aller l'interroger : "C'est lui qui gère la ville". C'est lui qui décide ?

Le maire est à fond pour

Elle termine en reconnaissant des "maladresses" concernant l'audit et assure qu'il s'agit là d'une expérimentation et que les décisions ne seront prises qu'au bout de toutes les phases de travail.

Il y a donc encore des espaces pour faire entendre la voix de la raison, de l'efficacité et surtout, la volonté de la population de ce territoire.

Claude Bernardi

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • La France Insoumise choisit Marseille +

    Les Rendez vous de l'été 2017 de La France Insoumise auront lieu du 24 au 27 août à la faculté des sciences de Marseille. Après la victoire de Jean Luc Mélenchon à l'élection législative dans la 4ème circonscription de Marseille, après sa volonté de s'installer dans un appartement de "sa" Lire la suite
  • Magnifique final pour la semaine bouliste +

    Du 21 au 28 août, le Cercle de l'Harmonie organise sa "Semaine bouliste". Pas un jour sans, au moins, une partie de pétanque : doublette, triplette, tête à tête, triplette provençale. Il y en aura pour tous les goûts. Le 28 au soir, la semaine se terminera par un concert inédit Lire la suite
  • Hôpital d'Aubagne : résultats de l'étude des médecins +

    Après la décision de l'Agence Régionale de Santé de transférer le service de réanimation de l'hôpital vers la clinique privée La Casamance, un groupe de travail constitué des médecins de l'établissement public a réalisé un audit qui a été transmis, début juillet, au directeur général de l'ARS PACA. Bien sûr, Lire la suite
  • Commémoration de la libération d'Aubagne au Cercle de l'Harmonie +

    Le Cercle de l'Harmonie va honorer comme tous les ans ses 4 membres, tombés en héros pendant la libération d'Aubagne. Ainsi le Cercle montrera une fois de plus qu'il se situe dans la continuité de l'esprit de la Résistance et de la Libération. Lire la suite
  • Ordures ménagères : préavis de grève +

      Dès le 20 juillet, Mèfi lançait un cri d'alarme (lire ici) pour prévenir de l'insuffisance des effectifs et des conditions de travail déplorables qui existaient dans le service de ramassage des ordures ménagères du Territoire. Le 2 août, le syndicat FO, largement majoritaire dans ce secteur, se réunissait en Lire la suite
  • Venezuela. Réflexions critiques sur l’assemblée constituante maduriste +

    La crise vénézuélienne et l’héritage institutionnel de la révolution bolivarienne : réflexions critiques sur l’assemblée constituante "maduriste"-lundi 7 août 2017- par Lander Edgardo (Sociologue, membre du comité d'organisation du Forum Social des Amériques, membre du conseil éditorial d'Alternatives Sud). Lire la suite
  • Bayer épouse Monsanto +

    Rappel : Bayer et Monsanto sont deux des plus grands groupes agrochimiques du monde. S'ils ne font plus qu’un, ils seront tellement puissants que les petits agriculteurs n’auront plus aucune chance de résister à leur modèle d’agriculture industrielle. Lire la suite
  • 1