Espace Art et Jeunesse : premier déficit


art culture mjc

Lors d'un précédent article ici même concernant l'E-A-J, nous annoncions que nous donnerions régulièrement des nouvelles de l'évolution de ce nouveau lieu culturel qui a pris la place d'une MJC liquidée par le maire en milieu d'année dernière. 

A cette époque-là, on entendait dire qu'il ne s'agissait pas seulement de  « prendre la place » mais de développer et d'aller encore plus loin que précédemment dans l'offre culturelle de la ville, avec la jeunesse comme cible prioritaire.

 « C'est ainsi que vient d'être créé en cette rentrée 2017 L'espace Art et jeunesse aux Aires Saint Michel dont la particularité est de s'adresser à tous les jeunes - des collégiens aux étudiants – et de leur proposer de nombreuses activités artistiques culturelles et de loisirs, et les meilleures conditions d'accueil pour les événements conviviaux tels que les soirées étudiantes ». Guide des engagements ''non tenus'' - page 41.

Cinq mois de fonctionnement et quelques observations 

Cinq mois après son ouverture quel regard peut-on porter sur l'activité de cette nouvelle structure ? 

Tout d'abord une impression : on a beau ne pas être proche de l'équipe municipale en place, ne pas adhérer à ses projets, ses valeurs, on a beau mesurer les limites de la réflexion qui est la sienne dans de nombreux secteurs de l'activité municipale ; on s'attend quand même à un minimum de suite dans les idées, d'engagement, de persévérance et de volonté. On s'attend, dès lors qu'un nouveau projet voit le jour, qu'une nouvelle vision des choses est déclarée, à voir se concrétiser - dans des formes que certes on ne partagera pas, mais quand même... - de l'Activité, de l'Action ! On s'attend à la création d'une nouvelle dynamique, à sentir de l'énergie, à entendre des témoignages, à constater des envies !

Au bout de ces  quelques mois d'existence on tombe de haut. Rien de tout cela. Ou si peu. On attend un démarrage. Un début de lisibilité. Cinq mois se sont passés, rien ne vient. Tout semble être mis en pause. 

Perte de repère ? Absence de compétences ? Renoncement politique ? 

Regardons de plus près. On nous a dit : « il ne s'agit pas de supprimer les ateliers, les activités proposées par l'ex-MJC, mais de les intégrer dans un dispositif municipal, de les reprendre en régie directe ». On a même entendu quelque chose comme : « on est loin du compte en matière de propositions d'activités pour une MJC, nous, vous allez voir, nous allons en créer beaucoup d'autres ». 

Alors oui, on a réintégré la danse Hip-hop, le théâtre, les arts plastiques et la guitare et… et, c'est tout. Des activités « historiques » que l'on ne pouvait de toute façon que difficilement contourner, animées qu'elles sont par des personnalités fortes, engagées et déterminées.

Beaucoup de monde laissé sur la touche 

Mais ! le chant Gospel qui réunissait quatre vingt adhérents, le club spéléo ou le Festival d'avant la pluie, la poterie, les compagnies de théâtre amateur, les musiques actuelles et le dispositif très large sur lesquelles elles se développaient (studio d'enregistrement, accompagnement des groupes locaux, soutien et aides à la diffusion, programmations de l'Escale…) l'accueil associatif autour d'initiatives citoyennes, de conférences, l'animation quotidienne de la structure avec, au centre, l'activité (car c'en était une aussi) du conseil d'administration, les partenariats dans le cadre des scènes d'Aubagne, de la Pépinière d'artistes, du PIJ, des réseaux du spectacle vivant et sa constellation d'initiatives, réunions, rencontres thématiques, festivals, colloques... pfuitt… Tout cela a disparu du paysage.

