Jean-Marie Orihuel élu à l’Académie Française !


orihuel academicien

Quel magnifique début d’année pour Aubagne ! Nous venons d’apprendre que le charismatique leader du MoDEM local, Jean-Marie Orihuel, vient d’être élu à l’Académie Française au siège de Michel Déon décédé le 28 décembre dernier. L’auteur du remarquable « Des raisons et déraisons d’un engagement politique à Aubagne » rejoint donc l’abbé Barthélémy, François-Urbain Domergue et Marcel Pagnol au Panthéon des lettres aubagnaises.

L’annonce officielle d’Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’illustre assemblée, n’a fait que confirmer les rumeurs qui traversaient le tout-Paris et le tout-Aubagne depuis quelques jours. Le « nouvel immortel » n’est pourtant qu’un très jeune écrivain. Mais son ouvrage, « Des raisons et déraisons d’un engagement politique à Aubagne[1] », édité à compte d’auteur et vendu (ou donné) à près de 100 exemplaires constitue à lui seul un monument de la littérature contemporaine qui valait bien cette distinction.

Bernard Pivot, qui en a pourtant vu d’autres, « reconnait en Jean-Marie Orihuel la plume des plus grands. Son style féroce et tendre ouvre de nouvelles perspectives pour la littérature française ». Il est vrai que cette somme, qui égrène les aventures d’un médecin égaré en politique, nous offre quelques passages délicieux.

Par le style d’abord : « La vie est belle grâce à l’amitié : un sentiment d’une étonnante puissance, porté par un doux mais tenace mistral, libérant ciel et cœur des brumes qui les obscurcissent trop (p.105) [2]». Quelle force dans l’usage de la métaphore !

L’auteur n’hésite pas non plus à se dévoiler, avec une touchante candeur : «Je suis né avec un grand défaut que durant toute ma vie je n’ai pas su corriger : un immense besoin d’offrir de la chaleur humaine, en idéalisant un peu trop l’autre, et ne cherchant à voir en lui que ses bons côtés. Cela m’a conduit à une vie sentimentale et familiale assez riche mais souvent difficilement gérable (p.5) ».

Certains passages révèlent même une esquisse de littérature érotique : « Ce que j’ai aimé son parfum, sa longue chevelure, ses yeux pétillants et déterminés, son souffle rapide, le goût de vanille dans ma bouche et les très douces mélodies de sa voix quand elle avait du plaisir (p.8) ».

Mais le meilleur réside sans doute dans la force politique du propos. Ce ne sont pas des phrases mais de véritables coups de poing dans la gueule que le lecteur reçoit : « En 1974, j’ai voté pour Valéry Giscard d’Estaing, qui avait le soutien de Jean Lecanuet, et représentait pour moi le Centre et le modernisme (p.25) ». Plus grand monde ne se souvient de Giscard et encore moins de Lecanuet, mais voir en ces deux notables l’incarnation du modernisme témoigne clairement de la capacité de l’auteur à atteindre et dépasser le seuil de la littérature fantastique.

L’auteur se livre également à des portraits féroces et lourdement argumentés des adversaires ou amis politiques qui se sont trouvés sur sa route : « La personnalité de Monsieur Tardito est très forte. Contrairement à Edmond Garcin, il n’est pas humaniste (p.36) », « Il faudra faire avec le mauvais caractère et la maladresse de Sylvia Barthélémy (p. 53) » ou encore « Gérard Gazay qui nous a rencontré Josyane et moi, au cours d’un repas, à son initiative. Nous avions deviné sa volonté d’être Maire d’Aubagne et ses grandes difficultés à exister du fait de Sylvia et de son noyau rapproché, avec lesquels les relations semblaient tendues (p.80) ». Le portrait le plus cocasse est sans-doute celui du Général Piquemal, récemment condamné pour avoir organisé des manifestations anti-réfugiés avec quelques sbires d’extrême droite et que notre nouvel académicien décrit comme « un homme sympathique mais maladroit (p.52) ».

Mais il est impossible de rendre compte, en quelques lignes, d’une œuvre aussi monumentale. Souhaitons simplement que l’auteur, sublimé par son nouvel état d’immortel, nous offre rapidement un nouvel opus et crée, pourquoi pas, un nouveau mouvement littéraire. Il se dit qu’à l’instar de son prédécesseur à l’Académie Française, Jean-Marie Orihuel envisage de constituer un groupe d’écrivains de choc : après les « Hussards de la Littérature » dont Michel Déon était le dernier des représentants, nous suggérons les « Suchards de la littérature ». C’est sucré et un peu mou à l’intérieur…

 

[1] Notons, dès le titre, le remarquable esprit de l’auteur qui n’hésite pas à utiliser un jeu de mots audacieux.

[2] La totalité des citations de Des raisons et déraisons d’un engagement politique à Aubagne sont rigoureusement exactes. La page de référence est mentionnée à la fin de la citation.