Chroniques ciné

Au revoir là haut

Au revoir là-haut d'Albert Dupontel

Il fallait oser adapter l’extraordinaire roman de Pierre Lemaitre, Albert Dupontel s’y est essayé et il a magistralement réussi.

Au revoir là haut ne peut pas être résumé, il faut aller le voir et on en ressortira effrayé, bouleversé, écœuré, intrigué, émerveillé, conquis. 

L’horreur des tranchées, la beauté, la poésie et la magie des masques qui cachent les gueules cassées, l’inventivité et la candeur des deux poilus héros de cette épopée, l’analyse pertinente d’une société corrompue annonciatrice du futur, tout se côtoie et s’entrechoque.

Comédie, drame, Au revoir là haut l’est tout à la fois. Dupontel a bénéficié de la complicité de Lemaitre dans le scénario. Réalisateur et acteur, il a su s’entourer de comédiens et comédiennes exceptionnels.

Film enthousiasmant et spectaculaire, il est incontournable et l’antidote des trop traditionnelles cérémonies du 11 Novembre. La séance terminée, on lira ou relira Au revoir là haut, on rejoindra ainsi les cinq cent mille personnes qui ont fait de ce roman un événement littéraire de ces dernières années.

Antoine Cesano 

 

Coexister

Coexister de Fabrice Eboué

Pour une motivation commerciale, un producteur à la dérive décide de rassembler un curé, un imam, un rabbin pour monter un spectacle autour du « vivre ensemble ». On pourrait craindre le pire, la bande annonce et les premières minutes du film le confirment.

Mais rapidement les craintes se dissipent. La mayonnaise prend, nos trois religieux nous entrainent dans des situations plus que cocasses, on rit équitablement de tout, des religions en particulier. Les joutes verbales des trois compères font mouche, elles défendent avec beaucoup d’humour et de dérisions les points de vue de chacun. Les acteurs et actrices campent de manières remarquables leurs personnages (avec une mention pour Guillaume de Tonquedec).

Merci à Fabrice Eboué de nous faire passer un bon moment et de nous rappeler que Coexister est possible et surtout souhaitable.

Antoine Cesano

Le Sens de la Fête

Le sens de la fête un film d'Eric Toledano et olivier Nakache

Humour, tendresse, humanité : Eric Tolédano et Olivier Nakache, une fois de plus, nous enchantent.

Le Sens de la Fête, c’est l’histoire de Max et de son équipe, cuisiniers, serveurs, plongeurs, photographe, maitre de cérémonie à qui est confié de servir un mariage dans un château du 17e siècle. Et pendant 120 minutes, nous allons suivre chaque personnage dans les moindres dédales de ce château. Les dialogues sont succulents, l’humour est roi, le casting remarquable. Bacri est le patron de cette belle équipe et, comme d’habitude, il fait mouche. Bourru, râleur, généreux, sa voix, ses mimiques enthousiasment le public et chaque spectateur, en lui, se reconnait un peu.

Le Sens de la Fête, remarquable comédie humaine où humour, poésie, beauté font de Max et sa bande, des amis que l’on ne voudrait pas quitter.

Courez vite voir ce film, vous en ressortirez heureux !

Antoine Cesano

Faute d'amour

Faute d’amour, un film bouleversant, une œuvre magistrale !

Andreï Zviagintsev, après avoir dénoncé dans Léviathan la corruption du pouvoir russe, nous plonge, avec Faute d’amour, dans le quotidien glaçant de la Russie d’aujourd’hui. 

Alyocha est l’enfant dont le père et la mère ne veulent plus entendre parler jusqu’au jour où, à la sortie de l’école, l’enfant disparait. La police n’en a rien à faire, c’est une association citoyenne qui part à sa recherche. L’hiver pétrifiant, la forêt à l’abandon, un bâtiment fantôme de l’ex URSS, un plan d’eau glacée sont autant d’obstacles dans la recherche.

La caméra de Zviagintsev va nous faire vivre de manière sobre, dépouillée cette lente agonie ; désespérance de l’enfant (sa détresse quand il apprend qu’on va le placer), affrontement dramatique de ses parents, effondrement de la société russe (image parlante de la sportive russe s’effondrant sur son vélo d’appartement).

Le réalisateur russe va nous saisir à la gorge, dès ses premières images, et ne pas nous lâcher jusqu’à la dernière, émouvante et prévisible.

Surtout ! Surtout à ne pas manquer !

Antoine Cesano

Petit Paysan

Petit paysan, un film d'Hubert Charuel

Petit paysan, un film qui parle du monde rural, peu représenté au cinéma. Hubert Charuel, dont c’est le premier film (!), va nous faire vivre la vie de Pierre, jeune trentenaire, éleveur de vaches.

C’est le drame de l’éleveur dont les animaux sont victimes d’une épidémie. Charuel filme le quotidien de ces petits fermiers dont la vie c’est l’élevage, ce sont les vaches, l’incertitude, la peur du lendemain. Pierre va affronter l’épidémie, il sait qu’il ne pourra pas compter sur les aides de l’État et que malgré son acharnement, son amour du métier et des animaux (qu’il est beau ce petit veau sur le canapé du salon familial), la partie est perdue d’avance.

Film réaliste, émouvant servi par Swan Arlaud et Sara Giraudeau remarquables sans oublier des vaches omniprésentes et difficiles à diriger. Nous sommes, ici, dans la France agricole qui souffre, loin de la Ferme des Mille Vaches.

Antoine Cesano

Gabriel et la montagne

A mi-chemin entre documentaire et fiction, le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa va nous raconter les 70 derniers jours de son ami Gabriel Buchman. 

« Je voyage comme j’ai toujours aimé, pas de manière touristique ». Gabriel va terminer son année sabbatique par la rencontre avec l’Afrique : Kenya, Tanzanie, Zambie, Malawi. Très beau face à face de l’homme avec les paysages africains, à la fois grandioses et inquiétants ; face à face passionnant de l’homme avec ses semblables, curiosité, incompréhension parfois, partages, amitié souvent.

L’appareil photo de Gabriel sera le lien entre la fiction et le reportage. Gabriel et la montagne : un bol d’air de simplicité, de générosité, d’humanité.

Antoine Cesano

Le Caire confidentiel

Janvier 2011, dans le Caire en pleine ébullition, l’inspecteur Noureddine va devoir élucider le meurtre d’une jeune chanteuse, dans un palace de la capitale égyptienne.

Remarquable thriller où le réalisateur Tarik Saleh passe la société égyptienne au crible. Tout s’achète, tout se vend, la corruption est le maître mot, les services de sécurité s’en régalent. La richesse insolente des uns, la misère sordide des autres se côtoient. Difficile à l’inspecteur Noureddine d’échapper à cela, il va avancer dans son enquête, imprégné de tout ce qui l’entoure, ici l’intégrité n’existe pas et il va faire avec. La révolution égyptienne surgit à la fin du film, elle est porteuse de changement, on sait ce qu’il en est advenu.

Pour être d’une manière remarquable en prise avec la réalité, Le Caire confidentiel nous fait aimer les salles obscures et fuir les vacances au bord du Nil !

Antoine Cesano

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