La peur de perdre son confort

Il a fallu découvrir une photo d'un enfant syrien noyé pour s'émouvoir.

Ils sont trop nombreux ces d'enfants syriens à mourir chaque jour parce qu'ils sont nés dans un pays où il ne fait pas bon naître.

On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas son pays. Pourtant bon nombre de français refusent catégoriquement de recevoir dans leur pays les réfugiés syriens.

Qui sommes nous pour refuser cet accueil ? Quelle est cette peur qui nous hante suffisamment pour anéantir des valeurs humaines nécessaires au bien être de chacun ? La peur de perdre son emploi, sa sécurité sociale, sa maison, sa voiture... la peur de perdre son confort.

Mais a-t-on réellement conscience que le confort commence par celui de s'aimer ? Comment pouvons-nous nous aimer lorsque l'on oublie que ces réfugiés syriens pourraient être nous ?

On pourrait penser autrement : transformer le négatif en positif. Et si ces réfugiés nous permettaient de nous rendre compte à quel point la France est un pays extraordinaire ? Et si ces réfugiés nous remettaient dans le droit chemin, celui du partage et de la solidarité ? Et si ces réfugiés nous permettaient de sortir de notre individualisme, pour nous ouvrir au monde, à tout le monde ?

Frida Lacot

Moment d'anthologie sur le compte Facebook de Gérard Gazay

 

Le maire de tous les aubagnais poste le 8 juin : « J'ai soutenu et voté pour la gratuité des transports en 2009 lorsque j'étais Conseiller municipal dans l'opposition. Chacun connait ma détermination et mon implication pour que chaque action s'inscrive dans l'intérêt général et pour le bien-être de tous les Aubagnais. Alors soyez certain qu'avec Sylvia Barthélémy, nous ne laisserons personne décider pour les Aubagnais. Nous ne transigerons pas. La gratuité sera maintenue. »

Dont acte ! un engagement au combat dont nous n'avions pas l'habitude.

Un peu plus bas, on peut lire : « La gratuité n'existe pas, on appelle ça les impôts et/ou dettes et sur notre commune on est servi grâce à l'équipe précédente. Quel est le coût de cette "gratuité" qui malgré les sentiments affichés disparaîtra avec la métropole ... »

Les électeurs de Gérard Gazay n'ont que peu confiance dans les déclaration de leur édile !

Il va quand même falloir aussi convaincre les récalcitrants de la gratuité qui ont voté pour Gazay-Barthélémy, celle qui s'était engagée à s'attacher sur les rails du tram au cas où celui-ci devait rouler. Non seulement elle ne l'a pas fait mais en plus elle remet en route le projet Val'tram qui, lorsqu'il est présenté dans sa consultation téléphonique s'appelle le... tram ! Si, si ! Et lorsqu'on fait remarquer à l'opératrice que c'est le Val'tram, celle-ci nous répond qu'en fait c'est pareil mais qu'il va aller jusqu'à la Bouilladisse... Allez comprendre quelque chose dans cette histoire pakegnolesque !

Enfin, cerise sur le gâteau de la page Facebook de Mr Gazay : « Néanmoins Mr le Maire... je suis passé rue Rastègue il y a 2 semaines et ce que j y ai vu est plus que catastrophique. ...je suis resté 4 ans il y avait encore des commerces, de l'activité. ...et c était un vendredi....jour de marché. ....Il n y avait aucune activité ....des amis commerçants installés depuis plus de 10 ans qui ne font qu'une vente.....et que 10 commerces d'ouverts.....
Le coeur de ville est plus que mal.
Les réunions, les restaurants, les idées, les projets. ....
Moi qui voulait me réinstaller. ...
Aubagne est toujours en chute libre.... Que pouvez vous proposer de façon concrète ? »

Bien sûr, aucune réponse de l'édile. Ça promet mais ça fait pas. Ça ressemble à du Hollande ça, non ?

B.J.

Ils et elles étaient là !

Samedi 5 septembre a eu lieu la désormais incontournable fête des associations. La ville endormie a repris du mouvement, des couleurs et de la vie !

Si la vitalité associative fut une réalité pendant des années avec le "dynamiseur" que fut la création de la maison de la vie associative (et de son service public), membre du réseau français des "MVA", on aurait pu penser que la baisse voire la suppression de subventions pour nombre d'entre elles, allait faire renoncer à la mobilisation.

