Nicolas et Pimprenelle

Nicolas et Pimprenelle font de l’ornithologie…

 

- Coucou, Nicolas !

- Bonsoir, Pimprenelle !

- Dis Nicolas, tu as vu le nombre d’oiseaux dans la ville ?

- Tu veux parler de l’année du coq ou des hirondelles qui font le printemps ?

- Pas vraiment, je pensais plutôt aux paons qui commentent le nouveau revêtement de deux ruelles de la vieille ville …

- Haaa … ça me fait penser aux perroquets, au conseil municipal, par exemple, qui répètent sans bien savoir ce que signifie «réduction de la masse salariale» ou «limiter les risques» ou …

- Dommage, qu’il n’y ait pas de cigognes… Elle ne font aucun bruit, elles.

- Ben ce n’est pas le cas des vautours qui hurlent en te fonçant dessus…  Je ne compte plus le nombre de témoignages de fonctionnaires qui ont à faire à des élus agressifs, méprisants, menaçants.

- Sois sympa, Nicolas, ils ne sont pas tous des vautours. Il y a aussi des dindes qui marquent leur territoire en gloussant dans les services.

- Du côté des élus, il y a aussi de nombreux coucous qui s’installent dans le nid des autres et qui raflent tout ce qu’ils peuvent… Ils nous parlent de nouveaux dispositifs - qui existent déjà - ou ils récupèrent des manifestations anciennes en leur mettant un coup de vernis pour faire neuf.

- Et en bons gros coucous, quand ils s’approprient le nid des autres, ils n’hésitent pas à briser les oeufs qui s’y trouvent : citoyenneté, forum local, cuisine centrale, accueil des plus démunis, MJC, …

- Et à la place, ils font de bons gros oeufs indigestes : opérations immobilières clinquantes, promesses de musées en tous genres, projets délirants qui resteront dans les cartons, réceptions pseudo-culturelles payantes, caméras et policiers à tous les coins de rues ...

- Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, dans nos réunions, on racontait tout le temps l’histoire du colibri …

- Ha oui ? Raconte-la moi…

- C’est une légende amérindienne, qui raconte qu’il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !" Et le colibri lui répondit :"Je le sais, mais je fais ma part."

- Merci pour ton histoire. Il faut qu’on veille à garder toujours au fond de nous une âme de colibri.
- Même si on est entourés de paons, de vautours, de perroquets, de dindes et de coucous.
- Et même si c’est l’année du coq. Ou le mandat du coq !

- Bonne nuit les amis !

Nicolas et Pimprenelle font de la politique…

 nicolas primprenelle ruissellement

- Bonsoir Nicolas !

- Bonsoir, Pimprenelle !

- Dis Nicolas, tu as participé aux primaires de la droite ?

- Non…

- Et aux primaires de la gauche ?

- Arrête, tu sais très bien que je ne peux pas y aller en pyjama !!!

-  Mais non, en vrai c’est parce que tu n’y comprends rien du tout.

– Mais, Pimprenelle, je lis les journaux… je comprends tout !

- Ha oui ? Et bien, dis moi qu’est ce que c’est la différence entre une ville de droite ou une ville de gauche ?

- Ben… Une ville de droite c’est quand tout est financier, tout à un prix, tout doit rapporter. Et qu’on fait des économies.

- Ha oui ? Parce que les villes de gauche, elles ne savent pas compter ?

- Elles, c’est pas pareil, elles comptent surtout les droits des gens, l’épaisseur du lien social, la force des services publics… Des trucs dont les villes de droite rigolent.

- Et puis ?

- Et puis, les villes de droite sont fières de percher des caméras vidéo, de faire tourner des brigades de policiers pour la surveillance des méchants.

- Les villes de gauche ne protègent pas les gens ?

- Elles ne cultivent pas la peur, la brouillade de méfiance, le gratin des voisins qui surveillent et les faits divers montés en chantilly…

- Elles ont tort, finalement ça aide pour gober une bouchée à cinq euros dans un truc gastro chic. Les villes de droite aiment bien les choses dangereuses et chères donc !

- Mais aussi, elles ont un grand sens de l’économie : plus de Maison de la Jeunesse et de la Culture, plus de Résidence des Personnes Agées, la Bourse du travail expulsée, la moitié du Val Tram gâchée, des économies qui se transforment en tragédies pour les plus faibles…

- Tu sais Nicolas, je crois que tu es de gauche…

- Nounours m’a dit que la grande différence, c’était surtout la théorie du ruissellement…

- Qu’est ce que c’est ?

- Ben, c’est penser que les grandes réalisations extérieures vont apporter des richesses dans les petites villes.

- Mais c’est de droite ou de gauche ça ?

- La gauche, elle pense à faire surtout fructifier les choses localement, elle favorise toutes les forces implantées sans penser que l’extérieur va amener des solutions.

– Tu veux dire que les championnats, les jeux olympiques, les Métropoles… C'est des choses qui doivent ruisseler ?

– C’est Nounours qui le dit. Et je me demande s’il n’a pas raison, quand je vois qu’à Aubagne, on vide la ville de ses forces en attendant la solution d’ailleurs.

– Bon, bon, arrête, le marchand de sable arrive…

Et bonne nuit les amis.

Nicolas et Pimprenelle ont reçu les vœux du Maire...

nicolas pimprenelle voeuxgazay

- Bonsoir Nicolas !

- Bonsoir, Pimprenelle !

- Dis Nicolas, tu as reçu les vœux du Maire ?

