Je suis l'autre ou Avignon : ce que le théâtre permet

J’ai eu envie de partager avec vous ce texte. Je ne sais pas combien parmi les lecteurs de Mèfi.tv se rendront en Avignon pour découvrir la richesse de la création théâtrale. Je ne sais pas combien iront dans les salles de théâtre dès septembre revenu. Mais il me semble que la réflexion d’Olivier Py, dans l’éditorial du programme du 69ème festival d’Avignon, doit être partagée parce qu’elle pose les questions du politique, du combat à mener pour un monde meilleur, de la place et du rôle de la culture. Le Festival d’Avignon c’est un champ utopique, comme il le dit si bien, mais cette utopie nous aide à vivre, à avancer. « Artistes, spectateurs, citoyens, notre tâche est grande car il ne s’agit plus seulement de préserver une part de culture dans la rapacité des temps marchands », écrit l’homme de théâtre, « mais de faire entrer la culture dans un projet de société qui n’existera pas sans elle ».

La lecture de ce texte m’aide à comprendre ce qui se joue avec la Grèce, elle m’ouvre des horizons, me fait m’interroger sur ce que nous vivons, j’espère qu’il en sera de même pour tous les lecteurs.

HD

 

JE SUIS L'AUTRE

Il aura fallu la tragédie du mois de janvier pour que la classe politique convienne que la culture et l'éducation sont l'espoir de la France. Qu'en reste-t-il ? La culture sera-t-elle demain cette éducation citoyenne de l'adulte qui changerait réellement le lien social ? L'éducation deviendra-t-elle enfin le réel souci de la nation, la volonté de créer des êtres pourvus de sens critique et capables de s'inventer un destin ? Et les citoyens, passée la prise de conscience, oseront-ils parier sur la culture plutôt que sur l'ignorance, sur le partage plutôt que sur le repli, sur l'avenir plutôt que sur l'immobilité ? Ce réveil douloureux de la France ouvre-t-il le temps où la culture ne sera plus un ornement touristique ou un luxe superfétatoire mais un lien transcendant les classes, une richesse à faire fructifier et le destin même de la Politique ? Le mot de culture s'est élargi d'un coup aux définitions fondamentales de la république, de la laïcité, de la citoyenneté et de la fraternité. Qu'en restera-t-il quand, dans quelques mois, les fausses évidences économiques nous auront fait perdre le goût du possible ? 

Artistes, spectateurs, citoyens, notre tâche est grande car il ne s'agit plus seulement de préserver une part de culture dans la rapacité des temps marchands, mais de faire entrer la culture dans un projet de société qui n'existera pas sans elle. C'est bien en cela que nous devons pousser ce subit élargissement du terme culture jusqu'aux conditions de l'organisation générale d'une société meilleure. Le mot de politique lui-même, nos concitoyens ne l'entendent plus que comme machination de partis, stratégie de pouvoir, affairisme sans civisme, et il nous appartient de lui redonner des lettres de noblesse et un avenir. Dans ce combat, il n'y a ni hiérarchie ni clivage ; le public, les professionnels de la culture et de l'éducation partagent un même engagement, combattent coude à coude. Il faut agrandir le destin de chacun avec le destin de l'autre, offrir une alternative au communautarisme, promouvoir l'amour de l'esprit, donner sa chance à toutes les formes d'intelligence, faire que les enfants de notre pays ne rêvent pas uniquement d'être milliardaires, mais d'être au monde dans l'ouverture et la joie. 

Quelle belle idée de penser que l'immense mouvement qui a réuni la France a finalement convergé vers cette formule parfaite « je suis l'autre ». C'est dans le phénomène humain le plus grand mystère et la plus grande nécessité. On imagine l'artiste narcissique, mais sa liberté inaliénable n'existerait pas si elle n'était tournée vers une altérité habillée d'or, vers une ivresse d'échapper à soi-même, de connaître tous les destins et en particulier de ceux qui n'ont pas la parole. 

