2014-15-16-17, bilan de Gazay : 1ère partie


Bilan à mi-mandat de Gérard Gazay Maire d'Aubagne

Nous avons pensé nécessaire, après quatre exercices budgétaires de la mandature Gazay, chiffres officiels à l'appui, de faire un premier bilan des promesses faites pendant la campagne électorale. Il ne reste plus que deux budgets avant les prochaines échéances municipales : ce bilan aux deux tiers du mandat est donc particulièrement significatif.

Pour celles et ceux qui s'en souviennent les engagements municipaux avaient pris la forme de trois documents. Pendant trois semaines, nous avions eu droit à chacun de ces livrets accompagnés d'un courrier de Gérard Gazay qui se terminait par "Avec tout mon dévouement".

Nous commençons aujourd'hui par le premier document qui portait sur les finances, la sécurité, l'économie et l'emploi.

1- Les finances 

Commençons par rappeler (pour éviter "les découvertes financières" à la Sarkozy, Hollande ou Macron après leur élection) que la Chambre Régionale des Comptes a publié un rapport complet de l'état des finances de la ville, en septembre 2013. Aucune surprise donc. Tout était transparent pour les dix dernières années. Tout était écrit et connu par tous les conseillers municipaux dont Gazay qui était, à l'époque, le leader de l'opposition.

Dans son document de campagne, le candidat Gazay annonçait trois objectifs :

- Diminuer les impôts chaque année pour atteindre - 15% sur la mandature.

A ce jour, aucune baisse n'a eu lieu. Nous vous invitons à comparer vos feuilles d'impôt de 2013 et celles que vous allez recevoir en octobre 2017. Vos impôts ont augmenté.

Au budget 2013, le montant des impôts et taxes était de 54,440 millions d'euros. En 2017, ce montant est de 57,626 millions d'euros. Soit une progression de 5,8%. Chiffres fournis par la ville, page 10 du rapport d'orientations budgétaires de 2017.

- Réduire la dette d'un tiers.

Au 1er janvier 2014, le montant de la dette était de 160 945 000 euros. Trois ans plus tard au 1er janvier 2017, la dette s'élève à 162 777 363,23 euros, soit une progression de 1,832 million d'euros. Chiffres fournis par la ville au conseil municipal du 29 juin 2017, page 60 de l'annexe IV dans la colonne "Capital restant dû au 1/1/2017. 

La dette est aujourd'hui plus élevée avec Gazay qu'avec Fontaine. L'objectif de la réduire d'un tiers (environ 54 millions d'euros) est désormais totalement hors de portée.

- Augmenter le budget d'investissement.

En 2013, les dépenses d'équipement atteignaient la somme de 325 € par habitant. Aujourd'hui ces dépenses sont tombées à 205,61 € par habitant, soit une baisse de 37,74%.

En 2013, les dépenses d'équipement se situaient au dessus de la moyenne nationale (305 €). Aubagne accomplissait en moyenne plus de travaux que les autres communes pour le bien être et la qualité de vie des habitants. L'effort d'équipement est aujourd'hui largement en dessous de la moyenne nationale (308 €).

Les équipements essentiels pour une ville de 50 000 habitants ne sont plus réalisés. Aubagne prend du retard et perd tout son rayonnement sur le département. Son développement économique est à l'arrêt, voire en régression.

En matière de finances aucun engagement n'a été tenu. C'est un échec total. Autant dû à l'incompétence de l'équipe en place qu'à de vieilles recettes budgétaires libérales qui ne marchent nulle part.

Et pourtant, dans le même temps, Gazay a réduit de façon drastique tous les budgets des Aubagnais, des services municipaux et des associations tout en bradant le patrimoine communal pour 3 millions d'euros en moyenne par an.

2 - La sécurité

Là aussi trois objectifs avaient été anoncés dans les promesses du candidat Gazay :

- Triplement des effectifs des policiers municipaux

Le document budgétaire 2017 ne ment pas. Il annonce le nombre de policiers municipaux : 36. Sachant que 2 d'entre ont été affectés à l'ex-agglo pour la zone industrielle, cela en fait pour l'instant 7 de plus qu'en 2014. On est loin des 81 renforts annoncés, même avec les 4 recrutements prévus en fin de cette année.

Le reste des effectifs de la police municipale est constitué d'agents verbalisateurs qui viennent pour l'essentiel des services municipaux que Gazay a supprimés (cuisine centrale par exemple).

En quatre ans, Aubagne est devenue la championne de France pour les PV de stationnement. Cela renfloue les caisses de la ville... pour autant, le stationnement et la circulation dans la ville se sont-ils améliorés ? 

- Installation de caméras de vidéo-surveillance

Sur ce point, rien à dire. L'engagement a été tenu. Et cela a un coût : 500 000 € par an pour la commune.

