Festimôme gratuit : un souvenir d'enfance...

Avant cette 15ème édition de Festimôme, l’inquiétude planait autour du festival emblématique de l’été aubagnais comme elle plane sur lui depuis 2014 (voir notre article : Longue vie à Festimôme !). A la suppression de la subvention de fonctionnement de 8000 euros décidée en 2014 s’ajoutait cette année une diminution drastique de l’aide technique et logistique fournie par la Ville, une perte évaluée par les services eux-mêmes aux environs de 17000 euros et qui a contraint les organisateurs à rendre pour la première fois l’entrée payante, décision prise à contrecœur tant la gratuité fait partie de l’ADN du festival.


Une inauguration qui donnait le ton

C’est dans ce contexte que se déroulait mercredi dernier, l’inauguration du festival. Sans doute inquiet de la présence de Nicole Ferroni, marraine du festival, Gérard Gazay était présent, contrairement à l’an passé, bien décidé à prendre la parole en dernier. Qu’allait dire celle que Teresa Tigrato, directrice artistique du festival, appelle à juste titre la « marraine d’exception » de Festimôme ?

On pouvait comprendre l’inquiétude du maire quand on connaît le talent de l’humoriste et son implication aux côtés du monde associatif aubagnais confronté à la nouvelle politique municipale. Elle est en effet au premier rang pour défendre la MJC qui joue sa survie suite aux coupes budgétaires municipales et elle soutient les associations caritatives expulsées de l’Espace des Solidarités. Ajoutons qu’elle a aussi signé la pétition contre la privatisation de la cuisine centrale.

C’est Teresa Tigrato qui prenait la parole la première pour présenter cette nouvelle édition d’un festival dont les maitres mots sont toujours « convivialité, curiosité et imagination ». Elle soulignait aussi la dimension culturelle de l’événement, indispensable dans un moment où « l’absence de culture marginalise voire oppose ».

Les partenaires n’étaient pas oubliés : la MJC bien sûr, fidèle à sa mission d’éducation populaire, l’IRTS (l’Institut Régional des Travailleurs Sociaux) et les professionnels de la crèche Un air de famille de Marseille qui animent un Festi-mini-môme pour les 0-3 ans toujours plus prisé chaque année. La directrice rendait enfin un hommage appuyé aux hébergeurs solidaires qui accueillent les artistes du festival (pour près de cent nuitées !) et à la soixantaine de bénévoles sans qui rien ne serait possible (nous y reviendrons plus loin).

Venait le tour de la marraine qui plantait le décor en se décrivant en ces termes : «  même si j’ai une toute petite bouche, j’ai parfois une grande gueule ». Elle désamorçait ensuite habilement les « coups de pagaie » qu’il lui arrive de porter sur les décisions municipales en les comparant à ceux qui sont échangés dans sa famille où, dit-elle, « nous ne sommes pas toujours du même bord ». Or comme c’est aussi la Ville d’Aubagne « qui (l)’a éduquée, qui (l)’a élevée », dans cette « famille au sens large », les coups de pagaie sont donc autorisés… Elle ne se privait pas d’en délivrer un nouveau en glissant au passage : « la nouvelle cuisine de Mr le maire, moi j’aurai pas fait comme ça ».
Elle finissait en mettant carrément les pieds dans le plat, demandant au maire d’accorder l’an prochain un budget plus important à Festimôme pour que le festival puisse proposer à nouveau un libre accès à tous car « la culture permet de s’attaquer aux problèmes quand ils sont graines, pas quand ils sont déjà en fleurs ».
Ultime pirouette, elle lançait à Gérard Gazay : « Pas de souci pour les caméras (de vidéosurveillance NDLR) mais laissez juste Festimôme s’occuper du contenu du film car eux ils feront au mieux pour mettre sur vos écrans des gamins heureux ».

S’ensuivit un tonnerre d’applaudissements et on comprit que Gazay allait avoir du mal à prendre la suite. Ce que comprit aussi le chef du protocole municipal qui vint à son secours en se précipitant sur la sonorisation pour monter le volume.

