« L’affaire » de la cuisine centrale portée devant le tribunal


Depuis plusieurs semaines, un temps pluvieux s’était installé au dessus de la cuisine centrale. Malgré un redoux des températures à l’approche des fêtes de fin d’année, les premiers jours de Janvier ont vu le climat se rafraîchir. La vague de froid actuelle est à l’image du rapport qu’entretient l’équipe municipale avec ce dossier pourtant brûlant. La saisine du Tribunal administratif par les élus d’opposition pourrait bien freiner les ardeurs de privatisation de monsieur le Maire.

On se souvient que malgré les promesses de travailler le cahier des charges dans le cadre de la commission sur la DSP installée le 16 décembre dernier, l’avis d’appel d’offres était envoyé à la publication dès le 4 janvier. Le coup (bas) est donc parti avant même que le Commission puisse se réunir une deuxième fois.

La stratégie de l’isolement des agents de la cuisine centrale

Les agents de la Ville, et encore moins ceux de la cuisine centrale, n’ont pas oublié que pour les vœux au personnel, le traditionnel tour des services avait été – tout comme l’administration – réorganisé pour dissimuler au mieux les absences d’un personnel démotivé. Le lieu de la cuisine centrale était ainsi ignoré comme pour fuir le symbole.

Mais la petitesse du geste n’ayant pas suffi, pour les vœux à la population, Monsieur le Maire a préféré avoir recours à un traiteur  pour préparer et servir petits fours et autres délices.

D’après quelques commentaires, seule la facture fut trop salée : 15 000 euros pour un service autrefois assuré par la cuisine centrale. Pour une équipe municipale qui crie encore haut et fort, presque 2 ans après son élection, que les finances de la ville sont catastrophiques… on ne peut que s’étonner de ce choix. A moins que cet argument politique ne s’applique pas à un Maire ayant décidé d’une énième provocation à l’encontre des agents de la restauration municipale.

Si les élus d’opposition ont souhaité ne pas se rendre à la cérémonie des vœux à l’Espace des Libertés, ils ont par contre fait le choix de se déplacer à la Cuisine centrale pour présenter les leurs à celles et ceux qui ont tenu tête pendant plusieurs semaines à la majorité municipale. Ainsi, les représentants[1] du groupe Aubagne alternative citoyenne et écologiste se sont rendus sur le site ce lundi 18 janvier.

Au programme de cet échange, la traditionnelle annonce de Bonne année rapidement évoquée, 2016 s’annonçant encore conflictuelle, a rapidement laissé place aux traces indélébiles qu’aura laissé la grève des agents territoriaux.

Face aux prérogatives d’un Maire jusqu’au boutiste, c’est la notion de service public et ses défenseurs qui en ressortent grandis. Malgré le vote de la délibération pour la délégation de service public, les premiers résistants à la privatisation travaillent à l’élaboration d’un projet alternatif.

Quand les résistances s’organisent…

La résistance a en effet de beaux jours devant elle. Elle est à la mesure de la pression que peut exercer le monarque local qui s’est mis à dos une grande partie de sa population. D’autant que les mensonges s’accompagnent de maladresses administratives aussi « pagnolesques » qu’étonnantes !

Suite au Conseil municipal du 25 novembre 2015, le groupe Aubagne alternative citoyenne et écologiste avait déjà adressé une requête au Préfet. Pour faire suite à ce premier « acte », une action devant le tribunal administratif est aujourd’hui envisagée.

Les arguments justifiant la démarche ne manquent pas et sont tout-à-fait recevables devant la juridiction concernée : refus d’une demande de suspension de séance par Gérard Gazay aux 2 vice-présidents du groupe d’opposition comme l’autorise le règlement du CM ; rapport d’audit transmis aux élus incomplet ; absence d’informations préalables au sujet des associations membres de la commission consultative sur les services publics locaux.

Si le tribunal administratif statue en faveur des plaignants contre l’actuelle municipalité, tout le travail sur la délégation de service public devra être refait. Une sanction de ce type sonnerait comme un sanglant désaveu pour l’équipe de Gérard Gazay.

Un appel à souscription ouvert à tous

Les chances de voir la délibération sur la DSP annulée sont réelles et portent aujourd’hui de nombreux espoirs parmi les collectifs, les agents et les citoyens qui étaient au cœur de la mobilisation pour la cuisine centrale. Initiée par les élus d’opposition, la démarche se veut donc ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent freiner les élans dictatoriaux de l’actuelle municipalité.

Pour soutenir le mouvement, une grande souscription a été lancée. Les fonds récoltés serviront à couvrir les frais de procédures qui s’élèvent à quelques 4800 euros. Une somme qui devrait rapidement être couverte par le soutien d’une population de plus en plus insatisfaite et en colère !

Déjà la CGT, la FSU, EE-LV, le PCF, Aubagne à venir, l'Appel des cent, l'Asdel ont décidé de participer à cette souscription. Les réponses des Parents en colère et de Vivre Aubagne autrement qui ont, eux aussi, participé au mouvement de novembre-décembre, sont attendues. D'autres organisations pourraient les rejoindre.

Gérard Gazay a beau penser qu’il fait la pluie et le beau temps, il y a avis de tempête sur la Mairie d’Aubagne-en-Provence.

José Da Silva

 

[1] Daniel Fontaine, Magali Giovannangeli, Denis Grandjean, Ndjima Ait Abbas et Hélène Lunetta.

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