Les enseignants d'Aubagne réagissent devant les menaces de Gazay


fsu communique

Lundi 9 janvier, dans plusieurs écoles primaires et maternelles d'Aubagne, les enseignants et les élèves avaient retrouvé leur classe avec des températures souvent en dessous de 12°C. Le maire qui a la responsabilité de l'entretien et du fonctionnement des écoles, au lieu de trouver des mots d'excuses, publiait dès le soir un communiqué envoyé aux parents et à la presse où il fustigeait les enseignants et en particulier les directeurs d'école.

Il dénonçait "quelques directeurs d'école qui ont pris l'initiative de ne pas accueillir les enfants" et il menaçait de rencontrer le recteur pour pointer la responsabilité "de quelques personnes qui veulent nuire à la qualité de vie de nos enfants dans les écoles".

Cela a suscité beaucoup d'émotions et de réactions chez les enseignants qui ont saisi leur syndicat (voir le communiqué ci-dessous). Le recteur est interpelé. Ils sont prêts à faire remonter l'affaire jusqu'au ministère.

Dans l'immédiat, la FSU appelle les enseignants à se rassembler vendredi 13 janvier à 18h devant l'espace des Libertés à l'occasion des voeux du maire à la population pour protester contre le communiqué municipal.

 
La rédac
 

Communiqué du syndicat départemental :

Comment faire classe quand il fait 12°C, ou moins, dans une classe ?

Nombre d’écoles du département connaissent de gros problèmes de chauffage en cette rentrée. Ca n’est pas nouveau, l’enquête SNUipp-FSU 13 de l’an dernier sur les locaux des écoles de Marseille montrait que 74% des écoles de la ville étaient confrontées à des problèmes thermiques ! Classes dans des préfabriqués peu adaptés, manque d’isolation, défaut d’huisseries, vétusté des bâtiments sont autant de causes de basses températures.

Cependant cette situation semble se dégrader car de nombreuses communes semblent mettre en place des mesures destinées à réaliser de économies sur le dos des élèves et des personnels : absence de chauffage les week-ends, reprise tardive les lundis matins, baisse des températures dans les locaux…
C’est ainsi que de nombreux collègues,en reprenant la classe la semaine dernière, ont pu constater des températures parfois très basses, jusqu’à 5°C, et souvent aux alentours de 12 à 14°C.

S’il est vrai qu’il n’existe pas de seuil légal en deçà duquel il n’est pas possible de fonctionner, il y a bien une réalité qui s’impose ! C’est pourquoi, dès le 12 juin 2014, la FSU avait proposé au CHSCT-13 un avis voté à l’unanimité qui demandait le respect de températures minimales (18°C) comme maximales. (lien) Cependant, notre employeur, qui s’est dit favorable au suivi de cet, ne se préoccupe pas vraiment de sa réelle application.

Dès lors, en cas de températures particulièrement basses, les enseignants alertent souvent les parents et leur demandent, par souci de protection de leur enfant, surtout des plus petits, fragiles, s’ils peuvent garder leur progéniture. Quoi de mal à cela ? En effet, il faudrait être bien éloigné de la réalité d’une journée de classe pour croire qu’on peut faire faire du sport toute une journée aux élèves, entre les tables pour qu’ils se réchauffent !

Si le SNUipp-FSU 13 va lancer une enquête dans les écoles afin de savoir dans quelles conditions les élèves et les enseignants doivent travailler, et se retourner vers le DASEN, garant de notre santé, comme vers les communes, il s’adresse immédiatement au Recteur concernant les enseignants d’Aubagne, gravement mis en cause par la Municipalité dans un communiqué adressé aux parents d’élèves !

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • Unanimité contre le transfert du service réanimation de l'hôpital d'Aubagne ? +

    Après avoir, en décembre 2016, prolongé pour 5 ans l'autorisation d'activité du service réanimation de l'hôpital d'Aubagne, l'Agence Régionale de Santé faisait savoir au printemps 2017 qu'il fallait transférer ce service vers la clinique privée La Casamance. Pourtant rien n'est joué. Lire la suite
  • Conseil municipal de Cuges : Le Roi est nu +

    Fait rarissime qui traduit à lui tout seul la déliquescence de la majorité de Bernard Destrost, maire de Cuges les pins, le conseil municipal de lundi 26 juin a du être reporté faute de quorum. Seuls 12 élus de la majorité (sur 20) étaient présents, le quorum étant de 14 Lire la suite
  • Conseil de territoire inutile: la preuve ! +

    Depuis le 1er janvier 2016, le gouvernement Hollande/Valls avec l'accord du maire de Marseille, a supprimé  6 communautés d'agglomération du département des Bouches du Rhône (ici, la communauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Etoile) pour créer une "monstropole", de 92 communes, 3173 km² et 1,83 millions d'habitants. Lire la suite
  • Les femmes et le philosophe +

    Cette semaine, Raphaël Enthoven, philosophe de son état, et accessoirement chroniqueur tous les matins sur Europe 1 dans la matinale, a abordé le "phénomène" du manspreading. Pour rappel, il s'agit de l'action d'écarter ses jambes dans les transports en commun de sorte que l'on occupe plus que son propre siège Lire la suite
  • L'intersyndicale et les élus d'opposition +

    Les élus du groupe « Aubagne alternative citoyenne et écologiste » ont rencontré l’intersyndicale de l’hôpital vendredi soir. L’échange a permis de revenir sur la déclaration éloquente et étayée de l’intersyndicale après son rendez-vous avec l’ARS (voir notre article). Ils et elles en retiennent le mépris, on les comprend ! La discussion a Lire la suite
  • Du théâtre avant toute chose +

    Depuis 2009, l'atelier théâtre Zone&Cie explore les multiples facettes du théâtre contemporain en s'attaquant chaque année à une oeuvre exigeante de ce répertoire avec beaucoup d'enthousiasme et d'énergie. On se souvient entre autres du travail original et inventif que la troupe et son metteur en scène ont réalisé par le passé sur "Jardinage humain" Lire la suite
  • Témoignage d'un salarié de la SPL "L'eau des Collines" +

    Après notre article sur les nouvelles plaques pour "L'eau des Collines", nous avons reçu ce témoignage d'un salarié qui vient de quitter cette Société Publique Locale qui n'a plus de "publique" que le nom.  Lire la suite
  • 1