Cela ne rendait pas le maire d’Aubagne plus audible que d’habitude. Lui qu’on savait déjà fâché avec la culture (on se rappelle de ses fameuses tartuffleries) s’enfonçait un peu plus en prononçant une sentence qui restera elle aussi mémorable : « le mot culture est compliqué à définir » (on avait en effet compris que, pour lui, c’était le cas…). A son actif, il faut souligner cependant qu’il réussit à glisser la phrase suivante : « les racines provençales sont importantes, on est en Provence ici, Aubagne en Provence… ». Il marquait ainsi un point indiscutable dans le concours qui l’oppose à distance à la Présidente du Conseil Départemental, pourtant experte en la matière puisqu’elle est capable de vanter les « racines provençales » même lorsqu’elle inaugure une exposition sur le jazz… Avec ces deux là (auxquels on peut adjoindre le président de Région) qui creusent de concert pour nous enfoncer sous terre à la recherche d’hypothétiques racines, on va finir où ? 


Clap de début

Mais le festival pouvait enfin démarrer. Enfin, s’il pouvait démarrer c’était surtout grâce au formidable travail fourni en amont par la petite équipe organisatrice et par les nombreux bénévoles. En effet, si le premier magistrat a autorisé le service public communal à installer la scène principale, il a refusé de mettre à disposition l’équipe technique habituelle, laissant le soin à celle du festival d’assurer seule l’installation et la mise en route du groupe électrogène ainsi que le montage des plateaux son et lumière. Parmi les bénévoles, on trouvait même des agents du service public, très attachés au festival, qui avaient pris des jours de congé pour prêter main forte !

Si le festival pouvait enfin démarrer, c’était aussi que le montage du bar, du snack, de la cuisine, de la yourte, des loges pour accueillir les artistes, du magnifique décor qui parsemait le parc Jean Moulin avaient été eux aussi réalisés par les indispensables bénévoles.

Et c’est ainsi que, dès 10h du matin le mercredi, les différents ateliers étaient opérationnels, prêts à offrir pendant trois jours aux festivaliers des activités quasi permanentes : lecture, initiation aux arts du cirque, jeux d’antan, peinture, festi-mini-môme, troll ball et tir à l’arc, grande roue à pédales, observation et illustration…


Des spectacles formidables

C’est sur cette solide colonne vertébrale déployée dans le parc Jean Moulin qu’ont commencé à se dérouler les différents spectacles, s’enchainant les uns aux autres quasiment sans temps mort sur les cinq emplacements prévus à cet effet.

Un programme très circassien cette année avec notamment l’impressionnante roue de Mr Dyvinietz, les magnifiques cordes nuptiales du Circo Pitanga, le Banana Show du canadien Pierrick Saint-Pierre ou le mât chinois de l’acrobate chilien Mistral. Mais aussi de la magie pleine de poésie avec la tente d’Edgar de la compagnie La trappe à ressorts et la marionnette magicienne de Kukuryku.

Enfin, les Maraudeurs proposaient tout au long des trois jours un magnifique voyage immobile autour d’un bric à brac improbable sorti des entrailles de leur vieille roulotte.

Un public conquis

Si le festival s’adresse à toutes et à tous, de 0 à 99 ans, son cœur de cible c’est quand même les enfants. Et durant ces trois jours la cible a été atteinte ! Il suffisait de voir leurs regards attentifs, tantôt émerveillés, tantôt étonnés (voire un peu effrayés parfois...), leurs bras tendus en l’air pour participer, leur énergie débordante dans les activités ou leur concentration pendant les spectacles, pour mesurer l’importance de ces moments dans leur développement futur et leur épanouissement. Nicole Ferroni a bien raison, Festimôme est irremplaçable car il connaît la recette pour mettre sur les écrans de notre société en crise des visages d’enfants heureux !

Des soirées musicales en prime

Et en plus, à Festimôme il y aussi de chouettes soirées musicales ! Le mercredi, c’est Lionel Achenza des Raspigaous qui commençait très fort en embrasant les festivaliers avec son reggae acoustique guitare-voix. A la suite, le duo Little Silence (trio pour l’occasion avec l’apport d’un percussionniste-trompettiste) permettait à la soirée de se poursuivre dans une belle ambiance, intimiste et sensuelle à la fois.

Le jeudi c’était au tour de Swan Ink et Dissonant Nation de se succéder sur la grande scène du festival, plantée dans un décor magnifique, dominée par deux immenses cyprès et joliment mise en lumière et en son. Si les deux groupes sont originaires d’Aubagne, ils ont parcouru beaucoup de chemin depuis leurs débuts en se produisant sur de nombreuses scènes bien au-delà de notre territoire. Deux groupes aux univers musicaux très différents mais partageant la même radicalité dans leurs choix artistiques. Dans les deux cas, l’engagement et l’énergie étaient au rendez-vous !

