Chroniques ciné

Fuocoammare

Fuocoammare,la chanson la plus populaire sur l’ile de Lampedusa, territoire italien de 20 kilomètres carrés, à 200 km de la Sicile.

Lampedusa a accueilli 400 000 migrants en 20 ans, 15 000 sont morts noyés au large de ses côtes. Gianfranco Rosi, dans Fuocoamare a voulu témoigner.

Camera au poing, il a, pendant un an, parcouru les rues de l’ile, rencontré ses habitants dans leur vie quotidienne, côtoyé pendants plusieurs semaines, les sauveteurs de la marine nationale italienne. Ici pas d’acteurs mais des enfants, femmes, hommes, naufragés, sauveteurs filmés dans leur environnement, dans leurs rencontres dramatiques. Ici pas d’effets de style, d’images superficielles : la camera interpelle l’indifférence, appelle à la prise de confiance, s’insurge, sans le dire, contre l’intolérable.

On comprend que Fuocoamare ait obtenu l’Ours d’or à Berlin et que l’Italie veuille en faire son porte-drapeau lors de la future cérémonie des Oscars !

Antoine Cesano

 

NB : une occasion de fréqueuter le cinéma l’Alhambra et d’y apprécier son accueil chaleureux.

Comancheria

Après la mort de leur mère, deux frères attaquent les succursales d’une banque qui souhaite s’emparer de leur modeste héritage.

C’est sans compter sur l’acharnement de deux vieux rangers texans qui partent à leur recherche. Et nous voilà entrainés dans le Comancheria, région tampon entre le Mexique et le Texas. Il n’y a ni Bons ni Méchants mais deux duos qui, dans leur poursuite impitoyable, traversent l’Amérique profonde : Indiens miséreux, Mexicains méprisés, petit peuple américain à la dérive, banques incontournables vers qui les regards réprobateurs se tournent.

Mi western moderne, mi thriller, Comancheria nous tient de bout en bout en haleine. De très belles images, une musique country omniprésente accompagnent des acteurs campant solidement leurs personnages.

À voir en version originale.

Antoine Cesano

 

FRANTZ

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se recueille, tous les jours, sur la tombe de son frère mort au combat. Elle va y faire une rencontre qui va, à nouveau, bouleverser sa vie.

Frantz, un beau mélodrame où François Ozon va, avec délicatesse, nous décrire une belle et triste histoire d’amour. Deuil, secret, mensonge vont nous émouvoir pendant toute la durée du film.

Un film audacieux (évoquer la guerre 14-18, 100 ans après la fin des combats) où Ozon n’hésite pas, malgré quelques « raccourcis », à porter un message pacifiste et humaniste.

Servi par l’usage du noir et blanc (souligné par quelques plans en couleur), une mise en scène délicate, une belle illustration musicale, la découverte d’une jeune et talentueuse actrice allemande, Frantz est à coup sûr un élément interpellant de cette rentrée cinématographique.

Antoine Cesano

 

 

Divines

Divines, c’est l’histoire de Doumia et de son amie Maimouna qui, lasses de vivre dans la misère de leur ghetto, veulent oser être riches.

Premier film d’Houdia Benyanima, caméra d’or au festival de Cannes, un film inquiétant, parfois joyeux, captivant, bouleversant, magistral.

La scénariste l’affirme : « Le cinéma est un acte politique » et pour son premier coup d’essai, c’est un coup de maitre !

L’école ne fait pas rêver Doumia, c’est la Thaïlande qui l’attire (quelle magnifique ballade virtuelle en Ferrari sur le parking de leur immeuble !) ; la religion laisse nos deux héroïnes sceptiques et la culture ne fait pas le poids face au fric. La réussite pour eux, enfants de la misère, c’est l’argent et sa spirale fatale et l’occasion d’en gagner facilement s’offre à eux.

Divines, un film humaniste et vrai qui ne cède rien à la facilité, témoin de la France d’aujourd’hui ; un film servi par de jeunes actrices magistrales et une scénariste dont on entendra surement reparler.

Antoine Cesano

 

Toni Erdmann

Une jeune femme d’affaires va voir sa vie bouleversée par l’arrivée intempestive de son père. « Es-tu heureuse ? » lui demande –t-il ?

Film de la scénariste allemande Maren Ade, acclamé à Cannes, encensé par la presse écrite française.

À la fois inquiétant par son immersion dans le cœur de multinationales où le quotidien de la vie s’efface devant les intérêts financiers, bouleversant par les rapports complexes entre une fille consultante financière et un père anar-écolo à l’humour contesté, désopilant par des scènes dignes de grands films burlesques, interpellant sur le sens et la durée de la vie, Toni Erdmann, servi par d’excellents acteurs allemands et autrichiens, est un film qui « ose ».

Un courage qu’il porte pendant ses 2h 42mn de projection.

Antoine Cesano

 

 

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