Et bien ce rendez-vous a tenu les engagements des femmes et des hommes engagés !

Un vrai plaisir de rencontrer les associations sportives, culturelles, humanitaires, sociales, artistiques... tout ce qui manque en fait sur l'espace public aujourd'hui !

Un moment de rencontre fort où l'on a même vu des pétitions surgir !

Des visages souriants, déterminés pour leurs projets, convaincus que la vie c'est du lien social, le faisant vivre, avec, comme à chaque fois mais, signe des temps, parfois avec plus d'urgence, des coopérations !

Juste envie de dire bravo et merci pour cette belle respiration !

Magali Giovannangeli
Conseillère municipale et communautaire

Des contrats de travail à la Ville d’Aubagne non renouvelés

« Un tel monument d'injustice ne peut subsister dans la législation d'un peuple qui se dit et se croit et veut être libre »

Comment dire que l’on s’attendait à des bouleversements dans le personnel municipal, mais à ce point et de cette manière ?

Pour avoir bien connu les collègues touché(es) par ces sanctions, des collègues qui nous le savons tous, sont avant tout des agents du service public, attaché(es) à ses valeurs et qui les ont défendues (souvenez vous des grands rendez vous du service public en 2010).

C’est en tant qu’ancienne agent du service public communal que je tiens à m’exprimer. On ne peut pas laisser dire : c’est légal, ils ou elles sont arrivé(es) en fin de contrat ! Non ! Nous nous sommes battu(es) contre les lois scélérates du travail. Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est juste. Doit on laisser faire le maire d’Aubagne, M. Gazay, le laisser agir en despote, exercer les pleins pouvoirs sur l’échiquier qui l’autorise à jouer avec les agents comme on déplace des pions ?

Déplacer les agents, les renvoyer dans leur foyer, les renvoyer « pointer » au chômage, parce que c’est la loi ? Monsieur le Maire vos motivations ne sont pas clairement exprimées, les postes ne sont pas supprimés, il n’y a pas eu de faute professionnelle ou de manquement à l’exercice de la mission des agents « remerciés », alors c’est quoi la raison ? Vos actions ont ses raisons que notre raison n’ignore pas ! Mais comme vous je ne les dirai pas.

Le service public n’est pas que l’affaire des agents mais c’est aussi l’affaire des usagers ! Ne laissons pas faire, la mairie n’est pas une entreprise privée.

Catherine Burel

Je suis l'autre ou Avignon : ce que le théâtre permet

J’ai eu envie de partager avec vous ce texte. Je ne sais pas combien parmi les lecteurs de Mèfi.tv se rendront en Avignon pour découvrir la richesse de la création théâtrale. Je ne sais pas combien iront dans les salles de théâtre dès septembre revenu. Mais il me semble que la réflexion d’Olivier Py, dans l’éditorial du programme du 69ème festival d’Avignon, doit être partagée parce qu’elle pose les questions du politique, du combat à mener pour un monde meilleur, de la place et du rôle de la culture. Le Festival d’Avignon c’est un champ utopique, comme il le dit si bien, mais cette utopie nous aide à vivre, à avancer. « Artistes, spectateurs, citoyens, notre tâche est grande car il ne s’agit plus seulement de préserver une part de culture dans la rapacité des temps marchands », écrit l’homme de théâtre, « mais de faire entrer la culture dans un projet de société qui n’existera pas sans elle ».

La lecture de ce texte m’aide à comprendre ce qui se joue avec la Grèce, elle m’ouvre des horizons, me fait m’interroger sur ce que nous vivons, j’espère qu’il en sera de même pour tous les lecteurs.

