Une opposition rassemblée, inventive et républicaine


Malgré une logique de rassemblement unique sur les cantons des Bouches-du-Rhône, les élections départementales de Mars 2015 n'ont pas permis à la gauche locale de triompher face au tandem UDI - UMP qui détient depuis maintenant un an les clés de la ville d'Aubagne et de son agglomération. Erreur de stratégie pour les uns ou tendance nationale pour  les autres, certains militants restent persuadés de la nécessité de continuer à jouer la carte collective à gauche.

Rencontre avec Raphaël Da Horta, ancien co-listier de la liste Arc-en-Ciel, membre du Parti Socialiste très attaché à la tradition politique locale du "faire ensemble".

 

Raphaël, pourrais-tu nous présenter les origines de ton engagement et ton parcours militant ?

Le point de départ de mon engagement politique se trouve au sein même de ma famille. Né d’un père immigré portugais et d’une mère française, leurs différences ont toujours été une complémentarité et un exemple à mes yeux. Chez moi, on ne parle presque pas de politique, mais on regarde le journal télévisé. J'ai donc voulu approfondir le sujet. Je pense donc que tout cela est le point de départ de mon engagement.

En 2010, le mouvement social contre la réforme des retraites fait rage, ce qui me fait prendre conscience des enjeux liés à celle-ci. Décidé à ne pas laisser passer cette loi, sans que la voix de la jeunesse soit entendue, je choisis l’engagement politique et adhère au Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS).

En parallèle, je m’engage activement au sein de l’Union Nationale Lycéenne (UNL), syndicat lycéen, que je quitte en 2013, suite à l'obtention du baccalauréat.

 

Quelles fonctions occupes-tu aujourd'hui ? Comment appréhendes-tu ton rôle sur le scène politique locale ?

Actuellement, je suis coordinateur d’équipe du MJS 13 pour Aubagne et le Sud du département.

Le rôle des Jeunes Socialistes sur la scène locale est très simple, nous souhaitons nous faire l'un des portes-paroles de la jeunesse aubagnaise, pour être au cœur de ses espérances, de ses colères et de ses ambitions.

Autonomie des jeunes, attestation de contrôle d’identité, VIe république, non-cumul des mandats, union de la gauche, renouvellement et rénovation des pratiques sont les grandes propositions que les Jeunes Socialistes défendent tout en se mobilisant pour les mettre en œuvre.

A Aubagne, nous nous concentrons sur les dispositifs mis en place au niveau de la jeunesse par l’ancienne municipalité et assurons une veille informationnelle qui permet de déterminer les changements majeurs afin de pouvoir débattre en toute clarté.

Nous nous rapprochons également des partenaires de gauche qui souhaitent construire une union solide sur le territoire. Cette union doit être claire, nous avons nos divergences mais elles ne doivent pas nous paralyser ou nous empêcher de dialoguer. C’est dans cette vision que nous avons signé un communiqué de presse commun avec Ensemble et le Parti de Gauche de l’Est du département.

 

Selon toi, comment doit s'exercer l'opposition face aux politiques menées à Aubagne et dans son Pays ?

Face à des politiques populistes et anti-sociales, l’opposition exige une certaine pédagogie, pour cela elle se doit d’être inventive, rassemblée et républicaine.

En effet, depuis sa prise de fonction en avril 2014, Gerard Gazay n’a cessé de se mettre à dos les aubagnais, ce qui, bien évidement ouvre un large boulevard à la gauche.

Destruction du tissu associatif, arrêt de la solidarité (colis, prime de fin d’année pour les retraités), réduction drastique des budgets des services à la population (Maisons de quartiers = 40% en 2 ans), arrêt du tram (prévu jusqu’aux paluds), hausse du salaire du DGS, tant de décisions incomprises par les aubagnais, qu’il faudra que l’UMP justifie.

L’opposition doit s’exercer avec les citoyens, par les citoyens, pour les citoyens. Renouer le dialogue entre aubagnais et élus de l’opposition est crucial sinon la gauche aubagnaise ne sera plus qu’un ancien souvenir que l’on agitera de temps en temps.

 

Comment les chantiers d'espoir peuvent-ils contribuer à redynamiser la gauche dans toutes ses composantes ?

Les chantiers d’espoir sont à mon avis trop limités par rapport à l’ambition qu’ils ont, qui est celle de réunir la gauche. L’appel de création est plus un réquisitoire qu’une proposition d’alternance, ce qui ne peut pas marcher. Les points de divergences sont forts, c’est pourquoi imposer une vision dans le contexte actuel d’éclatement de la gauche, c’est refuser le dialogue et ceci est fort regrettable.

D’autre part, si les jeunes socialistes avaient attendu les chantiers d’espoir pour se mettre en relation avec les partenaires de la gauche (EELV-FDG), il y aurait bien longtemps que le PS serait seul.

 

Enfin, que répondrais-tu à celles et ceux qui prônent la dissociation stricte entre le PS et le Front de gauche/PCF ?

Je peux les comprendre. Néanmoins, la responsabilité vis à vis des aubagnais et des français est bien trop grande pour laisser nos querelles prendre le pas. Le rassemblement est indispensable si la gauche souhaite la victoire. Les rapports de force peuvent très bien s’exprimer pendant les mandats. À ce moment là, on a la possibilité de constater l’équilibre de l’union, qui ne se fait pas sans concessions.

Enfin, et c’est l’adage que j’utilise pour construire l’union de la gauche : “le rassemblement se construit, il ne s’impose pas. L’imposer c’est le détruire”.

 

Propos recueillis par José Da Silva