Problèmes dans les écoles : un directeur répond à nos questions


zanganelli

Roland Zanganelli, directeur de l’école Mermoz primaire, nous a accordé une interview suite au problème de chauffage de la rentrée des vacances de Noël. La Mairie est aux abonnés absents et les enseignants se sentent profondément déconsidérés par une ville dont le maire a pourtant déclaré que l’éducation était une priorité pour lui. Roland Zanganelli est également responsable du syndicat SNUIPP à Aubagne.

Mèfi : Dans votre communiqué du 18 janvier, vous dénoncez le froid dans les écoles. D’où vient le problème ?

Roland Zanganelli : Les chaudières sont arrêtées pendant le week-end et lorsque les systèmes redémarrent certaines chaudières se mettent en sécurité et il fait froid, très froid.  Ce n'est pas la première fois que cela arrive mais avant il y avait un service d’astreinte municipal qui réagissait rapidement. Malheureusement il a été remplacé par un service privé qui met beaucoup plus de temps à réagir.


M :
Comment réagissent les parents ?

R.Z. : Dans mon école, sur 7 classes, 4  se sont retrouvées sans chauffage. J’ai alerté les services municipaux qui sont restés sans réaction véritable. Nous en avons parlé aux parents élus qui ont immédiatement réagi. La rentrée a eu lieu le mardi 3 janvier et on a commencé à avoir du chauffage le vendredi 6 seulement.


M : D’autres écoles ?

R.Z. : Oui, une bonne vingtaine à ma connaissance.


M : Est-ce le premier manquement à la bonne gestion des écoles par la municipalité Gazay ?

R.Z. : De gros problèmes comme ça oui. On a eu des problèmes de ce genre par le passé mais sous la municipalité Fontaine ils étaient réglés dans la journée. Mais il y en a beaucoup d’autres, sans doute moins importants mais qui freinent  notre fonctionnement. Par exemple l’équipement de tableaux blancs interactifs avec leur vidéo projecteur. Pour remplacer une lampe, il semblerait que l’on saborde  les finances de la ville ; et l’on reste 2 à 3 mois sans vidéo projecteur.
Je me pose la question, en qualité de professeur des écoles, de l’intérêt que porte la ville à l’éducation : réduction drastique des crédit aux BCD, réduction des déplacements en bus et moins de créneaux classes vertes à St Vincent…


M : Et l’affaire du papier toilettes, c’est un mythe ?

R.Z. : Après les  difficulté relationnelles de 2014 avec le maire sur cette question, je n’ai plus de problème dans mon école. Il fallait resserrer le budget à n’importe quel prix. Mais d’autres directeurs dénoncent encore le manque.


M : Où en êtes-vous des rendez-vous demandés au Directeur des services de l’Education Nationale et du Recteur ?

R.Z. : Le Recteur doit adresser un courrier à la municipalité et nous sommes en attente d’un rendez-vous avec le DASEN qui doit recevoir les représentants syndicaux dans les jours à venir. Nous avons l’impression que nous avons été entendus car notre hiérarchie est mise en cause par le communiqué du maire.

En substance ce communiqué dit : "mais que fait l’éducation nationale pour mettre de l’ordre auprès de ces enseignants ?"

Je n’ai pas souvenir qu’il y ait eu de telles allégations dans une autre ville en France. Le syndicat au niveau national n’a jamais eu écho d’un texte de cette teneur ; autant à l’échelle métropolitaine que dans les territoires ultra-marins.
La majorité des enseignants ont été profondément choqués par les propos du Maire. Très, très mal vécu dans les écoles.


M : Avez-vous des réponses de la part du maire ?

R.Z. : A ce jour aucune réaction à notre interpellation. Ni du maire, ni de l’adjoint à l’éducation. Nous avons la volonté de pointer  tous les dysfonctionnements et de parler du communiqué avec eux, mais pour le moment pas de son, pas d’image.


M : Quels sont vos rapports avec le service éducation de la ville d’Aubagne ?

R.Z. : Black-out total.


M : Voyez-vous une différence avec l’ancienne municipalité ?

R.Z. : C’est simple, nous sommes des agents de l’état avec des missions bien précises. On a besoin d’avoir la confiance des élus locaux et le soutien des collectivités territoriales. Nous n’avons pas à prendre parti.
Mais avec l’ancienne municipalité on pouvait discuter. On se mettait autour de la table, on s’engueulait s’il le fallait, mais on en sortait toujours grandi. Là, aucune discussion, rien, on est considéré comme quantité négligeable.

Lors d’une réunion autour de la privatisation de la cuisine centrale où nous avions dit notre attachement à ce service public, le maire s’était engagé à recevoir les responsables syndicaux lorsque ces derniers en feraient la demande. Maintenant on attend de voir s’il n’a pas oublié ses engagements.

Propos recueillis par B.J.

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