Nouvelle secrétaire de l’union locale CGT pays d’Aubagne : Dominique Maccari, la femme face au(x) monstre (s)


dominique maccari

La chaleur lourde de ce début juillet a laissé la place à un échange frais et ventilé par les propos au moins autant que par le ventilateur. « Domie » pour ses amis, a répondu longuement sans regarder sa montre, à notre média qu’elle salue, avec son regard critique, « comme un vrai média alternatif ».

Mèfi. Dominique Maccari, vous avez été élue secrétaire de l’UL CGT d’Aubagne le 24 juin. Quelles perspectives pour le syndicat ici ? Comment envisagez-vous votre rôle ? 

Tout d’abord, j’ai été élue après la décision de Cynthia Sanchez de laisser la place. Nous partageons l’idée qu’il faut que les responsabilités tournent. J’ai beaucoup hésité à me porter candidate parce que très prise par mon mandat de permanente à la Métropole. J‘ai accepté de répondre aux sollicitations des camarades et je voudrais qu’on travaille en équipe, avec une organisation collaborative. Je ne veux pas donner de directives : nous avons besoin du travail collectif.

Notre objectif, c’est redonner de l’espoir aux salariés, leur donner envie de se battre. Nous voulons une UL ouverte à toutes et tous, et nous prévoyons des initiatives d’éducation populaire.

Avec les ordonnances gouvernementales et toutes les circulaires qui sortent, complètement imprégnées par la loi travail, tous les secteurs publics et privés sont touchés. Du coup, notre organe de direction, la commission exécutive, a décidé de se délocaliser afin d’être au plus près des préoccupations des salariés et de faire du lien avec le national : personne ne sera épargné.

Mèfi. Vous évoquiez la Métropole qui représente 50% de votre temps, c’est énorme ! Où en est-on ?

C’est un monstre ! Il y a des réunions à tour de bras, on sent une fragilité administrative qui s’appuie sur le fonctionnement de l’ancienne CUM sans avoir pensé la nouvelle structure. Les élus demandent de l’organisation à marche forcée sans qu’on ait de projet politique clair. Du coup, nous sommes en sur-occupation sur des réunions préparatoires qui ne mènent à rien. La CGT a obtenu de la chapelure d’info, même pas des miettes !

Il y a dans cette collectivité démesurée 3000 km2 à couvrir et 7000 agents qui y travaillent, c’est gigantesque. Aussi, nous n’avions pas demandé de subvention supplémentaire mais des moyens humains. Résultat : nous avons obtenu une augmentation de la subvention (!).

En fait, entre le manque d’infos, le manque de sens, de cohérence, notamment en matière de transports collectifs, les flous insupportables pour les agents et les cloisonnements voulus pour empêcher les luttes, je confirme : on craignait un monstre et il est là !

Mèfi. Oui, pas de surprise. On suppose que pour les agents de la ville et le l’ex-agglo, tout ça doit être bien compliqué !

C’est exact. Les incertitudes, l’inquiétude dominent car il y a d’une part les services déjà transférés qui courent à la pêche aux infos et ceux qui vont être transférés… Nous aimerions échanger des informations avec les élus progressistes de la collectivité.

Mèfi. A propos des agents municipaux, quel est votre regard sur la ville d’Aubagne ?

S’agissant des services et des agents c’est une situation terrible ! Nous recevons de plus en plus d’alertes et en particulier des cadres qui sont en maladie ou souffrent de harcèlement moral. Nous avons dénoncé cela d’ailleurs dans un tract.

S’agissant de la ville elle-même, je trouve que cette municipalité ne répond pas aux besoins des gens en matière de logement, de santé, du social. Le service du logement délocalisé aux services techniques, les gens qui s’adressent de plus en plus à nous parce qu’ils n’ont pas de réponse, sont des preuves. Pour le social, c’est pareil : depuis la maison de la justice ou depuis le CCAS, le manque est croissant. Quant à l’hôpital, l’attitude scandaleuse du maire avec sa motion au conseil municipal est un mauvais coup pour l’hôpital public et ses réponses de santé accessibles à tous.

D’ailleurs, il faut maintenant s’adresser au député et à son suppléant ! Ils ont une responsabilité !

Mèfi. Dernière question pour nos lecteurs : comment envisagez-vous les liens avec d’autres organisations, associations, syndicats, etc ? Quel type de rassemblement imaginez-vous ?

Comme je l’évoquais au début de notre entretien, nous voulons construire un espace d’éducation populaire en faisant appel à toutes les organisations et syndicats, associations, groupes qui pourront travailler avec nous dans une démarche ouverte. Des débats, des films, des concerts, en lien avec la vie de l’UL. Nous avons créé un journal distribué à 600 exemplaires « l’ouvrier aubagnais », au moment de la célébration de 1895, qui a connu un joli succès. Le N°2 est à venir.

Et puis, la culture au cœur, nous voulons montrer qu’on peut vivre autrement et pas seulement en terme de défense syndicale, sur ce territoire, redonner l’envie de se mobiliser et l’espoir.

Mèfi. Les monstres ne font pas peur à cette belle personne, et son optimisme comme sa combativité viendront souvent les hanter !

 Propos recueillis par la rédaction

 

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