Privatisation de la Cuisine centrale : dans le collimateur du Préfet et de la Commission sur la DSP


La vie de Maire d’une ville de 45 000 habitants n’est pas un long fleuve tranquille et Gérard Gazay, qui « gère » Aubagne en presque bon père de famille autoritaire et colérique, est en train de l’apprendre à ses dépens.

D’une part, Aubagne en France doit se plier aux règles de la République qui veille au respect des lois par les collectivités locales. D’autre part, face à une privatisation de la cuisine centrale que l’équipe municipale « vend » comme inévitable, la Commission sur la DSP met à nu, jour après jour, la faiblesse des arguments jusqu’ici avancés.

La mairie d’Aubagne dans le viseur du Préfet

Pendant que le recours au Tribunal administratif se prépare, le service du Contrôle de Légalité de la Préfecture des Bouches-du-Rhône vient de faire parvenir un courrier aux élus d’opposition suite aux irrégularités constatées lors de la séance du Conseil municipal du 25 novembre 2015. Rappelons-nous que l’un des problèmes résidait alors dans la constitution de la Commission consultative sur les services publics locaux. Sa composition toute à l’avantage de la municipalité actuelle avait permis d’entériner en une seule réunion la Délégation de service public malgré l’absence de 9 pages dans le rapport d’audit. Autant dire que ce n’est pas le fond du dossier qui a conduit les débats et encore moins la prise de décision.

C’est donc pour ces mêmes raisons que le Préfet a « saisi le Maire d’Aubagne à ce sujet en lui demandant d’apporter les compléments d’informations ». Les services de la Ville devront donc apporter un certain nombre d’éclaircissements sur cette mémorable journée du 25 novembre, et sur un dossier qui dans son contenu est loin de la transparence utile à toute démocratie locale. Sur le sujet, ni les élus d’opposition ni les agents du service public ni les parents d’élèves en colère n’entendent baisser les bras devant de tels agissements.

La cuisine centrale (encore une fois) reconnue pour ses qualités

C’est ce qu’il ressort de la visite des lieux par la Commission sur la DSP regroupant des représentants des syndicats, des agents de la fonction publique territoriale ainsi que des parents d’élèves en colère. Parmi ces derniers, l’un d’entre eux a été désigné par Monsieur le Maire, sans doute pour faire contrepoids au trop grand nombre d’opposants à ce projet qui se dessine comme le grand fiasco de son mandat. Or le constat est unanime, et tous s’accordent sur la qualité de l’outil et les conditions d’hygiène irréprochables, même le parent d'élève nommé par le Maire !

Pour les participants, la Délégation de Service Public qui monopolise les débats ne présente aucun intérêt et n’est en rien un gage d’amélioration du service rendu. Les approvisionnements en produits frais (fruits, légumes, yaourts, viandes, surgelés) sont quotidiens. Les préparations sont réalisées sur place. Quant à l’argument récurrent sur l’absence de légumerie, il peut être aisément résolu par un rapprochement avec l’établissement de service et d’aide par le travail (ESAT) Les Glycines sur la ZI de St Mitre qui dispose d’un équipement de ce type. Le propos avait déjà été avancé en Conseil municipal par Denis Grandjean mais les élus de la majorité avaient botté en touche. Nous avions alors découvert une équipe municipale déblatérant ses salades sur un bio ton Vert, mais encore très loin de vouloir y apporter une pincée de social !

D'autres solutions possibles...

Il a été demandé au personnel de dresser une présentation complète de la cuisine centrale (fonctionnement, obligations, animations proposées, résultats des enquêtes de satisfactions...) pour que les participants à la commission puissent comparer avec le cahier des charges édité dans l'appel d'offre du 4 janvier 2016. Les informations recueillies ne visent en aucun cas à vérifier la qualité du cahier des charges, mais plutôt à dessiner de nouvelles réponses qui puissent aborder les thèmes qui questionnent : sous-traitance des activités de légumerie, recours aux filières courtes de produits bio…

Le combat du mois de décembre a donc changé de forme et la résistance s’est bel et bien organisée. Vigilance du Préfet sur le respect de la Loi, recours devant le tribunal administratif, citoyens et agents qui se veulent force de propositions… la restauration collective privée n’est pas prête de dresser la table à Aubagne.

José Da Silva

 

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