Il était une fois l'argile à Aubagne

 Argilla 2017

Il était une fois… Ainsi commencent les contes de fée et les belles histoires, qui connaissent habituellement une fin heureuse. L’histoire que nous allons vous raconter pourrait bien mal finir. Car après la dernière édition d’Argilla, c’est au passé qu’il faudra bientôt, peut-être,  parler de la céramique à Aubagne.

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Du théâtre avant toute chose

Depuis 2009, l'atelier théâtre Zone&Cie explore les multiples facettes du théâtre contemporain en s'attaquant chaque année à une oeuvre exigeante de ce répertoire avec beaucoup d'enthousiasme et d'énergie. On se souvient entre autres du travail original et inventif que la troupe et son metteur en scène ont réalisé par le passé sur "Jardinage humain" de Rodrigo Garcia, "L'exercice de la raison" de Jean Luc Lagarce ou sur "Les enivrés" de Yvan Viripaev l'an dernier. Ils reviennent le jeudi 29 juin sur la scène du Comœdia. Profitons en tant qu'il en est encore temps !

S'il en est encore temps, c'est que malgré tous les efforts qu'ils déploient depuis 3 ans, Gérard Gazay et son Amy l’adjoint à l’a-culture n’ont pas encore réussi à faire disparaître toute forme de création artistique originale à Aubagne. Pourtant ils s’y emploient : liquidation de la MJC, baisse des subventions aux associations, censure du Festival d’Art singulier, rabougrissement de la fête de la musique, disparition des arts de la rue… La liste est longue, nul doute que vous pourriez la compléter !

La dernière conséquence de leur indigente politique culturelle, qui tient autant à leur inculture qu’à l’idéologie rétrograde qui les anime, c’est la transformation de 100% Théâtre en 50% Théâtre suite à la disparition de la MJC (voir notre article).

Mais il existe encore - pour combien de temps ? - un terreau fertile d’énergies créatrices dans la capitale des santons, terreau fertilisé par l’impulsion que lui donnait, avant 2014, les politiques institutionnelles locales. Mais ça, c’était avant… C’est à Aubagne, par exemple, que les acteurs culturels locaux ont été véritablement associés à l’année 2013 capitale européenne de la culture, bien plus qu’à Marseille. Ces acteurs locaux qui dans la diversité de leurs expressions : musique, danse, théâtre, arts plastiques… avaient déjà l’habitude de travailler ensemble dans une belle synergie au sein du pôle artistique et culturel né en 2008. De cet élan partagé étaient nés les évènements #01, #02 et #03 . Pour se rafraichir la mémoire on peut encore aller voir sur le site de la ville les magnifiques photos de l’édition #02 !

Que reste-t-il aujourd’hui de toute cette belle créativité ? Encore quelques braises ardentes, de celles qui peuvent faire repartir le feu sous des couches de cendres !
Un de ces brandons brille encore à la Distillerie au cœur de l’atelier Théâtre Zone&Cie. Grâce à Jean-Luc Dimitri, l’emblématique directeur du Comœdia, qui se plaît à souffler sur les braises de la création, l’atelier aubagnais se produira cette année encore sur la scène du thêatre, le jeudi 29 juin à 20h30.

La joyeuse et talentueuse troupe interprétera « Yeul le jeune » dans une mise en scène de Frédéric Récanzone assisté de Magali Scali Lerme. Une fois de plus, le metteur en scène et les 14 comédiennes et comédiens (voir la distribution complète ci-dessous) ont choisi de porter sur scène un texte contemporain écrit par un auteur vivant et bien vivant : Joel Jouanneau. A la fois auteur, pédagogue et metteur en scène reconnu, celui-ci a refusé en 2007 le poste de directeur du conservatoire national supérieur d’art dramatique pour se consacrer à l’écriture.

Dans « Yeul le jeune », pièce écrite en 2001, il conte l'histoire des douze premiers humains, comme le ferait un texte fondateur. Des hommes et des femmes vivant en temps de guerre :

« Les hommes-chiens font la guerre en bas « à l’ancienne », les Oiseaux de feu la font technologique par le haut et les Justes observent. Tous, avec cynisme.
Le singe, envoyé du grand office, règne avec son « cash ». Et la terre souffre, les Glébeux aussi, mais « ainsi va la vie, ainsi va le temps ».
Et la paix arrive... Yeul le père un homme-chien sera supplicié et deviendra l'exemple pour punir une guerre fratricide et pour ne pas inquiéter d’autres protagonistes.
Yeul l'enfant seul, sera l'espoir en nous. »

Intrigant, non ? Évocateur aussi ! Alors rendez vous jeudi prochain au Comœdia, vous ne le regretterez pas, je peux vous l’assurer à 100% !

Redha Romani

 

Distribution :
Christine Billard Zaki, Chœur, Le singe
Pauline Cacciaguerra La voix, Femme-chien
Odile Canovas Yâsin, Chœur, Juste
Valérie Collignon Jean de Peu, Chœur, Zgad femme-chien
Isabelle Daoût Ghâfur, Juste
Hélène Devaux Shâfi, Yaëlle, Old Fashion oiseau de feu
Flavie Dhordain Shaddaï, Zolf Femme-Chien, Chœur
Kevin Hesschentier Korb, Nabuk homme-chien, Belle de nuit oiseau de feu
Sylvie Hubsch Djann
Muriel Lopez Yak l'ancienne, Chœur, Anything Goes oiseau de feu
Thierry Luc Ourk, Yeul homme-chien
Nathalie Touaty Dawwab, Zgor Femme chien, une Glébeuse
Brigitte Noisiez Ogor, Chœur, Juste
Romain Zaïdi Yeul le jeune
et Valérie Costa Chorégraphie

Le prix marseillais du polar pour Johana Gustawsson

Elle était passée par Aubagne en Avril 2016 pour présenter son tout premier roman intitulé « Block 46 ». Joahana Gustawsson nous avait alors gratifié de son sourire et de sa simplicité pour nous exposer ses principales sources d'inspiration. La petite fille du résistant Simon Lagunas avait naturellement puisé dans l’histoire familiale pour écrire son premier livre.

Le samedi 10 juin 2017, la jeune femme vivant à Londres est revenue sur ses terres pour recevoir le 14ème prix marseillais du polar pour ce même roman. Organisé par l’association Cours Julien, au conservatoire national de région Pierre Barbizet, le thème de cette année portait sur le polar historique. Dix avocats sélectionnés par le barreau de Marseille ont eu pour tâche de « défendre » dix œuvres choisies par le directeur artistique Gilles Del Papas, le tout sous l’écoute attentive d’un tribunal populaire éphémère.

Cette récompense fait suite à la sortie de son second opus « Mör » (adjectif désignant une viande tendre) aux éditions Bragelonne. Toujours sous le thème du thriller, il s’agit d’une enquête sur un tueur en série dans le cœur de Londres.

Voilà une reconnaissance qui va satisfaire les amoureux du genre, et remplir de fierté les Aubagnaises et Aubagnais. Une preuve de plus que les artistes contemporains gagnent en reconnaissance, loin du mythe "froufrouteux" et vieillot de la belle époque.

José Da Silva

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