- Oui… Pourquoi toi aussi ?

- Ben oui.

- Tu crois qu’il a copié les vœux chez Fillon ou bien qu’il prend de la drogue ?

-  Mais non, il est sincère... Il est très content de lui, de son travail, de ses collaborateurs, de ses promesses, de ses réalisations, de son bon cœur !

- Oh, la la, Pimprenelle ! C’est toi qui as pris une dose trop forte de guimauve !

- Qu’est ce que tu voulais qu’il te dise ? Qu'il fait des économies sur tout ce qui concerne les services aux habitants ?

- Non, tu as raison. Il vaut mieux qu'il dise que c'est la faute au désendettement, aux emprunts toxiques.

- Tu voudrais qu'il avoue qu'il ne sait pas ce que vont donner, à long terme, ses élucubrations économiques et ses grands projets ?

- Non, tu as raison il vaut mieux qu'il annonce partout que tout va commencer cette année, qu'il va faire des grands travaux, qu'il va transformer le centre ville. Alors que si on regarde bien, en 2017, il va seulement faire repaver les rues Rastègue et Martinot. Et les autres grands projets sont encore dans les cartons.

- Tu voudrais qu'il explique qu'il y a de moins en moins de projets culturels, que la médiathèque et les maisons de quartiers n'ont pas de budget, que la MJC va mourir, qu'il se contrefout du Secours Populaire et des plus démunis, qu'il réduit les prestations gratuites aux seniors ?

- Ben non, il vaut mieux qu'il nous enfume en parlant de la "multitude de nos missions quotidiennes, au service de nos concitoyens", alors qu'on en a de moins en moins.

- Tu voudrais qu'il reconnaisse qu'il démotive à tour de bras les cadres et les autres pour qu’il n’y ait pas de vagues ?

- C’est sûr qu'il vaut mieux qu'il parle de qualité du service public, qui se traduit par un nombre toujours plus grand de recrutements parmi les cadres marseillais et parmi ses amis, enfants de ses amis, amis de ses amis ...

- Ça, c'est sûr, en 2016, on a gagné un paquet de cadres, de directeurs, de chefs, d'adjoints de directeur, d'adjoints de chefs.

- Oui, en termes de recrutement de cadres, ça a été une grande année !

- Bof, tu sais, la quantité n'assure pas la qualité.

- Mais bon, sur le reste, tu as raison, ça aurait été trop ...

- Remarque, parler d’exercice de transition, de cap intermédiaire, de perspectives, d’optimisme et d’énergie… C’est à se demander s’il n’est pas sur un bateau, le Capitaine…

- Celui de jette-moi et jette-mi ?

- Arrête la guimauve, Nicolas, c’est mauvais pour la tête.

- J’arrête d’accord, mais laisse moi rêver sur sa reconnaissance et ses vœux de bonheur.

- Alors passe-moi la guimauve, s’il te plaît.

- Tiens, Pimprenelle.

Et bonne nuit les amis ! 

A votre santé !!

nicolas pimprenelle levasseur

- Bonsoir Nicolas !

- Bonsoir, Pimprenelle !

- Dis Nicolas, c’est permis que Jeanine Levasseur l’élue à l’urbanisme crie et insulte les agents municipaux ?

- Qu’est ce que tu racontes… Où ça ?

- Mais, aux Assises de la Santé à Agora, le 20 novembre !

- Haaa… Qu’est ce qui s’est passé ?

- Elle a hurlé et traité de voleuses les agents qui grignotaient dans la cuisine, un plateau préparé pour elles…

- Ben pourquoi elles mangeaient dans la cuisine ?

- Parce qu’elles travaillaient entre 16h et 23h et que c’est long, quand les invités sont autour d’un buffet.

- Et alors Jeanine, ça ne lui a pas plu ?

- Ben non. Elle leur a dit qu’elle se plaindrait au maire.

- Mais pourquoi ?

- Parce qu'elles n'étaient pas invitées à manger, tiens !

- Mais c'est peut-être pour faire des économies.

- Ou parce que J. Levasseur ne pensait pas qu'elles auraient faim.

- Comme si elles étaient des machines, non ?

- Oui, c'est ça.

- Ca me fait penser à d'autres rencontres entre élus et agents municipaux au cours desquelles on a l'impression que les employés  - et le nom veut bien dire ce qu'il veut dire ! - sont transparents, sont des meubles, des outils.

- Ah oui ? De quoi tu parles ?

- Ben par exemple, quand il y a une cérémonie et qu'ils font un discours, on a l'impression qu'ils ne réalisent même pas qu'il y a un agent qui a organisé les choses, un technicien qui s'occupe du son, des balayeurs qui ont tout nettoyé avant, exprès pour faire bien propre.

- Ils ne remercient jamais les petits, les discrets, les besogneux.

- Sauf si ça se voit !

- Et là, Jeanine Levasseur, elle n'a pas pensé qu'il y avait des agents qui avaient tout organisé, tout installé, et qu'ils avaient besoin de se restaurer dans la cuisine à côté.

- En fait, pour eux, on n'est pas des humains, on est des machines.

- Et ils croient qu'on ne s'en rend pas compte, ou quoi ?

- Oui, on s'en rend compte. Il n'y a qu'à voir le tout petit nombre d'agents municipaux qui sont venus à la soirée du personnel. Même pas 50…

- 50 machines, peut-être ?

- Oui, les humains étaient ailleurs !...

Bonne nuit les amis !!

Nicolas et Pimprenelle

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