Echec de l'opération de com !


operationcom

Jeudi 20 octobre, l'Espace des Libertés recevait une réunion publique à l'initiative de la majorité municipale qui devait nous faire connaître les grands projets prévus jusqu'à la fin du mandat pour l'aménagement du centre ville, de Blancard à Beaumond, de Rastègue au Bras d'Or, de Voltaire à l'esplanade De Gaulle.

Tous les élus de l'équipe à Gazay et leur famille étaient là, quasiment tous les cadres municipaux, en tout 250 personnes présentes. Correct, sans plus. 150 chaises supplémentaires prévues n'ont pas été installées. Mais l'essentiel n'était pas la salle, puisque après cette soirée toute une batterie d'outils de propagande sont prêts.

A la tribune, le maire, seul élu, avec celui qui fait fonction de Directeur des Services Techniques, Jean Marc Bonino. La présence de Barthélémy a été indiquée par "La présidente du conseil de territoire est dans la salle", sans citer son nom.

Un petit film avec une très forte musique d'ambiance en début de séance, puis une heure de présentation, un temps pour le maire et un temps pour le "technicien". A noter, les interruptions, visiblement longuement préparées en amont, du maire pendant la présentation de J.M. Bonino, avec l'objectif de traduire "en langage politique" ce que le représentant de l'administration était censé exposer techniquement. En fait le professionnel est un talentueux politique ... de droite bien entendu.

Encore des mensonges du maire

Le spot d'introduction déroulait les 5 points qui allaient être déclinés : le patrimoine, la mobilité, l'économie, l'habitat et le cadre de vie. Deux éléments du film donnaient le ton de la soirée. Le premier concerne les dates. La première partie tente de montrer, en quelques petites minutes, la construction de la ville et les années défilent de 1005 à 2016. Arrêt sur 2016, les projets arrivent, et le défilement continue jusqu'en... 2080. 64 ans pour la mise en œuvre des projets. Il va falloir prendre son temps. On va faire très modeste chaque année.

Le deuxième porte sur le choix des mots, après la présentation de tous les projets "on" nous écrit une formule finale en immenses lettres sur écran géant (ce n'est pas eux qui voulaient réduire les frais de communication ?) qui affirme une volonté politique de la majorité municipale : "Un espace de vie... embelli". Tout ça pour ça ! Ils veulent, juste, tenter d'embellir le centre ville.

Soulignons deux nouveaux mensonges du maire. Il affirme, avec beaucoup de conviction : "Il y avait 23 policiers municipaux, il y en a 47 aujourd'hui". Faux : il y en avait 27, il y en a 33 aujourd'hui (chiffres vérifiables dans le tableau des effectifs de la commune). C'est à dire la même évolution que dans la mandature précédente. Le reste, ce sont des agents verbalisateurs, pour l'essentiel des agents reclassés de la cuisine centrale.

Vous allez discuter des matériaux et des couleurs des trottoirs

Deuxième mensonge : "Nous avons fait baisser la dette de 5 M€ par an et nous allons continuer". Faux : la dette qui sera présentée au budget 2017 est plus importante que la dette inscrite au budget 2013. Nous publierons les documents au moment du budget.

Et une magnifique conclusion de sa présentation, en se prenant pour un astre : "Si nous faisons cela (quoi ?), c'est parce que les planètes sont alignées, les finances de la ville sont saines (tout a été redressé en 2 ans ? Elles ne devaient pas être si catastrophiques que ça !), le conseil régional va nous aider (comme depuis 18 ans !), le conseil départemental va nous aider (comme depuis plus de 40 ans)".

Puis les projets arrivent, beaucoup de formules, des cartes, mais quasiment que des intentions. Un mot sur le patrimoine, Jean Marc Bonino, le marseillais condescendant, nous invite à le redécouvrir : "Les Aubagnais ont oublié leur histoire, ils passent à côté de leur patrimoine sans le voir". Lui qui, il y a encore deux ans, ne savait pas situer Aubagne sur une carte. Il ne connaissait que Marseille.

On nous parle du centre ville comme tous les cabinets de conseil en stratégie d'urbanisme/communication savent le faire. On ne fera pas le cours Voltaire, il faudra attendre le Val'Tram. On ne fera pas Foch, trop grand, trop cher. Il faudra attendre pour l'Esplanade De Gaulle, trop complexe. La gare, le pôle d'échange, tout ça est déjà merveilleux, on n'y touchera pas. L'espace du CREM (Centre Régional des Espaces Mécaniques) de la SNCF, il faudra voir un jour si on peut le faire récupérer par l'EPFR (Etablissement Public Foncier Régional) pour y faire une opération logement (de luxe bien sûr).

Uniquement des déclarations d'intention

Mais alors quoi ? On va concentrer les efforts pour les rues Rastègue et Martinot, Delfieu et Barthélémy (le cours !), le début de la rue de la République (en s'arrêtant avant Beaumond) et l'îlot Bras d'Or.