Avignon ouvre son champ utopique à la manière d'une question incessante : avons-nous renoncé à un monde meilleur ? La force d'Avignon, toujours reconduite par son public, c'est de poser cette question non pas seulement en termes intellectuels, mais dans ce moment d'expérience partagée que sont les trois semaines du Festival. Qu'est-ce qu'un festival réussi ? Peut-être celui qui prend acte d'un changement du monde et arrive par la force des artistes et des applaudissements à accueillir ce changement avec un plaisir paradoxal. Bien sûr, la lucidité sera au rendez-vous, elle n'a jamais été absente des plateaux contrairement à ce qu'un certain nombre voudrait croire, imaginant l'artiste hors du réel, quand ce sont souvent les politiques et les élites qui s'en trouvent forclos. Mais cette lucidité n'est pas synonyme de désespoir ; elle n'a pas la violence des statistiques, le dogmatisme des évaluations. Elle est chargée de ferments et de vie, elle est faite d'indignation non de résignation, elle s'oppose au glacial silence des chiffres. Même si la guerre est présente dans beaucoup d'oeuvres de l'édition 2015, c'est pour limiter son pouvoir de séduction et comprendre les moyens d'arrêter sa fatalité. 

Avignon, c'est trois semaines de grand et beau bruit, non pas de celui qui empêcherait d'entendre le chant du monde mais de ce bourdonnement des foules désirantes, de ce tohu-bohu des fêtes, de ce tintamarre des espérances. On peut parfois être épuisé de ce bruit et se rafraîchir à l'ombre d'un silence plein de bruissante intériorité, il y a, au sens propre comme figuré, assez de jardins dans cette ville-festival. Mais quelque chose est rompu du silence désespéré ou coupable, du silence où l'on se sent dépareillé et seul. Au-dessus de nous, les étoiles du ciel d'Avignon jalousent nos questions et notre impatience, car on n'apprend pas à être humain en étant séparé de l'humanité. 

Olivier Py

 

Avec Mr Pittera, c'est “pile je gagne, face tu perds”

Bacheliers, fini le stress avant l'épreuve du BAC, un conseil, participez à la correction de vos copies, et vous aurez votre diplôme.

Metteurs en scène, vous lorgnez sur la palme d'or au Festival de Cannes, un conseil, faites partie du jury.

C'est en deux exemples, ce que font la Direction de l'Agglo et Mr Pittera au sujet de l'avis que doit donner le conseil de développement sur le projet de Val tram de la voie de Valdonne.

En effet, Mr Pittera, qui a élaboré ce projet, participe sans état d'âme et sans se poser de questions à l'élaboration de l'avis sur ce même projet.

Ce monsieur est boulimique d'élaboration. Tout ce qui est élaboration l'intéresse. Vous désirez élaborer, faites appel à Mr Pittera.

Outre Mr Pittera, une dizaine de personnes ont été présentées par la Direction de l'Agglo et peut être Mr le Maire d'Aubagne pour faire partie de ce groupe de travail. Seules 2 personnes (dont Mr Pittera) ont été particulièrement actives. Les autres étaient-elles là au cas où un vote soit nécessaire pour faire acter certains points ?

Nous savions qu'à travers la mise en place de la consultation "citoyenne", la Direction de l'Agglo avait une drôle conception de la démocratie, mais là, ça dépasse les bornes.

Pour finir sur une note humoristique, la question est de savoir si Mr Pittera participera à l'élaboration matérielle du projet ? Va-t-il poser les rails?

Maurice

A force !

A force de couper les budgets,

A force de liquider les structures et les associations artistiques et culturelles,

A force de vider le centre ville des événements festifs et des arts de la rue,

A force de ne plus jamais proposer d'initiatives citoyennes notamment sur l'espace public,

... On se retrouve avec une ouverture de l'été démunie, rabougrie, dégarnie de monde mais décorée d'uniformes de la police municipale et de la sécurité ! Une fête de la musique décevante, affaiblie...