Pour quels résultats ? Chacun pourra y répondre en fonction de sa propre expérience. S'il est vrai que cela a diminué "le sentiment" d'insécurité de celles et ceux qui sont à proximité des caméras, les chiffres des vols de voitures, cambriolages, agressions en tout genre n'ont pas plus baissé ici qu'ailleurs.

Les victimes peuvent en témoigner. Certains quartiers restent dominés par des trafics de toute nature. Yolande Bruckert, co-présidente honoraire du fan club Gazay, le souligne elle-même sur sa propre page facebook.

- Généralisation du dispositif "voisins vigilants"

Après un réel succès en début de mandat, cette mesure, essentiellement utilisée dans les quartiers "résidentiels", perd de son attrait. Les quartiers volontaires se font rares. Les Aubagnaises et les Aubagnais semblent préférer une véritable occupation de l'espace public et des "voisins solidaires".

On peut rajouter à ce bilan qu'Aubagne attend toujours un nouveau commissariat malgré les effets d'annonce réguliers (sans doute on nous le (re)promettra pour après 2020) ainsi que l'installation de radars préventifs d'indication de vitesse.

On attend encore la mise en place d'une équipe "interventions parcs et jardins" ou d'un éclairage public performant (il n'y a jamais eu autant de coupures). Enfin, on ne peut que déplorer l'abandon progressif du suivi de proximité des familles, avec un service de prévention éducative que Gazay laisse mourir à petit feu.  

Toutes ces choses avaient aussi été promises dans le volet "sécurité". Un bilan contrasté, mais plus proche du noir que du gris.

3 - L'économie et l'emploi

Dans ces domaines, la liste à la Prévert des engagements non tenus est longue :

- Moratoire fiscal pour les entreprises

Comme pour les ménages, la promesse de baisser les impôts a fait long feu : la taxe locale sur les enseignes et les publicités extérieures (TPLE) a augmenté de près de 3%. Le versement transport a fait un bond de 10%. La cotisation foncière des entreprises (CFE) a continué à progresser.

 - Le projet d'une véritable galerie commerciale, de l'horloge aux portes du lycée, avec des magasins de marque et des enseignes nationales, est toujours dans les limbes. Il va sans doute falloir attendre encore une ou deux décennies.

- Une halle permanente couverte sur Voltaire

Toujours en attente, comme la galerie commerciale du Bras d'Or. On va pouvoir nous la resservir pendant encore plusieurs campagnes électorales.

- Un secteur dans la vieille ville dévolu à l'artisanat, au commerce d'art et de tradition

S'il pouvait y avoir du commerce tout court, ce serait déjà ça. Le centre ancien est en train de devenir un désert commercial d'une tristesse absolue. Pire, l'activité céramiste et santonnière est en train de perdre ses deux événements phares, la biennale Argilla en août et la biennale de l'art santonnier en décembre. Vitrines du savoir faire, de la créativité et du dynamisme des artisans d'art aubagnais, ces deux manifestations dépérissent alors qu'elles représentaient une part majeure du chiffre d'affaires des céramistes et santonniers. Même la traditionnelle foire d'été à la céramique est boudée, faute d'être soutenue par la Municipalité. 

- Arrivée d'entreprises innovantes autour des métiers de la santé et des nouvelles technologies de l'information

Pour les entreprises de santé, c'est sans doute le transfert des services de l'hôpital vers la clinique privée La Casamance. Autrement dit l'affaiblissement du service public de la santé et la réduction de l'offre de soins sur le territoire aubagnais. 

- Une véritable économie autour du tourisme

Le service du tourisme a été démantelé et n'assure plus qu'une activité d'information touristique des visiteurs de passage, sans ambition ni projet de développement. Le résultat est là : le nombre de touristes à Aubagne ne cesse de diminuer. Alors que le pays connaît une forte reprise de l'activité touristique, Aubagne s'est distinguée cet été par... un calme plat.

-  Réouverture des commerces de proximité

La plus grande arnaque de Gazay ! Aucun soutien à l'activité commerciale, aucun effort pour renforcer l'attractivité du coeur de ville avec des animations et des événements dignes de ce nom. Résultat : les rideaux baissent les uns derrière les autres, Levetti, Bézert, Lola Fraise des bois, La Farandole, Sylvain, Passion Beauté, plusieurs dizaines d'autres, pour quelques ouvertures, le fromager, l'épicerie italienne, un salon de thé... et quelques changements de destinations ou de lieux, Gelati Nino, Léonidas... 

- Extension de la zone des Paluds de 17 hectares

Le projet a été abandonné. Il ne se fera pas.

- WiFi gratuit dans tous les espaces publics

Vous allez, peut-être, nous aider à les découvrir.

- Espaces publics numériques dans tous les quartiers

Pas un seul n'a vu le jour depuis 2014. 

Voilà un premier bilan bien maigre. Le premier document de campagne de Gazay, consacré aux finances, à la sécurité et à l'emploi, se terminait par un mot de Bernard Deflesselles affirmant : "le moment est venu de tourner la page".

Cela n'a jamais été autant d'actualité.

Antoine Monticellu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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