Astérix et la Transitalique


livre asterix transitalique 2

Ils n'ont pas besoin de nous pour vendre des exemplaires mais il me semblait intéressant d'aborder la sortie de ce nouvel album d'Astérix peut-être un peu différemment que dans le reste de la presse. Lors de cette aventure, Astérix et Obélix traversent l'Italie et croisent plus de nationalités que dans tout le reste de leurs aventures (ou presque). 

La première chose qui frappe en saisissant la BD, c'est la logique commerciale qui y règne. Au-delà des codes propres à la saga gauloise auxquels les lecteurs souhaitent pouvoir logiquement se référer sous peine de damnation éternelle des auteurs, on remarque que les initiales et noms des dessinateurs et scénaristes originels trônent au sommet de la couverture, de part et d'autre du nom du héros d'Armorique. Cela me gêne un peu que les véritables artisans de ce nouvel exemplaire soient relégués en dessous du titre alors que, quoique l'on puisse en penser, ce sont bien eux qui font vivre aujourd'hui encore les deux potes moustachus. Il ne s'agit pas de voler leur création aux inventeurs du personnage mais l'élégance voudrait que ceux qui ont pris le temps et le talent pour créer reçoivent un peu plus de reconnaissance. Mais tout cela est certainement affaire de négociations pointilleuses d'arrière-cour, un peu à la manière de la grosseur et du sens des noms des acteurs sur une affiche de film. 

Bref, le ton est donné. Astérix n'est plus uniquement le héros des enfants, il est aussi celui des héritiers et des peoples. Rien à redire sur les dessins, d'une grande qualité comme toujours sur un Astérix, et d'une fidélité quasi parfaite. Par contre, en terme de gags et de références, on entre un peu trop souvent dans le travers du plaisir facile donné aux fans Une sorte d'hyper-fidélité donc.

Vous retrouverez la colère d'Obélix vexé, la naïveté du même Obélix qui va mener le duo à entrer dans l'intrigue, les pirates mais sans bateau, le méchant corrompu et bouffon, son homme de main censé mettre des bâtons dans les roues des Gaulois, les références anachroniques à des cités connues, les sangliers qui manquent à un Obélix affamé, les caricatures de personnalités connues, les jeux de mot dans les noms des personnages, la petite histoire dans la grande avec l'intervention involontaire ou concasse d'Obélix etc etc.

L'album est loin d'être mauvais mais il souffre d'une chose que les lecteurs habituels d'Astérix auront du mal à dépasser : la nostalgie, la découverte, la naïveté devant le dessin et les blagues qu'un enfant ou un(e) jeune garçon (fille) éprouve naturellement sans calcul ni jugement. 

Camille Alexandre

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