Heureusement, les talents actuels de notre ville, les jeunes musiciens issus d'une histoire de créativité suggérée et encouragée depuis des décennies, étaient là et malgré tout ont permis aux inconditionnels du plaisir des notes et de la rencontre, de savourer de beaux moments...

Et de redonner de la force !

La force de déambuler, 

La force de se dire que rien ne vaut ces temps artistiques et gratuits, comme doit l'être la vie,

La force de vouloir recréer des temps où la culture redevient une priorité parce qu'elle est l'expression de l'humanité par excellence,

La force des majoritaires de cette ville: ceux et celles qui veulent vivre et vivre bien !

 

 

Bravo !

A la MJC, jeudi 23 avril, la salle était comble et au comble de la satisfaction intellectuelle qui tire la langue à ces temps d'indigence réflexive, dont Aubagne est devenue, par la voix de ses représentants élus une championne.

Laïcité et culture... Le beau programme d'une conférence dont je ne vous infligerai pas un compte rendu exhaustif ou une exégèse. Deux procédés qui dans le meilleur des cas sont indigestes et dans le pire des cas détournent ou galvaudent les propos des orateurs .

Et en l'occurrence, Henri Pena Ruiz mérite d'être écouté, celles et ceux qui ont eu cette chance jeudi soir vous le diront !( D'ailleurs, vous pouvez profiter de cette belle tranche d'intelligence sur la radio web "la Fourmili Aires" de la MJC.)

En philosophe soucieux des êtres humains qui l'entourent, il a encensé l'initiative, Yvonne Peaudau qui l'a sollicité au nom de la Ligue des Droits de l'Homme et l'ancienne présidente du comité local, "notre" regrettée  Paule Abric, dont on peut saluer l'oeuvre -féministe entre autres, sur la ville... (et tant qu'elle n'est pas débaptisée, la maison des femmes victimes de violences porte son nom).

Chaleureuse entrée en matière !

Poursuivie par le témoignage du conférencier de toute sa solidarité à la MJC pour le bien fondé de ses initiatives et du rôle qu'elle joue.

Le ton était donné !

J'ai tout de même envie de vous livrer en toute subjectivité, quelques pans de cette mémorable soirée ! Je n'y résiste pas pour mieux résister à l'air du temps !

La laïcité est une valeur d'avenir, elle a vocation à essaimer au delà des pays où elle vit (tant bien que mal, mais elle a mal...), la France la Turquie, le Mexique.

Voilà qui concluait une heure et demi de propos.

Où l'on a réappris les essentiels de la Révolution Française, avec une déclaration des Droits de l'Homme  fondatrice.

Où l'on s'est frayé un passionnant chemin sur les dépassements des traditions aliénantes ou mutilantes de l'intégrité physique ou morale des hommes et surtout des femmes.

Où l'on a piétiné le patriarcat, soumettant encore les femmes.

Où l'on a déambulé dans l'univers de la culture émancipatrice dont le porte flambeau majeur doit être l'Ecole, l'Instruction Publique.

Où l'on s'est baigné dans un océan qui mêle les croyants et les athées dont la laïcité permet "l'alliage" et forge une civilisation "creuset" du vivre ensemble.

Où l'on a évité les pièges des faiseurs d'illusion et des raccourcis tendant à réduire la laïcité à une dangereuse juxtaposition de communautés qui les met en concurrence et peut entraîner, quand ce n'est pas déjà fait, la domination de l'une sur les autres.

Et, du coup,

Où l'on a la confirmation de l'inadmissible en oeuvre à Aubagne : la prégnance et la prépondérance de la religion catholique sur l'espace public invitée par ses édiles, bafouant ainsi une République  laïque dont ils sont normalement les représentants...

Une soirée de résistance, en somme, qui en appelle d'autres !

Faites-vous du bien ! Penchez-vous sur le propos de Pena Ruiz pour ne pas courber le dos !

