budget 2017 : les banques d'abord !


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Mardi 13 décembre au soir, la majorité municipale a adopté le budget 2017, avec 3 mois d’avance sur le calendrier habituel. Un budget placé pour la 4e année consécutive sous le sceau de l'austérité, avec un remboursement de la dette à marche forcée, au détriment de l’investissement et du service public. 

Il y avait du monde mercredi soir à l’espace Bras d’Or pour la dernière séance du conseil municipal de l’année, avec la présence du comité de soutien à la MJC venu en nombre pour exprimer son inquiétude. N’ayant pas d’autre choix, le maire a laissé la parole à Alain Pruneau qui a fait lecture d’une déclaration  et remis au maire et à son adjoint à l’a-culture une lettre de Nicole Ferroni, marraine de la MJC.

Pour son 4e exercice de présentation du budget, l’adjointe à la comptabilité a repris une nouvelle fois le refrain de la dette et exposé les contraintes auxquelles la majorité municipale est confrontée (baisse des dotations d’état, faibles recettes, poids des emprunts toxiques…) pour ensuite se vanter d’avoir réduit la dette de 20 millions d’euros en quatre ans en comptant une nouvelle baisse de 5 millions d’euros pour 2017. Mais à quel prix ! Dénonçant « un budget en trompe l’œil »,  Daniel Fontaine, chiffres à l’appui, a comparé le budget primitif 2017 avec le budget primitif 2013. Ainsi, en  2013, il y avait 1545 € de dépenses de fonctionnement par habitant, en 2017, la dépense par habitant pour le fonctionnement du service public se limitera à 1502 €. L’investissement est quant à lui ramené à 155 € par habitant en 2017, contre 325 € par habitant en 2013 !  « C’est un budget de gestion courante que vous proposez. Aubagne mérite mieux » a souligné Daniel Fontaine avant d’ajouter : « la dette a bon dos : en 2013, les recettes globales de la ville se montaient à 1 565 € par habitant, aujourd’hui elles sont chiffrées à 1 598 € par habitant ».

Les recettes de la ville augmentent et il y a moins de services sans baisse des impôts

« Votre seule ambition est de rembourser les banques, a martelé à son tour Denis Grandjean, alors qu’il y a urgence dans tous les domaines : urgence scolaire, urgence culturelle, urgence environnementale, urgence sociétale ! ».  Pour sa part, Nicolas Robine pour le Front National, a évoqué « un remboursement compulsif » de la dette alors que la ville a « besoin d’investissements maintenant, pour générer des emplois et des équipements ». Même Patrick Arnoux s’est laissé aller à dire que « 5 millions de remboursement par an, ce n’est pas nécessaire ». Quant à la baisse des taxes locales, principal argument de campagne du candidat Gazay, elle n’est toujours pas à l’ordre du jour. « Preuve s’il en fallait que ce nouveau budget de rigueur et d’austérité à la Sarkozy résulte bien d’un choix de gestion, qui place l’intérêt des établissements financiers loin devant celui des Aubagnais » assène Daniel Fontaine.

C'est un budget de rigueur et d'austérité à la Sarkozy

Au chapitre des subventions aux associations, avec une enveloppe globale à l’identique de celle de  2016 mais répartie différemment, Philippe Amy, l’élu à l’a-culture a tenté, aussi longuement que laborieusement, de justifier la récupération des locaux de la MJC pour y installer d’autres activités et d’autres associations. Daniel Fontaine s’est étonné de la subvention allouée au CCAS, qui aurait mérité selon lui une augmentation compte-tenu de l’accroissement des besoins de la population aubagnaise. Nicolas Robine a quant à lui qualifié le budget alloué aux associations de « saupoudrage » et de « clientélisme ».