Bien sûr et heureusement un certain nombre d'activités « orphelines » se sont redéployées sous statut associatif et ont trouvé d'autres lieux d'accueil dans la ville (merci le cercle de l'Harmonie). Mais elles sont désormais privées de toute la logistique qu'offrait la MJC (locaux et personnels, communication sur leurs initiatives, accompagnements budgétaires…)

Premier constat, au passage, on mesure bien la supériorité d'un dispositif associatif, la MJC d'alors, pour organiser, entretenir et stimuler un espace de vie et de rencontre dans lequel la relation humaine, le projet, l'initiative, la dynamique collective, sont les éléments indispensables d'une perspective et d'un développement social. Espace de vie sacrifié par Gérard Gazay car trop incontrolable et pas assez basé sur des critères de rentabilité… Pour quel résultat aujourd'hui ?

Tous les jeunes ?

On pourra nous rappeler que l'intention n'était pas seulement là mais dans un nouveau projet pour la jeunesse, une nouvelle manière d'accueillir, de faire apparaître un nouveau visage de la jeunesse aubagnaise, d'élargir sa base, plus représentatif, diversifié, bla bla bla !... Six cents jeunes devaient soudain encombrer l'entrée du lieu sur un simple claquement de doigts du responsable de la structure.

Qu'en est-il ? Une mise sous perfusion : quelques poignées de jeunes gens que l'on va chercher sur les terrains de sports de la ville, que l'on a du mal à retenir. Quel intérêt de pratiquer les jeux vidéos aux aires saint Michel quand on peut faire ça entre copains dans sa chambre à la maison ? Car avec le ping-pong et le baby foot c'est à peu près tout ce que l'on peut trouver à l'Espace Art et jeunesse.

Le pire n'est peut-être pas là  

Il y a des signes qui ne trompent pas. On ressent désormais comme une panne, un désarroi, des tensions. Absence de communication : on cherche un programme, un flyer, une affiche. Aucune signalétique du lieu. Une attitude de plus en plus répressive de la direction. Un personnel permanent qui a le tort d'avoir trop d'idées et d'engagement, un peu trop bavard, déplacé dans un autre service (un grand classique à la ville d'Aubagne). Des associations qui assurent toutes les semaines le peu d'activités proposées et qui ne sont pas rémunérées depuis le mois de septembre. Une salle de spectacle dont on a repoussé l'ouverture tout d'abord en juin 2017 puis en 2018 et dont on dit maintenant que le risque est que rien ne se fasse avant 2019. Un budget d'investissement voté mais qui risque de financer davantage l'affichage public (aménagement du parvis) que les réels besoin, comme l'équipement de la salle de spectacle pour faire fonctionner le lieu.

Cinq mois c'est peu et c'est beaucoup mais en tous cas suffisant pour permettre d'identifier l'ouverture d'une piste, les signes d'un nouveau projet, pour faire un premier point. Mais aujourd'hui on ne peut que constater un premier résultat : déficitaire. 

À suivre.

Robin des Aires

 

 

LE RAMI DES MAMIES

  • Les mamies : course de fond +

    Les mamies sont perplexes, elles se demandent si le petit monde politique en général et celui aubagnais au passage, n'est Lire la suite
  • Les mamies aimeraient voyager +

    Les mamies aimeraient voyager Nos mamies aimeraient bien aller voir du pays. Oh pas bien loin, aller au moins pratiquer leur distraction favorite dans Lire la suite
  • Les mamies : y a plus dégun ! +

    Les mamies : y a plus dégun !   Nous sommes devant un changement de civilisation, toutes nos têtes bien pensantes l'affirment. Où va nous mener ce monde Lire la suite
  • Le rami des mamies : il vaut mieux se soigner +

    Le rami des mamies : il vaut mieux se soigner Les mamies s'étonnent de ne parler que d'événements nationaux. C'est que l'actualité aubagnaise n'est pas très dense. Et pourtant il Lire la suite
  • Les Mamies vous présentent leurs voeux +

    Les Mamies vous présentent leurs voeux   En cette période de présentation des vœux, les Mamies devaient, avec un peu de malice, exprimer naïvement ce qu'elles Lire la suite
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4

