« Pour construire l’avenir, il faut consolider le présent »


Alors que la politique de la municipalité élue en Mars dernier commence à donner la pleine mesure de ses intentions, le rendez-vous des départementales de Mars 2015 offre aux aubagnais un nouveau temps électoral pour que s’expriment les divergences entre la gauche et la droite. Au-delà d’une opposition de couleurs, il existe de réelles différences de fond qui s’expriment aussi au sein des partis politiques pourtant proches. Daniel Fontaine, conseiller général sortant, nous explique ce mélange de couleurs, et comment il a contribué à la composition d’une palette de rassemblement. La seule liste rouge rose verte de tout le 13 !

 

 Daniel, tu as été le premier magistrat d’Aubagne, mais tu en es toujours un élu. Quel regard portes-tu sur la ville aujourd’hui ?

Nous avons voulu faire d’Aubagne un laboratoire de démocratie participative. Mais depuis presque un an, c’est un immense gâchis qui est en marche. Le personnel communal est le premier exposé. Les 1200 agents de la ville avec lesquels nous avions travaillé à « un projet d’entreprise » ont vu leurs conditions de travail et leur mission changer. Je ne reviendrai pas sur les colis aux retraités. Mais lors d’obsèques où le personnel communal s’est déplacé en nombre, 1 heure leur a été dégrevée de leur salaire pour cette absence.

On est en train de casser tout ce qui créait du lien : finis les conseils de quartier, plus de portage des livres à domicile, la disparition de la Maison de Quartier du centre ville programmée, la MJC harcelée !

Les établissements Luna où nous projetions un pôle culturel vont accueillir les services de la vidéo protection et celui de la prévention. Ce regroupement va à l’encontre du travail de fond mené par les médiateurs sur le principe d’anonymat des publics suivis ! Du bleu, du bleu pour faire du fric.

Comment interprètes-tu les résultats de Mars 2014 ?

Aubagne est une ville bourgeoise sans que l’on s’en aperçoive. Depuis les années 70, la gauche a toujours été élue ric et rac. Aux dernières municipales, il y a la porosité entre droite et extrême droite. Dans l’entre deux tours, 1500 voix sont passées du FN à l’UMP-UDI. Et puis il y a bien sûr le rejet de la politique gouvernementale actuelle. Plus de 140 villes petites et moyennes en France sont passées de la gauche à droite. Un tiers des villes de Paix ont connu le même sort comme Bagnolet, Tours…. Alors pourquoi Aubagne aurait-elle échappé à cette tendance ?

Combien de gens n’ont pas compris notre action ? Ou n’avons nous pas su leur expliquer ?

Pourquoi cette initiative de réunir militants et sympathisants jeudi dernier à l’espace des Libertés ?

Le rassemblement fait toujours recette sur le papier, mais c’est une autre affaire que de mettre tout le monde d’accord autour de la table. Pourtant, il faut consolider le présent pour pouvoir préparer le futur. C’est ce que je me suis attaché à faire.

Le Conseil général des Bouches du Rhône, quoi qu’on en dise, a mené une politique de gauche tournée vers la solidarité et a permis de réaliser un grand nombre d’investissements sur la commune. La Maison des Solidarités en est un bel exemple. Pleine liberté m’a été accordée pour mettre en place une politique d’aide à la production et à la réhabilitation du logement social dont on reconnait aujourd’hui l’efficacité. Au final, mettre les partis au pied du mur pour mettre en débat la question du rassemblement avec les citoyens a porté ses fruits. 120 personnes ont contribué à faire émerger une union qui historiquement a toujours existé sur Aubagne. Notre canton est le seul du département à présenter une candidature de gauche déposée lundi en Préfecture.

Quel est ta propre position par rapport à cet accord ?

Je suis élu depuis 1988, et je suis de ceux qui pensent qu’il faut renouveler la classe politique. Je suis en position de remplaçant mais je vais mettre mon énergie dans la campagne aux côtés d’un camarade PC, d’une représentante des Verts et d’une représentante du PS. La configuration initialement proposée de 3 communistes sur les 4 candidats ne me convenait pas du tout. C’était la défaite assurée.

La représentante du Parti socialiste peut soutenir une partie de l’action du Gouvernement, et alors ? Nous travaillons, ensemble, ici, depuis des dizaines d’années, il faut sortir de la rigidité des partis. L’idéal communiste est de toujours inventer de nouvelles formes de partage. Quelque soit le contexte, il faut créer quelque chose de neuf. C’est dans ce sens que je me donne le droit de dire et faire ce que je veux au sein de ma propre maison politique.

Comment vois-tu le prochain rendez-vous électoral ?

Les forces militantes sont d’ores et déjà mobilisées. On peut mener une belle bataille... et la gagner !

 

Entretien réalisé par José Da Silva

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