Cuisine centrale : Gazay sous surveillance


Le maire d'Aubagne a perdu son premier bras de fer avec le service public.

« On n'a pas encore tout gagné, mais lui, il a déjà perdu ». L'expression de ce syndicaliste résume assez bien le sentiment qui prévaut aujourd'hui au sein du personnel communal de la Ville d'Aubagne et des parents d'élèves, au terme du conflit qui les a opposés, durant plus de deux semaines, à Gérard Gazay et à sa majorité.

Et la presse ne s'y est pas trompée. « Les manifestants forcent la porte des négociations » titrait hier La Provence, tandis que La Marseillaise saluait une « Fin de conflit favorable au service public ». Au-delà des avancées rappelées par ailleurs ( lire Les manifestants forcent Gazay à négocier), le protocole d'accord adopté mercredi, à l'issue du dix-septième jour de grève, inaugure en effet une nouvelle période dans la vie de la municipalité de droite élue en mars 2014. Si tant est qu'il ait dépassé les premières semaines, l'état de grâce dont bénéficie tout nouveau maire après son élection est bien terminé.

Gérard Gazay qui se présentait aux agents communaux et aux habitants comme « le maire de tous les Aubagnais, après 50 ans de communisme », tout en se réclamant d'Edmond Garcin (!) est apparu aux yeux de tous pour ce qu'il est : un politicien de droite qui vomit tout ce qui faisait la fierté d'Aubagne : l'initiative sociale, le dynamisme associatif et culturel, la participation citoyenne, la convivialité, l'attachement au service public.

L'affirmation d'une identité progressiste

C'était tout cela, il n'y a pas si longtemps l'identité d'Aubagne. C'est dire l'importance du succès obtenu dans le combat contre la privatisation de la cuisine centrale. Mesure-t-on ce que représente l'affirmation de cette identité progressiste dans le contexte politique national ? Mesure-t-on ce que signifie une grève dont la motivation première n'est pas une revendication corporative, aussi justifiée soit-elle, mais la défense de l'intérêt général face aux idéologues du tout-privé ? Et une grève victorieuse, même si l'action engagée pour le service public prend maintenant une autre forme ?

Aubagne va-t-elle recommencer à respirer, à investir dans le bien-être des habitants, sans que le catéchisme libéral et la litanie sur la dette ne servent de cache-sexe à l'immobilisme et à l'incompétence ?

Les grévistes de décembre ont soulevé le couvercle et il leur revient maintenant d'exercer la surveillance indispensable au sein de la commission de travail arrachée de haute lutte.

Pas de crainte à avoir : la détermination manifestée par les agents tout au long du conflit, en dépit des pressions, des menaces et des tentatives de division, l'intelligence et le sang-froid de leurs organisations CGT et FSU, la mobilisation à leurs côtés des « parents en colère » et le soutien actif des élu(e)s d'opposition en constituent la meilleure garantie.

Chapeau bas.

 

Dominique Palmi

 

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • L'AFC enfin à sa place +

    La principale information sportive de ce week-end c'est la victoire finale de Rui Costa au Tour Cycliste d'Abu Dhabi. Cette course est en train de dépasser le Tour de France... pour les primes de départ offertes aux équipes et aux coureurs.Dans les évènements de moindre importance, il y a eu Lire la suite
  • Enfants de-ci de-là +

      Le 4 mars, de 16 à 18 heures, aura lieu le vernissage de l'expo photos de Patrick Massaïa "Enfants de-ci de-là". Ce vernissage, en présence de l'artiste, sans doute l'un des tous meilleurs photographes d'Aubagne et de la Région PACA, se tiendra au Baobab Café au 16 rue Laget. Lire la suite
  • Bourse du Travail : la riposte face à Gazay ! +

    Alors que des négociations étaient engagées pour reloger les organisations (CGT ; FSU ; Loisir et Solidarité des Retraités ; Fraliberté...) qui siégeaient dans les locaux de la Bourse du travail, la Ville a rompu, par le silence, ce processus, refuse de payer le loyer au Cercle de l'Harmonie, propriétaire du bâtiment et Lire la suite
  • 400 000 euros pour un Club House et pas d’eau chaude dans les vestiaires ! +

    Le 8 février dernier, MM. Gazay et Deflesselles ont invité Bernard Laporte pour une inauguration en grande pompe du nouveau Club House du Rugby Club Aubagnais. Ce projet particulièrement onéreux (440 000 euros !) a déjà fait l’objet de quelques commentaires dans nos colonnes. Outre son coût qui cadre peu avec l’austérité Lire la suite
  • Sereina Mutuelle : une mutuelle qui écrit aux morts +

    "Sereina Mutuelle" est installée à Aubagne, rue de la République. Deux autres agences existent dans les Bouches du Rhône. Elle se définit comme "une vraie mutuelle" et elle annonce qu'elle fait bénéficier ses adhérents "d'un fonctionnement démocratique et d'un professionnalisme de la structure". Cela demande vérification. Lire la suite
  • ACIA : le retour ? +

    En ce mois de février, l'ACIA (Association des Contribuables de l'Intercommunalité d'Aubagne) vient d'élire un nouveau président. Il est responsable d'un département du groupe AG2R La Mondiale. C'est la garantie qu'on ne va pas s'éloigner des critères financiers dictés par le secteur bancaire. Ouf ! Peut-être va-t-il rattraper le retard laissé Lire la suite
  • Conseil de quartier au Charrel : c'est pas nous ! +

    Ce mardi 21 février avait lieu le conseil de quartier au Charrel. Un conseil de quartier par an comme c'est le cas dans tout Aubagne, pour le Charrel oublié (comme tant d'autres quartiers, me direz-vous !) ça conférait à la soirée une atmosphère particulière, lourde à cause de la trop petite Lire la suite
  • 1