DES LIVRES À DÉCOUVRIR

  • Astérix et la Transitalique +

    Astérix et la Transitalique Ils n'ont pas besoin de nous pour vendre des exemplaires mais il me semblait intéressant d'aborder la sortie de ce Lire la suite
  • Corruption et politique : rien de nouveau ? +

    Corruption et politique : rien de nouveau ? Dans ce livre, l'auteur revient sur un enjeu majeur de notre démocratie : la corruption des politiques. Son raisonnement s'appuie sur Lire la suite
  • Sur la télévision +

    Sur la télévision   Lorsqu'on lit Pierre Bourdieu aujourd'hui, on peut avoir la désagréable impression qu'il enfonce des portes ouvertes, qu'il résume dans Lire la suite
  • Les vieux fourneaux tome IV +

    Les vieux fourneaux tome IV   Une série qui devient culte dans le monde de la bande dessinée francophone. Une bande de vieux, sans doute Lire la suite
  • La désobéissance civile +

    La désobéissance civile C'est un livre qui commence mal, très mal, par ces mots : "Le meilleur gouvernement est le gouvernement qui gouverne le Lire la suite
  • 1
  • 2

SOUTENEZ MÈFI!

Soutenir Mèfi! c'est nous aider à vous donner une information de qualité, libre de toute contingence. Le montant est libre et vous deviendrez ainsi membre de soutien de notre association.

Montant:
 EUR

Articles récents

  • Zac des Guargues : le retour ? +

    Le magazine "businews" (voir nos articles) de février consacre deux pages à la Zac des Gargues. Après le rejet de l'aménagement de cette zone par le maire d'Aubagne, on pensait le dossier définitivement enterré. Il semble que non. Lire la suite
  • Lettres ouvertes des habitants de La Tourtelle +

    Un collectif de citoyens de La Tourtelle s'est réuni le mardi 20 février à l'initiative de l'Association des Insoumis d'Ici et d'Ailleurs. Il a décidé d'envoyer des courriers au maire d'Aubagne, à l'Agence Régionale de Santé et au Préfet. Nous vous donnons connaissance de ces diverses lettres publiées sous forme Lire la suite
  • Info Rousset : le Val'tram à Aubagne en 2018 +

      Dans le numéro de "Businews" de février 2018, consacré à la mobilité à Aubagne, un article annonce l'arrivée du Val'Tram dès cet année. Le magazine "Businews" s'est déjà distingué par une interview de Gazay qui pour illustrer la "nouvelle" activité du centre ville a choisi une photo du cours Foch Lire la suite
  • Pour parler de son bilan, Gazay montre celui de Fontaine +

    Le maire d'Aubagne vient d'accorder une interview à un magazine confidentiel de la région "businews.fr". Rien là de bien important. Mais la photo (en haut à droite) qui illustre l'article donne la dimension de son bilan. L'interview nous explique que le projet de Gazay depuis 2014 c'est de "refaire vivre Lire la suite
  • Rencontre débat à La Ciotat sur l'évasion fiscale +

    Chaque année, c'est entre 100 et 140 milliards d'euros qui échappent au budget de l'Etat grâce à la fraude et à l'évasion fiscale, soit 1/3 du budget de la France. C'est plus de 1000 milliards pour la seule évasion fiscale pour les pays européens. Pourquoi ? Comment ? Peut-on l'empêcher ? Lire la suite
  • Barthélémy mieux que Gazay? +

    Depuis quelques mois (années ?), l'entourage de Sylvia Barthélémy laisse tourner une petite musique qui reprend un refrain en boucle "avec Barthélémy, à l'agglo, c'est mieux" (sous entendu que Gazay à la ville). L'actualité du Val'Tram est l'occasion d'examiner ce qu'il en est. Lire la suite
  • Aubagne quel (dés)amour ! +

    L'idée était belle : lancer MP2018 avec une grande fête populaire pour la Saint Valentin où tout le monde s'embrasse... On pense encore à la grande clameur de MP2013 et à l'engouement de notre population du cours Foch jusqu'au Mont Julien à Cadolive. Lire la suite
  • 1