Chroniques ciné

Moi, Daniel Blake

Moi, Daniel Blake, Palme d’or 2016 à Cannes. Ken Loach et son scénariste Paul Laverty à nouveau couronnés. Il ne pouvait pas y avoir plus juste récompense !

Moi, Daniel Blake, c’est l’histoire simple de deux êtres humains écrasés par la société anglaise. Histoire banale de deux exclus dont on aurait pu jamais entendre parler. Ken Loach est sorti d’une retraite annoncée pour les magnifier. Daniel, ébéniste, malade, inapte au travail…est obligé d’en trouver, Katie mère de deux enfants est aspirée par la misère. Leurs routes vont se croiser et ensemble ils vont s’épauler, faire face. Magnifiques, émouvants, fraternels, ils vont affronter les rouages d’une administration toujours thatchérienne. Les plus humbles, les plus conscients vont les aider : la solidarité a, ici, un sens.

Ken Loach, l’insoumis, est aidé dans son entreprise par son scénariste, Paul Laverty, une complicité de trente ans. Ils avaient ensemble triomphé à Cannes avec le remarquable Le vent se lève. Ils réalisent, ici, un chef d’œuvre exceptionnel ! A voir absolument et à recommander aux vrais amis .

Antoine Cesano

 

Ma vie de Courgette

Courgette, c’est le « petit nom » que sa maman lui a donné… Lorsque Courgette est amené dans un orphelinat après le décès de sa maman qui aimait un peu trop l’alcool, il exige que chacun des enfants le prénomme ainsi…

Ce film d’animation nous plonge dans la vie de gamins abîmés par des adultes malveillants avec humour,  délicatesse et poésie. On retiendra de ce bijou l’espoir que nous offrent ces gamins qui ont compris que l’amour et la solidarité pouvaient permettre de mieux vivre ensemble et d’être heureux.

La vie de courgette fait partie de ces films qui vous hantent  et que vous avez envie de faire découvrir au plus grand nombre.

Frida Lacot

 

 

Miss Pérégrine et les enfants particuliers

Un conte fantastique de Tim Burton qui annonce, ici, son retour.

Jacob découvre,  à la mort de son grand père, un monde mystérieux qui le conduit dans un lieu magique : la maison  de Miss Pérégrine et les Enfants Particuliers.

Et nous voilà embarqués, pendant plus de deux heures, dans une aventure hors du commun où Miss Pérégrine et les Enfants, par leur pouvoir magique, ne cessent de nous émerveiller. Jacob le « terrien » va découvrir sa propre particularité et nous montrer combien les différences sont porteuses d’espoirs.

Beaucoup d’humour, de beaux effets spéciaux (la mise à flots du bateau fantôme !), de splendides décors, de somptueux costumes et des personnages attachants aident à accepter un scénario un peu trop alambiqué.

Un divertissement familial, peut être, plus accessible aux adultes qu’aux enfants.

Antoine Cesano

 

Juste la fin du monde

Un long métrage de Xavier Dolan, Grand Prix du festival de Cannes, d’après la pièce de Jules Lagarce.

Après douze ans d’absence, Louis retourne dans son village natal.

Il va y retrouver sa mère, son frère et sa femme, sa sœur. Il souhaite leur annoncer sa mort prochaine mais amour, jalousie, incompréhension, frustration, vont, pour lui si différent des autres, rendre difficile cette annonce.

Un thème complexe à traiter, Dolan s’y hasarde, suscitant passion ou ennui. Une pléiade d’artistes, Gaston Ulliel, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Nathalie Baye, Léa Seydoux, tentent de tirer leur épingle du jeu avec plus ou moins de bonheur, dans un huis-clos familial où on a souvent l’impression d’être l’étranger.

On est loin du remarquable Mommy.

Antoine Cesano

 

 

Fuocoammare

Fuocoammare,la chanson la plus populaire sur l’ile de Lampedusa, territoire italien de 20 kilomètres carrés, à 200 km de la Sicile.

Lampedusa a accueilli 400 000 migrants en 20 ans, 15 000 sont morts noyés au large de ses côtes. Gianfranco Rosi, dans Fuocoamare a voulu témoigner.

Camera au poing, il a, pendant un an, parcouru les rues de l’ile, rencontré ses habitants dans leur vie quotidienne, côtoyé pendants plusieurs semaines, les sauveteurs de la marine nationale italienne. Ici pas d’acteurs mais des enfants, femmes, hommes, naufragés, sauveteurs filmés dans leur environnement, dans leurs rencontres dramatiques. Ici pas d’effets de style, d’images superficielles : la camera interpelle l’indifférence, appelle à la prise de confiance, s’insurge, sans le dire, contre l’intolérable.

On comprend que Fuocoamare ait obtenu l’Ours d’or à Berlin et que l’Italie veuille en faire son porte-drapeau lors de la future cérémonie des Oscars !

Antoine Cesano

 

NB : une occasion de fréqueuter le cinéma l’Alhambra et d’y apprécier son accueil chaleureux.

Comancheria

Après la mort de leur mère, deux frères attaquent les succursales d’une banque qui souhaite s’emparer de leur modeste héritage.

C’est sans compter sur l’acharnement de deux vieux rangers texans qui partent à leur recherche. Et nous voilà entrainés dans le Comancheria, région tampon entre le Mexique et le Texas. Il n’y a ni Bons ni Méchants mais deux duos qui, dans leur poursuite impitoyable, traversent l’Amérique profonde : Indiens miséreux, Mexicains méprisés, petit peuple américain à la dérive, banques incontournables vers qui les regards réprobateurs se tournent.

Mi western moderne, mi thriller, Comancheria nous tient de bout en bout en haleine. De très belles images, une musique country omniprésente accompagnent des acteurs campant solidement leurs personnages.

À voir en version originale.

Antoine Cesano

 

FRANTZ

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se recueille, tous les jours, sur la tombe de son frère mort au combat. Elle va y faire une rencontre qui va, à nouveau, bouleverser sa vie.

Frantz, un beau mélodrame où François Ozon va, avec délicatesse, nous décrire une belle et triste histoire d’amour. Deuil, secret, mensonge vont nous émouvoir pendant toute la durée du film.

Un film audacieux (évoquer la guerre 14-18, 100 ans après la fin des combats) où Ozon n’hésite pas, malgré quelques « raccourcis », à porter un message pacifiste et humaniste.

Servi par l’usage du noir et blanc (souligné par quelques plans en couleur), une mise en scène délicate, une belle illustration musicale, la découverte d’une jeune et talentueuse actrice allemande, Frantz est à coup sûr un élément interpellant de cette rentrée cinématographique.

Antoine Cesano

 

 

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