M.G.

 

 

 

Le Maire qui n'aimait pas compter

Ancien instit, j'ai un point commun avec Gérard Gazay. Lequel ? Selon l'article du 19 mars 2015 publié par SLATE, média en ligne, il aurait déclaré «Moi, j'aime la vérité des chiffres et je ne me défile pas : au premier tour, j'ai fait 42% et Fontaine 37%. Le FN, lui, fait 21%. Au deuxième tour, le FN perd 10 points. Fontaine fait 42% et moi 53%...».

Comme lui, j’aime la vérité des chiffres, et je les offre souvent à ma calculette, qui les adore mais ne les digère que quand ils sont bons. Eh bien là, elle les a recrachés. Je lui ai dit vertement ce que je pensais d'elle, à quoi elle m'a répondu : « Compte avec moi. Premier tour : 42% + 37% + 21% = 100 %. OK ? ». Je ne pouvais dire que : «OK ! ». Elle a repris : « Deuxième tour, le FN perd 10 points, ce que je traduis par – 10%. Donc 21% - 10% reste 11%. Alors 42% + 53% + 11% = 106%.» Perplexe, j'ai vérifié sur Internet, et j'ai dit à ma calculette : « Gazay 47,49% (pas 53%), Fontaine 40,87% (pas 42%) et FN 11,62% (pas 11%). Là, ça fait combien ? ». « 47,49 + 40,87 + 11,62 = 100%, à une ou deux poussières près (exactement 99,98%) » a dit ma machine.

Alors soit le Maire a mal articulé, soit le journaliste a mal compris. Parce que, enfin : la vérité des chiffres c'est la vérité des chiffres. Parole d'(ancien) instit ! Un dernier chiffre avant de partir : être élu par 47,49% des 68,8% des votes exprimés, ça fait 32% et quelques des inscrits, presque 1 sur 3. Et 2 sur 3 qui n'ont pas voté pour. Alors : gagnant oui, mais pas de quoi triompher.

M.D.

Tout ça pour ça !

L’association « Bien vivre en Pays d’Aubagne » s'est réuni fin avril dans la salle des sociétés de la rue Jeu de ballon. L'«évènement» a été relayé par le quotidien La Provence qui en a rendu compte dans son édition du 27 avril (voir article joint).
« Aubagne à venir » a tenu à réagir dans Mèfi!

Lire la suite : Tout ça pour ça !

Réflexions post 1er Mai

A l'approche du 1er mai les médias français se sont mobilisés contre les syndicats ; pointant le petit nombre de syndiqués et surtout leur appartenance à la fonction publique ; sondages à l'appui et bien sûr interviews de circonstance.

J'ai enfin compris pourquoi les dirigeants européens veulent faire rentrer la Turquie dans l'Union : c'est le seul pays qui bombarde les manifestants du 1er mai au canon à eau et aux gaz lacrymogènes (suivez le bon exemple).

Les Grecs sont toujours les mal aimés de l'Europe : une symphonie orchestrée par Bruxelles avec aux violons Sapin, Draghi, le ministre allemand de l'économie, à la grosse caisse Lagarde, et au tambour Moscovici, a sommé le peuple grec de continuer son lent suicide...

Le directeur du journal Le Point a été d'une virulence et d'une violence impensables contre Tsipras et bien sûr Mélenchon...

Les médias français ont profité de la fête du travail pour montrer en exemple un magnifique pays où l'on crée des emplois : j'ai nommé la Grande Bretagne. Imaginez donc :

  • on peut télécharger des contrats de travail pré-remplis que l'on peut modifier à l'envi.
  • on peut choisir le contrat zéro, qui ne fixe ni le temps de travail, ni le montant du salaire.

Un pays de cocagne pour les patrons.

La France souffre d'une grave maladie parait-il : il n'y a pas assez de jeunes milliardaires ! Heureusement il y de plus en plus de jeunes pauvres.

 

Herzed