Enfin le vendredi c’était le groupe toulousain Azad Lab et son détonnant mélange de hip-hop et de soul qui déboulait sur la scène du parc Jean Moulin, enthousiasmant un public conquis par le groove implacable des sept musiciens.


Et l’an prochain ?

A en croire les artistes présents lors de cette 15ème édition, Festimôme est un festival à nul autre pareil car il mêle programmation exigeante, accueil compétent et convivialité exceptionnelle. Il fallait avoir la chance de participer à l’un de ces improbables repas mêlant artistes, bénévoles et spectateurs autour d’une cuisine 100% maison, faite sur place (on a même eu droit à d’incroyables tours de magie : spéciale dédicace à l’époustouflant Edgar !) pour mesurer combien cette convivialité, que l’on ne trouvera jamais dans les carrés VIP en vigueur dans tant d’autres festivals, est précieuse.

Seule ombre au tableau, avec la disparition de la gratuité de la manifestation, c’est un peu de cette convivialité qui s’en va. Un peu de public aussi, les parents et grands-parents n’ont d’ailleurs pas manqué de dire combien ils déploraient cette disparition en découvrant la caisse à l’entrée du festival. Pas seulement pour eux, mais pour ceux qui pour cause de moyens financiers insuffisants ne sont venus qu’un jour avec leurs enfants voire ne sont pas venus du tout…

Comme l’a dit Gérard Gazay lors de l’inauguration, Festimôme n’a plus besoin de faire ses preuves car ses quinze éditions couronnées de succès plaident pour lui. On ne peut pas en dire autant du maire d’Aubagne qui doit lui faire la preuve, sonnante et trébuchante, de son attachement au festival jeune public d’Aubagne en revenant sur l’amputation de sa subvention et en lui apportant le soutien technique que la Ville lui a toujours accordé par le passé.

Alors Mr Gazay, joignez les actes à la parole et en 2017, Festimôme pourra de nouveau ouvrir grand ses portes à tous les enfants d’Aubagne et d’ailleurs, sans exception !

 

Redha Romani

 

 

 

 

 

 

Le Ravi s’invite au pays des santons

leravi conseil municipal aubagne 

Les séances du Conseil Municipal d’Aubagne vont-elles devenir l’espace politique le plus prisé des médias de notre région ? On s’est habitué à la couverture descriptive et souvent bienveillante de nos collègues de « La Provence ». On apprécie l’angle critique de nos amis de « La Marseillaise ». Nos modestes chroniques visent quant à elles à faire sourire, sans s’interdire parfois de réfléchir. Et voilà que la séance du 25 mai, qui n’offrait pourtant pas un ordre du jour bien affriolant, fait l’objet d’un compte rendu sur une pleine page dans l’édition de juin du mensuel satirique « Le Ravi ».

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Médiathèque : les inquiétudes demeurent

Ce mardi 17 mai, la grève nationale a été très suivie par le personnel de la médiathèque à Aubagne. Quasiment tout le personnel était gréviste et occupait le parvis de l'établissement. Toute la matinée, les agents du service public ont expliqué aux usagers les raisons de leur grève nationale et les raisons de leur mécontentement local.

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Médiathèque : ça va mieux ?

mediatheque

D'après nos informations, la Médiathèque Marcel Pagnol retrouverait quelques marges de manœuvres. En effet, le budget 2016 pour l'acquisition de livres et de films sera, sauf mauvaise surprise, réévalué. Vous me direz, ce n'est pas bien difficile vu qu'il était à zéro, ou presque.

Les agents de la Médiathèque n'ont pas voulu accepter cette situation*, et ont réussi à se faire entendre, Gazay leur promettant de se faire aider par les institutions partenaires.

La Direction Régionale des Affaires Culturelles devrait mettre la main à la poche : 20 000€. À la condition expresse que la Mairie d'Aubagne fasse de même !

N'oublions pas que le budget était de quelque 100 000 € sous la mandature de gauche. Mais heureusement que le gouvernement socialiste est là pour sauver les maires de droite qui n'ont plus d'argent. Rappelez-vous, il y a à peine 2 mois, notre ministresse de l'éducation a apporté 2 millions d'euros à Gaudin pour qu'il refasse les écoles de Marseille qui étaient en train de s'écrouler, en se félicitant du travail effectué bien que cela ne fasse pas partie des compétences de l'État de financer les écoles primaires.

C'est la prime aux cancres !

Benoit Jancet

 

* À lire aussi :

Contre la disparition des budgets la médiathèque se prépare à la grève

Médiathèque : recul de Gazay

Médiathèque : les inquiétudes demeurent

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