Syndrome Dorian Gray : Giovanni Schipani serait âgé de 77 ans !


Nous nous doutions bien que quelque chose clochait. Son allure, son ton, son anticommunisme tendance McCarthy, son goût prononcé pour les cérémonies d’anciens combattants ou encore son addiction au loto… les caractéristiques du bonhomme ne semblaient pas proprement adaptées à sa date de naissance déclarée (1990).

Le mystère est cependant en passe de se lever. Nous venons en effet de découvrir qu’à l’instar du héros d’Oscar Wilde, notre sémillant élu municipal est doté d’un pouvoir surnaturel qui lui permet de garder une apparence juvénile (ou presque…) en complet décalage avec son âge réel.

C’est au détour d’une conversation à bâtons rompus avec son acolyte et néanmoins ami Léo Mournaud que le prétendu benjamin du Conseil Municipal a trahi son âge réel. Alors que le « Président à vie de l’Association des amis de Ticky Holgado » se laissait aller à égrener, en cinéphile averti, les films qui composent son panthéon personnel (« Maciste contre le cyclope », « Maciste en enfer », « Maciste contre les hommes de pierre »,…), Giovanni Schipani a surenchéri en précisant qu’il était, quant à lui, plutôt « opérette » et qu’il avait assisté à toutes les avant-premières des films de Luis Mariano avec une préférence assumée pour « La Belle de Cadix » dont le caractère fleur bleue sait toucher les cœurs les plus tendres.

Si l’aspect anachronique de cette confession échappât à Léo Mournaud, il percuta cependant l’esprit toujours éveillé du Premier Adjoint Alain Rousset qui ne masquât pas son étonnement : « Mais enfin, Giovanni, tu n’as pas pu assister aux représentations de Luis Mariano ! Je suis moi-même un fan absolu de ce grand artiste et j’étais à peine adolescent lorsque le pape de l’opérette a cassé sa pipe ! »

Comme souvent lorsqu’un lourd secret se révèle, le principal intéressé, le premier choc passé, se sentit libéré. « Enfin ! Je vais pouvoir assumer mes goûts « rétro » et ma totale répugnance pour ces formes d’expression décadentes qui inspirent notre jeunesse. Je ne savais plus comment masquer, lors de mes permanences au PIJ, ma profonde méconnaissance des problématiques liées à la jeunesse. J’avais même l’impression de ne pas comprendre leur langue » !

Et si le Conseil Municipal des Jeunes, « grande idée » de la Droite aubagnaise pour répondre aux attentes de la Jeunesse laissait place à un Conseil des Anciens ? Cela n’aurait vraisemblablement guère plus d’intérêt mais cela permettrait sans doute à M. Schipani de se sentir davantage dans son élément.