HD

 

JE SUIS L'AUTRE

Il aura fallu la tragédie du mois de janvier pour que la classe politique convienne que la culture et l'éducation sont l'espoir de la France. Qu'en reste-t-il ? La culture sera-t-elle demain cette éducation citoyenne de l'adulte qui changerait réellement le lien social ? L'éducation deviendra-t-elle enfin le réel souci de la nation, la volonté de créer des êtres pourvus de sens critique et capables de s'inventer un destin ? Et les citoyens, passée la prise de conscience, oseront-ils parier sur la culture plutôt que sur l'ignorance, sur le partage plutôt que sur le repli, sur l'avenir plutôt que sur l'immobilité ? Ce réveil douloureux de la France ouvre-t-il le temps où la culture ne sera plus un ornement touristique ou un luxe superfétatoire mais un lien transcendant les classes, une richesse à faire fructifier et le destin même de la Politique ? Le mot de culture s'est élargi d'un coup aux définitions fondamentales de la république, de la laïcité, de la citoyenneté et de la fraternité. Qu'en restera-t-il quand, dans quelques mois, les fausses évidences économiques nous auront fait perdre le goût du possible ? 

Artistes, spectateurs, citoyens, notre tâche est grande car il ne s'agit plus seulement de préserver une part de culture dans la rapacité des temps marchands, mais de faire entrer la culture dans un projet de société qui n'existera pas sans elle. C'est bien en cela que nous devons pousser ce subit élargissement du terme culture jusqu'aux conditions de l'organisation générale d'une société meilleure. Le mot de politique lui-même, nos concitoyens ne l'entendent plus que comme machination de partis, stratégie de pouvoir, affairisme sans civisme, et il nous appartient de lui redonner des lettres de noblesse et un avenir. Dans ce combat, il n'y a ni hiérarchie ni clivage ; le public, les professionnels de la culture et de l'éducation partagent un même engagement, combattent coude à coude. Il faut agrandir le destin de chacun avec le destin de l'autre, offrir une alternative au communautarisme, promouvoir l'amour de l'esprit, donner sa chance à toutes les formes d'intelligence, faire que les enfants de notre pays ne rêvent pas uniquement d'être milliardaires, mais d'être au monde dans l'ouverture et la joie. 

Quelle belle idée de penser que l'immense mouvement qui a réuni la France a finalement convergé vers cette formule parfaite « je suis l'autre ». C'est dans le phénomène humain le plus grand mystère et la plus grande nécessité. On imagine l'artiste narcissique, mais sa liberté inaliénable n'existerait pas si elle n'était tournée vers une altérité habillée d'or, vers une ivresse d'échapper à soi-même, de connaître tous les destins et en particulier de ceux qui n'ont pas la parole. 

Avignon ouvre son champ utopique à la manière d'une question incessante : avons-nous renoncé à un monde meilleur ? La force d'Avignon, toujours reconduite par son public, c'est de poser cette question non pas seulement en termes intellectuels, mais dans ce moment d'expérience partagée que sont les trois semaines du Festival. Qu'est-ce qu'un festival réussi ? Peut-être celui qui prend acte d'un changement du monde et arrive par la force des artistes et des applaudissements à accueillir ce changement avec un plaisir paradoxal. Bien sûr, la lucidité sera au rendez-vous, elle n'a jamais été absente des plateaux contrairement à ce qu'un certain nombre voudrait croire, imaginant l'artiste hors du réel, quand ce sont souvent les politiques et les élites qui s'en trouvent forclos. Mais cette lucidité n'est pas synonyme de désespoir ; elle n'a pas la violence des statistiques, le dogmatisme des évaluations. Elle est chargée de ferments et de vie, elle est faite d'indignation non de résignation, elle s'oppose au glacial silence des chiffres. Même si la guerre est présente dans beaucoup d'oeuvres de l'édition 2015, c'est pour limiter son pouvoir de séduction et comprendre les moyens d'arrêter sa fatalité. 

Avignon, c'est trois semaines de grand et beau bruit, non pas de celui qui empêcherait d'entendre le chant du monde mais de ce bourdonnement des foules désirantes, de ce tohu-bohu des fêtes, de ce tintamarre des espérances. On peut parfois être épuisé de ce bruit et se rafraîchir à l'ombre d'un silence plein de bruissante intériorité, il y a, au sens propre comme figuré, assez de jardins dans cette ville-festival. Mais quelque chose est rompu du silence désespéré ou coupable, du silence où l'on se sent dépareillé et seul. Au-dessus de nous, les étoiles du ciel d'Avignon jalousent nos questions et notre impatience, car on n'apprend pas à être humain en étant séparé de l'humanité. 

Olivier Py

 

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