Pour Rastègue, Martinot, Barthélémy, Delfieu, La République, ça va être grandiose : on va mettre les trottoirs au niveau de la chaussée ! Ils appellent ça un "espace partagé" entre les voitures et les piétons. Un vrai bouleversement ! Un simple... embellissement. Pas d'inquiétude, la population sera concertée (lieu dédié, urnes, AJJ, vote sur un site, facebook, etc), avant et pendant tout le déroulement des travaux sur... le choix des matériaux et des couleurs ! Travaux superficiels donc, mais attention : "On ne vous parle ce soir que des années 2017 et 2018". Ouf !

Pour le reste, mais on ne sait pas pour quand, ils ont programmé deux parkings de plus, sur Sicard et Blancard, histoire d'augmenter un peu plus la place de la voiture dans le centre. Sans doute pour satisfaire leurs "élues commerçantes" qui n'ont toujours pas compris comment fonctionne une vraie attractivité de centre ville.

L'îlot Bras d'Or va absorber l'essentiel des propositions. Un palais des congrès (où il va venir des congressistes par milliers !), des surfaces commerciales de plus de 200 m² pour accueillir des grandes enseignes (le manque essentiel pour le centre ville d'Aubagne, c'est l'absence de vêtements masculins !) et des appartements de haut standing vont y être construits. Personne n'en parle, mais cela signifie qu'on va détruire la piscine, la salle du Bras d'Or, les sièges des clubs, le Mac Do....

Avec cependant quelques (gros) obstacles. Le PPRI (Plan de Prévention du Risque Inondation) rend cette zone inconstructible. Le Palais des Congrès doit être réalisé par la métropole qui n'a pas les financements. Les grandes enseignes ne s'installent plus en centre ville sauf quand les communes négocient une contre partie (Les Gargues en étaient une !).

Les Palais des Congrès sont TOUS en difficulté. Agora en Zone Industrielle des Paluds (qui devra donc fermer) ne fait pas le plein. Le Palais des Congrès de Marseille est en déficit et recherche, en permanence, des "clients". Les "milliers de congressistes" risquent d'avoir la même couleur que les "milliers de croisiéristes" qu'un directeur de cabinet avait annoncé antérieurement et dont Aubagne n'a jamais vu l'ombre d'un seul.

Autant de congressistes que de croisiéristes

Bref, beaucoup de propositions type "catalogue constructeur" : "Monsieur vous avez besoin de quoi ? Madame qu'est-ce qui vous ferez plaisir ?". Et comme c'est la SOLEAM (Société Locale d'équipement et d'aménagement de l'aire marseillaise) qui va piloter et quand on voit ce que cela donne à Marseille (ravages sur les commerces, surcoûts, délais trois fois supérieur à la normale...), on peut s'inquiéter.

On va y rajouter deux choses. La première, c'est que le Conseil régional (la première planète) n'a prévu de financer que des études. La deuxième, c'est que le Conseil départemental ( la deuxième planète ) ne croit pas aux financements des 12,5M€ annoncés. Marseille, 900 000 habitants et priorité absolue de Martine Vassal, va recevoir 100 M€. Comment Aubagne 47 000 habitants (20 fois moins) et sans doute moins prioritaire aux yeux de la présidente, pourrait-elle recevoir, seulement, 8 fois moins ?

Il se dit dans les couloirs de l'institution départementale qu'Aubagne n'aura ni les moyens techniques, ni financiers (pour obtenir les 12,5 M€ du département, il faut qu'Aubagne participe pour la même somme) et qu'après 2020, le Conseil départemental disparaîtra au profit de la métropole dont la gouvernance est marseillaise. Cela peut expliquer que personne n'a hésité sur le montant affiché et qui ne sera qu'une affiche.

Les 12,5 M€ du département ne pourront pas être utilisés

Tout cela se fait dans le même temps où les parents d'élèves revendiquent du papier toilette pour les enfants dans les écoles maternelles, où les appartements de "Terre de Garance" ressemblent à des piscines, où ceux des Passons se fissurent, où les agents paient une redevance pour les boissons à la commune, où les employés communaux n'ont plus les moyens de travailler, où la MJC est menacée de disparition pour faire des économies, où les équipements sportifs et les bâtiments communaux se dégradent faute d'entretien quotidien, etc, etc.

La zone à 30 n'existe pas

Une dernière anecdote. Pendant plusieurs très longues minutes, le technicien, puis le maire, puis le technicien, puis le maire, nous ont expliqué l'existence d'une merveilleuse "Zone à 30" dans le centre ville. Une dizaine de minutes plus tard, le "technicien" nous apprend que cette zone n'a "qu'une existence juridique. Il y a des panneaux, des arrêtés du maire. Mais, en fait, elle n'existe pas" nous dit-il. Cela illustre la soirée et l'échec total de la campagne de communication avant qu'elle ne commence.

Antoine Monticellu

P.S.: dernière minute, l'ingénieur des services techniques de la ville, chargé de l'aménagement urbain et paysager du centre ville, a vu son contrat non renouvelé pour des raisons d'économies.

 

 

 

 

 

 

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