Écoles : plus pour le privé moins pour le public


La lecture du Mensuel de la Ville d’Aubagne « L’AJJ » n°785 de Juin 2015 nous délivre une tribune d’expression du Groupe «Aubagne, UMP et apparentés» pour le moins étonnante, tant par le ton employé que par les arguments avancés.

L’article en question «La MJC inquiète pour son avenir» s’attache à expliciter et justifier sur un ton pour le moins sarcastique le positionnement de la ville quant à ses choix par rapport à la structure culturelle. Inutile de revenir sur le contenu, ni même l’objet de cet article. Mais une phrase a retenu toute notre attention : «Mais pourquoi la MJC ne fournirait-elle pas le même effort que celui demandé à l’ensemble du tissu associatif […] ? Au nom de quoi la MJC serait-elle exemptée de l’effort fourni par tous ?». Il est vrai que ces derniers temps, l’ensemble des aubagnais sont mis à contribution dans un élan de patriotisme local pour sauver la commune du naufrage. Pour ce faire, le capitaine s’est entouré de quelques matelots venus de la Communauté urbaine voisine, pour quelques modestes contributions. Un chiffrage plus précis sera fait prochainement mais il est aisé de dire que ces renforts coûtent au mois 180 000 € annuels de plus au contribuable.

Les parents en colère participent eux-aussi à l’effort de guerre – celle contre la dette – au travers d’une révision des modalités d’inscription des enfants à la cantine scolaire et de l'augmentation des tarifs. Les écoles ont elles-mêmes été touchées par la baisse des budgets (cf. les articles précédemment publiés). Mais toutes les écoles ne sont pas logées à la même enseigne. L’effort n’est donc pas demandé à tous de la même façon. Preuve en est cette délibération publiée le 13 avril 2015 (cf. dessous) qui octroie une revalorisation de la contribution de la commune à l’école privée de Sainte-Marie. Certes, la somme peut être considérée comme modeste (547 €, soit 27 € de plus par élève, + 5 % !), mais l’esprit est bien là : pendant que certains tirent la langue, d’autres peuvent se satisfaire d’être exempt d’économies contrairement à ce que déclare la fameuse tribune politique.

Longtemps décriées par la majorité actuelle, les sirènes du corporatisme ont eu raison de nos élus dont quelques uns ont usé leur fond de culotte sur les bancs de l’établissement privé.

Il n’aura échappé à personne que tous les Aubagnais ne sont donc pas logés à la même enseigne, à ce propos les commerçants y sont également de leur poche.

Quant au nouveau style d’écriture dont se targuent les élus UMP, il s’accorde mal avec une parole politique généralement plus élégante, nous le pensions d'ailleurs réservé à des médias comme le nôtre. A ce rythme, nous devrions bientôt lire dans les colonnes de Mèfi ! un droit de réponse du groupe UMP !

José DA SILVA