Les dépenses de fonctionnement ont également fait l’objet d’un long débat. S’agissant des dépenses à caractère général, Patrick Arnoux estime que les réductions prévues sont intenables. « Je ne suis pas contre les économies, mais 300 000 € de moins sur l’électricité, ce n’est pas réaliste ». De son côté, Nicolas Robine a fustigé une très mauvaise gestion du personnel, avec un ratio inquiétant par rapport aux dépenses totales de fonctionnement. Piqué au vif, le maire, décidément très chatouilleux sur la question, s’est au contraire félicité des réorganisations de service accomplies et a annoncé la feuille de route pour 2017 : restructurations de services, nouveaux modes de gestion, rationalisation des dépenses. Après la cuisine centrale en 2016, à qui le tour ?

Décidément bien sombre le budget 2017 pour Aubagne, à l’image de l’esplanade du Bras d’Or plongée ce mercredi soir dans l’obscurité faute d’éclairage public. « Nous sommes dans une situation prédictive » a déclaré le maire au cours de la soirée. Vous avez dit prédictif ?

Les mauvais comptes de Danielle Menet

« Vos chiffres sont faux » a assené Daniel Fontaine à Danielle Menet qui avance une réduction de la dette de 20 millions d’euros en 4 ans. « Vous oubliez de comptabiliser le coût de la renégociation des emprunts toxiques, 17 millions d’euros que vous faites supporter aux Aubagnais ! ». Alors que plus de 300 communes françaises ont assigné les banques en justice pour obtenir que leur taux d’emprunt soit ramené au taux légal (et non plus soumis aux aléas du cours des monnaies), la municipalité aubagnaise préfère engraisser les banques plutôt que de se battre pour obtenir gain de cause et préserver la capacité de la commune à investir. « Les banques d’abord, les Aubagnais après ! » s’est insurgé Daniel Fontaine.

  

Les petites phrases

- Le maire, à propos de l’augmentation alarmante des dépenses de personnel (plus de 50% des dépenses de fonctionnement) : « les agents ne partent pas en retraite comme prévu ». Ce ne serait pas plutôt la politique de recrutement massive et coûteuse de nombreux cadres qui serait la cause du dérapage ?

- Le maire toujours, à propos des agents municipaux qui reculent leur départ en retraite : « qu’est-ce que j’y peux si le gouvernement socialo-communiste maltraite les retraités ! ». Ah bon ? La réforme des retraites, c’est bien 2010, non ? Avec Fillon, premier ministre de Sarkozy et Eric Woerth ministre du travail.

- Giovanni Schipani, très en verve depuis qu’il a appris que le ridicule n’a jamais tué personne : « Nous allons à la rencontre des Aubagnais dans les quartiers, il y a le conseil municipal des jeunes, c’est ça démocratie de proximité, c’est ça l’intelligence collective ». Sans rire.  

- Alain Rousset, tout sourire perfide, en réponse à Daniel Fontaine : « Mais le quotidien, la gestion courante, c’est ce qu’attendent les Aubagnais ». Les Aubagnais apprécieront l’interprétation très restrictive de leurs attentes.

- Danielle Menet, élue à la comptabilité, en réponse aux questions de l’opposition : « nous avons un très bon équilibre budgétaire, je ne vois pas pourquoi vous me posez cette question ». Une nouvelle paire de lunettes peut-être ?

- Philippe Amy, élu à l’a-culture, à propos de la municipalisation de la MJC : « on va mu-mu-municipaliser le fonctionnement de la MJC, je ne vois pas où nous allons tu-tuer la MJC ». Turlututu chapeau pointu. Encore un qui a besoin d’une paire de lunettes.

- Giovanni Schipani, carrément insultant à l’égard d’Hélène Lunetta : «  Vous prendrez la parole quand vous aurez quelque chose à dire ». Presque aussi arrogant que le maire.

- Hélène Lunetta, à propos des repas servis dans les cantines par la Sogérès : « les enfants ne vous disent pas merci ! ». Et la réponse de Danielle Menet : « je ne vois pas de quoi vous parlez. Moi-même j’ai déjeuné au restaurant Mermoz, et c’était très bon ». Sans commentaires…

Fraize Débois

 

Illustration source : http://www.audit-citoyen.org/2012/04/03/un-traite-pour-couler-leurope-faire-echec-au-pacte-budgetaire/

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